Madame et Monsieur Azuré des nerpruns

Non, toutes les femelles « azurées » ne sont pas brunes ! Madame et Monsieur Azuré des nerpruns s’illuminent d’un même bleu violacé.

Envergure maxi : 31 mm. Visible de fin-février à mi-septembre, en deux générations.

Le dimorphisme sexuel est souvent très marqué chez les « p’tits bleus » du jardin. En fait, plus ou moins lumineux, le bleu est généralement l’apanage des mâles. Et c’est plutôt une dominante brune qui s’invite chez les femelles. Sauf chez Madame et Monsieur Azuré des nerpruns. Les deux sexes arborent ainsi des nuances de bleu assez proches aux reflets violacées.

Ils ne sont pas pour autant rigoureusement identiques. Madame présente ainsi une large bande noire à l’apex des antérieures et une ligne de pointillés noirs en marge externe des postérieures. Monsieur en est dépourvu. Il se contente d’un fin liseré noir en marge externe des antérieures.

Les deux se retrouvent au revers, avec une dominante bleue le plus souvent assez terne, ponctuée de tirets postdiscaux aux antérieures et d’un semis de petits points noirs qui semble aléatoire aux postérieures. Autre caractéristique commune : une alternance noire et blanche sur les tarses et les antennes.

L’Azuré des nerpruns passe l’hiver à l’état de chrysalide. C’est le premier « p’tit bleu » à émerger dès fin-février début mars. Vous pouvez le rencontrer au jardin jusqu’en septembre-octobre, en deux générations, avec des pics en avril puis en juillet-août.

L’alternance blanche et noire des antennes et des tarses est ici bien visible.

La femelle a inspiré l’autre nom de l’espèce : l’Argus à bande noire. Avec un bleu souvent plus éteint que chez le mâle.

Le fond bleu ciel du mâle est particulièrement lumineux sous le soleil.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alan Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • L’Azuré des nerpruns avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Madame et Monsieur Citron

Verdâtre très pâle pour l’une, vert jaune soutenu pour l’autre : Madame et Monsieur Citron dans la dernière ligne droite…

Envergure maxi, 58 mm. Visible de février à octobre-novembre.

Leur léthargie hivernale a joué les prolongations cette année. Mais, passées les interminables pluies et bourrasques de janvier-février, Madame et Monsieur Citron profitent désormais du soleil et de la douceur revenus.

Leur allure générale est la même, notamment avec de larges ailes fortement nervurées, en forme de feuilles ovales et pointues.

Ce mimétisme végétal pousse loin le détail, avec une petite tache centrale roussâtre évoquant une maladie foliaire… Pattes jaunes, antennes et palpes roux, gros yeux noirs : les deux sexes se distinguent néanmoins aisément. Ainsi, alors que le mâle arbore une livrée vert jaune bien soutenue, la femelle est nettement plus pâle, dans une dominante verdâtre, voire même blanchâtre. La différence est surtout sensible sur le dessus que Madame et Monsieur Citron ne dévoilent cependant jamais, refermant systématiquement les ailes au repos.

L’une et l’autre sont nés au début de l’été dernier, volant jusqu’en automne, pour passer l’hiver à l’état adulte. En mars-avril, les voilà dans la dernière ligne droite. Ils vont enfin s’accoupler : la nouvelle génération émergera en juin-juillet, pour un nouveau tour complet du calendrier. Une longévité record.

À défaut de netteté, ce cliché pris au vol montre bien la blancheur des ailes déployées de la femelle.

Petite pause dans la surveillance de son territoire pour ce mâle aux ailes fortement nervurées.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • Le Citron avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza

 

La Fritillaire pintade

Emblématique des prairies humides, la gracile Fritillaire pintade annonce timidement le printemps dès février-mars.

Sous la « cloche » pourpre et blanche, six étamines chargées de pollen jaune et un style unique au centre, porteur de trois stigmates verdâtres.

Bonnet d’évêque, Coquelourde, Tulipe des marais… Quel que soit son nom populaire, la Fritillaire pintade est fidèle au rendez-vous de la fin d’hiver. Pour quelques semaines, elle illumine discrètement les pairies humides, ici et là, par petites colonies. Avec son port gracile, elle hisse le damier pourpre et blanc de ses corolles renversées jusqu’à une cinquantaine de centimètres. Étroits, obtus, les sépales protègent un faisceau de six étamines aux anthères chargés de pollen jaune. Au centre émerge un style unique porteur de trois stigmates verdâtres.

 
Les premiers butineurs ont tôt fait de trouver la clé d’accès vers pollen et nectar : il suffit d’entrouvrir le rideau des sépales ! La reine du Bourdon terrestre ici se glisse sous la cloche pour faire bombance. Pas encore pour la récolte : les « corbeilles » de ses pattes arrière sont vides. Il lui faut d’abord se requinquer après la dormance hivernale. Fécondée en fin d’été dernier, elle fondera bientôt sa propre colonie. La Fritillaire pintade aura alors passé le relais aux floraisons plus exubérantes du printemps.

Les fleurs adoptent leur port retombant dès la formation de leurs boutons.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, 2009, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, 2022, guide nature, collectif, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza