La Mélitée du plantain

Mélitée du plantain.

Strict quadrillage sur le dessus les ailes : la Mélitée du plantain est plus fantaisiste au revers des postérieures.

Mélitée du plantain.

Envergure maxi : 40 mm. Visible de mai à août.

Dans la famille des damiers, la base du décor est toujours la même. Un jeu de lignes noires sur fond orangé. Avec – discrète coquetterie – une spécificité aux postérieures chez la Mélitée du Plantain (Melitea cinxia) : les petits carrés orangés de l’alignement submarginal sont pointés de noirs.

De passage au jardin, elle ne s’intéresse d’abord qu’aux boutons d’or, dédaignant pâquerettes, trèfle et lierre terrestre. Et cette habituée des prairies voisines snobe les premières salves colorées des fleurs vivaces !

Enfin, elle prend malgré tout le temps d’une vraie dégustation sur la floraison finissante de la sarriette. Elle ferme alors les ailes et laisse admirer la fantaisie de leur revers. Du moins aux postérieures. Loin du stricte quadrillage de l’avers. Avec notamment une succession de bandes sinueuses. Des lunules et des taches dansantes, crème, jaunes et orange.

Mélitée du plantain.

Comme son nom le suggère, la Mélitée du plantain évolue surtout dans les prairies naturelles et aux bords des chemins, avec le plantain pour plante-hôte favorite de sa progéniture. Il y a une seconde génération en été dont les chenilles entre en diapause en fin d’automne pour hiverner dans un cocon de soie. Avec une émergence printanière en avril-mai.

Mi septembre. La génération estivale sur la pulicaire d’une prairie humide.

Une cousine

Mi septembre. Une cousine tout aussi commune, la Mélitée des centaurées, alias le grand damier, sur une de ses fleurs fétiches.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Mélité du plantain avec le site quelestcetanimal.com
  • La Mélité du plantain avec les Carnets nature de Jessica.

Photos JF Irastorza

 

L’Azuré de la faucille

Azuré de la faucille

Et un nouveau « Petit bleu » au jardin ! La principale singularité de l’Azuré de la faucille, alias le Rase-queue, ne saute pas aux yeux.

Azuré de la faucilleQuand il passe au jardin, d’un vol rapide et imprévisible, on peut le confondre avec son cousin l’Azuré des nerpruns. Surtout le mâle au dessus bleu vif surligné de noir. Mais il suffit que l’Azuré de la faucille (Cupido alcetas) s’arrête quelques instants dans les allées visiter la Luzerne lupuline. On comprend vite alors son autre nom vernaculaire : l’Argus Rase-queue !

Pour le moins rase en effet. À peine une petite pointe. Sans le filet noir extérieur des postérieures elle passerait inaperçue. Autre indice : un point noir tout à côté, coiffé d’une lunule grise, avec un écho estompé à proximité. Chez certains individus, lesdites lunules sont teintées d’orangé.

D’un sexe l’autre, le revers des ailes hésite entre bleu clair et gris. Le dimorphisme intervient surtout lorsque s’ouvrent les ailes. Avec une dominante brun foncé, pour ne pas dire noire, chez la femelle. Particulièrement lumineux, avec une simple et fine bordure noire, le mâle balance pour sa part entre bleu soutenu et violet.

Azuré de la faucille

Petits bleus : l'Azuré des nerpruns sur la moutarde blanche.

Un revers également gris bleu semé de petites taches noires pour l’Azuré des nerpruns et pas de fin liseré noir. Encore moins de petite queue. Pas même esquissée !

Un autre « Petit bleu » dans les allées du jardin : l’Azuré commun dont le mâle, ici, présente également une livrée bleu vif soulignée d’une fine marge noire.

Riquiqui certes mais pas rases ! Les appendices de l’Azuré porte-queue se réduisent à de fins et courts filaments, signalés par une combinaison de taches orangées et de lunules bleues.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Parade nuptiale de l’Aurore

Parade nuptiale de l'Aurore.

Au bord d’une haie, voici venu le temps de la parade nuptiale pour l’Aurore. Un des premiers papillons du printemps.

Parade nuptiale de l'Aurore.

Envergure maxi : 43 mm. Visible de mars à juillet.

Combien de fois a-t-il arpenté le bord des haies du jardin, et des prairies alentours, avant, enfin, de trouver l’âme soeur ? C’est à peine si Monsieur Aurore prenait le temps de siroter un peu de nectar sur la Cardamine des prés ou l’Alliaire officinale. Furetant, chassant les autres mâles de « son » territoire, errant dans une interminable quête…

Et, d’un coup, bingo ! Blanche tachée de noir aux antérieures, marbrée de gris aux postérieures. La belle va-t-elle se laisser séduire ? Ni fuite, ni agressivité. Sur une feuille de Cornouiller sanguin, l’abdomen retroussé frémit même comme une invitation. La parade nuptiale peut commencer.

Pas de précipitation ! Voleter tout autour, de plus en plus près, avec des mouvements sans équivoque de l’abdomen. Même longueur d’ondes côté phéromones. Contact. Et, brusquement, les deux complices s’envolent, toujours accolés, pour aller conter fleurette ailleurs. Loin de l’objectif du photographe. Un peu de pudeur que diable !

Parade nuptiale de l'Aurore.

Les taches orangées sont l’apanage des mâles. Madame est difficile à distinguer des autres « papillons blancs » du jardin. Sinon par sa petite taille, les marbrures grises des postérieures …

… et, surtout, le superbe réseau vert du revers, qu’elle partage avec Monsieur.

La chenille de l’Aurore : dessous vert foncé, dessus bleu vert très pâle piqueté de noir, ligne blanche latérale.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des piérides avec le site aramel.free.fr
  • L’Aurore avec le site Galerie-insecte.org

Photos JF Irastorza