Le Demi-deuil, alias l’Échiquier

Un papillon très graphique. En noir et blanc. Le Demi-deuil émerge en cette fin de printemps. Brèves incursions au jardin depuis ses prairies natales.

Le Demi-deuil en pause au bord d'une haie.Il ne se laisse pas facilement approcher. Le Demi-deuil (Melanargia galathea) est du genre craintif. Mieux vaut donc s’armer de patience. Et attendre qu’il consente à prendre fugitivement la pause. Sur une graminée, une feuille, ou mieux sur une fleur sauvage. Il prend alors le temps de butiner. Au bord d’une haie. 

Comme son nom le suggère, il est entièrement noir et blanc. À parts égales sur le dessus des ailes où le fond noir est animé de taches blanches plus ou moins carrées. D’où le sobriquet d’Échiquier qu’on lui donne parfois. Par contre, le blanc domine au revers. Surtout aux postérieures. Avec un réseau de lignes noires simplement rehaussé de taches grises et d’une suite de petits ocelles doublement pupillés.

Étrangement, le Demi-deuil semble n’avoir que quatre pattes. En fait, les deux antérieures sont atrophiées et repliées sous l’abdomen où elles se perdent dans une abondante pilosité grise. Une caractéristique de la famille.

Si le Demi-deuil passe de temps à autre au jardin, les prairies et les haies alentour constituent son habitat naturel. C’est là que la femelle disperse ses oeufs. En vol. Heureusement, les chenilles ne sont pas difficiles : les graminées de toutes sortes font leur ordinaire.

Fin mai 2021. Dans les haies, sur les premières fleurs de ronce encore en boutons.

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Photos JF Irastorza

 

La transition de Robert le Diable

Robert le diable sur inflorescence de Scabieuse.

Le Robert le Diable nouveau est d’arrivé ! Un peu plus terne que ses parents et que sa propre progéniture. L’espace d’un début d’été.

Robert le Diable, seconde génération, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

C’était en mars. les ailes rougeoyantes au sortir d’une longue hibernation…

La vieille génération de Robert le Diable a fait son temps ! Il y a trois à quatre mois, après un hiver d’hibernation, elle illuminait les prunelliers en fleurs. Un dernier tour de piste, le temps de rencontrer l’âme soeur, de pondre et de passer le relais.

Robert le Diable, première génération, juin 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.La nouvelle génération vient d’arriver. Bien-sûr, ses ailes ont la même forme très découpée. Et le revers aux allures de feuille morte présente la même étrange marque blanche. Mais la tonalité générale est moins flamboyante ! D’une saison l’autre, Robert le Diable a perdu ce rouge de braise qui semblait le consumer. L’avers des ailes s’est éteint dans une dominante fauve plus terne.

Voilà, à dire vrai, une génération de transition assez éphémère. Elle n’aura guère le temps de profiter de l’été. La suivante apparaîtra dès juillet-août, plus rougeoyante que jamais, pour durer de longs mois. Elle se calfeutrera tout l’hiver pour mieux se réveiller dès les premiers beaux jours du printemps. Quand les prunelliers refleuriront.

Robert le Diable, première génération, juin 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Un « C » majuscule blanc : l’étrange marque caractéristique de Robert le diable au revers des ailes.

Fin juin 2021. Ton sur ton, au coeur d’une fleur d’hémérocalle.

Mi juin 2022. Une livrée printanière toute neuve. Pour quelques semaines seulement.

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Photos JF Irastorza

 

La mouche Cylindromyia brassicaria

La mouche Cylindromyia brassicaria.

Noire et rouge orangé, hérissée de soie raides : la Cylindromyia brassicaria est la bienvenue au jardin où elle parasite les punaises.

La mouche Cylindromyia brassicaria.

Taille maxi : 13 mm. Visible de mai à septembre.

On a déjà rencontré ici sa cousine, la mouche Cylindromya bicolor. À vrai dire, elles se ressemblent énormément. La silhouette est peu ou prou la même. Haute sur pattes. Avec un abdomen cylindrique. Entièrement rouge-orangé chez Cylindromyia bicolor. Mais la pointe abdominale noire chez Cylindromyia brassicaria.

Chez l’une comme chez l’autre, les stabilisateurs blanchâtres sont bien visibles à la naissance des ailes fumées. Et l’ensemble du corps s’hérisse de longues soies noires. Une spécificité de la grande famille des tachinaires, mouches parasites qui ciblent le plus souvent les chenilles en tous genres. Notamment de noctuelles.

Foin de chenilles pour « bicolor » comme pour « brassicaria » ! Mais des punaises. Un oeuf par cible. Plutôt du côté du scutellum. Sitôt éclose, la larve pénètre son hôte involontaire pour se nourrir de ses fluides internes. En prenant soin de préserver le plus longtemps possible les organes vitaux. Jusqu’à la pupaison. Et voilà comment les populations de punaises semblent sous contrôle au jardin. Touchons du bois !

La mouche Cylindromyia bicolor.

Un abdomen cylindrique rouge-orangé jusqu’à la pointe pour la Cylindromyia bicolor.

Une autre mouche parasite des punaises mais très spécialisée : la Trichopoda pennipes cible essentiellement la Punaise verte ponctuée.

Cylindromyia brassicaria fait exception dans la famille tachinaire dont les membres sont généralement plus rondelets. Ici, l’Échinomie à pieds roux.

Punaise parasitée : un petit oeuf blanc vient d’être déposé à l’arrière de la tête, sur « l’épaule » gauche.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Cylindromyia brassicaria avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza