L’Azuré commun

Mâle sur inflorescence de menthe sauvage.

Certains papillons ne font que passer au jardin. L’Azuré commun y tient une belle colonie depuis le début de l’été. Malgré la sécheresse.

Azuré commun, femelle / Un jardin dans le marais poitevin.Il était temps qu’il pleuve. Même le petit Azuré commun (Polyommatus icarus) commençait à s’impatienter. Il est vrai que le jardin, anesthésié par les canicules successives, grillé par le soleil et le vent, sans une goutte d’eau depuis des semaines, manquait singulièrement de nectar. Quel contraste avec le printemps où son cousin, l’Azuré des nerpruns, se délectait sur les pruneliers des haies !

Azuré commun, mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.Il est pourtant, en nombre, resté fidèle au potager. Des aromatiques aux gauras, des sauges farineuses aux ronces des haies, en passant surtout par les quelques sauvages résistant vaille que vaille dans les parties enherbées. Et d’abord son péché mignon, le trèfle.

Azuré commun, mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 36 mm. Visible de mars à octobre.

Lorsqu’il butine, les ailes repliées,
difficile de distinguer femelle et mâle.
Sinon pour ce denier par le bleu soutenu marquant l’abdomen et la naissance des ailes par ailleurs identiques d’un sexe l’autre. Fauves, constellées d’ocelles blancs pointés de noir et bordées d’une ligne de lunules orangées

Changement complet de décor quand l’un et l’autre ouvrent les ailes. Les lunules orangées sont toujours là chez la femelle mais sur un fond uniformément brun foncé. Elles ont disparu chez le mâle au profit d’une éblouissante marbrure bleue violacée soulignée d’une ligne extérieure noire.

Évidemment, deux jours de pluie n’effaceront pas des semaines de sécheresse comme par magie. Mais nous ne sommes que fin juillet. Le jardin devrait pouvoir reprendre vie. Pour peu que d’autres averses surviennent. L’Azuré commun devrait alors bientôt être récompensé de sa fidélité.

Au fil des saisons 

Dominante noire et suffusions bleutées pour Madame, ici sur la Luzerne lupuline.

Sur la Brunelle commune dans les allées du jardin.

Parmi les commensaux de la phacélie.

De larges suffusions bleues ici sur la livrée brune de la femelle.

Dos à dos sur le Trèfle blanc des allées du jardin.

Petite pause sur les rudbeckias.

Allez, on y croit ! Pourvu que les oeufs ne gèlent pas. Ensuite,  les chenilles de l’Azuré commun ne craindront plus rien. Elles sont programmées pour hiverner. Avec une émergence en mars.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Azuré commun avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Le Flambé

Le Flambé sur une feuille de mirabellier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Au repos comme dans ses longs vols planés, le grand Flambé a fière allure. On l’appelle parfois le voilier. Tout en légèreté.

Envergure maxi : 68 mm. Visible d’avril à août (pic en mai-juin).

Voilà sans aucun doute, avec le superbe Machaon, un des papillons les plus spectaculaires du jardin. Surtout en vol. Quel plaisir de se laisser embarquer par les amples acrobaties du Flambé (Iphiclides podalirius). Avec deux générations successives, dès la fin de l’hiver, en mars, jusqu’aux premiers frimas de l’automne.

Sur fond jaune pâle, ses zébrures noires évoquent davantage la suie que les flammes. Il n’en est pas moins lumineux. Mais ce sont ses ailes postérieures qui retiennent particulièrement l’attention. Avec leur feston de demi-lunes bleutées. Leur large ocelle souligné de rouge orangé. Et surtout, bien-sûr, leur longue queue effilée pointée de blanc.

Le Flambé prend ici majestueusement le soleil sur les feuilles du mirabellier. Et sirote le nectar de la Sauge farineuse. Il est un peu ici chez lui. Ses chenilles se développent en effet sur les pruneliers et les aubépines des haies voisines. On a beau être dans le Marais poitevin, il n’en apprécie pas moins, dit-on, les milieux secs. Il est servi au potager cette année ! 

Au printemps 

Fin avril. Sur la rhubarbe en fleurs.

Début avril. Première halte printanière au jardin. Sur les pommiers en fleurs évidemment !

Fin juin. Sur un épi de buddléia.

En été

Fin juillet. Au bord du halage, sur Cirse commun.

Mi juillet. Du liseron ici et là au jardin. Qui s’en plaindra ? Surtout pas le Flambé !

Début juillet. Sur la floraison finissante des artichauts.

Mi juillet. Sur les fleurs délicates de la cataleptique.

Fin juillet. Petite pause sur un pied de tomate.

En automne

Fin  septembre. Malgré une aile sérieusement endommagée, sans doute par l’attaque d’un prédateur, le grand Flambé garde toute sa majesté…

Toujours aussi majestueux !

Sur une inflorescence de verveine de Buenos Aires.

Flambé sur feuille d'artichaut / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin novembre. Une des dernières virées du Flambé au jardin. Attendues pour les prochains jours, les premières gelées auront sans doute raison du robuste voilier…

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Flamblé avec le site papillons.info

Photos JF Irastorza

 

Le Cuivré commun

Cuivré commun.

C’est évidemment l’orange rougeoyant qui retient l’attention chez le petit Cuivré commun, alias l’argus bronzé, grand amateur de soleil.

Cuivré commun.

Envergure maxi : 27 mm. Visible d’avril à octobre.

Il illumine le jardin jusqu’aux premières gelées. Trois générations de Cuivré commun  (Lycaena phlaeas) se succèdent en effet tout l’été et une partie de l’automne. Les petites chenilles de la dernière se camoufleront aux temps mauvais. Elles reprendront des forces au printemps sur les jeunes pousses d’oseille sauvage.

On l’appelle aussi parfois l’argus bronzé. Un cousin de l’Azuré commun donc. Aussi petit mais pas une once de bleu contrairement à la plupart des membres de la grande famille. Sinon quelques discrètes mouchetures, à peine perceptibles, souvent inexistantes, sur une livrée où dominent le brun et l’orangé mêlé de rouge. Bref le cuivre. Ce n’est plus du bronzage mais un coup de soleil !

Avec une discrète petite excroissance, il n’a certes pas de quoi rivaliser avec l’Azuré porte-queue. Mais c’est juste assez pour mettre en valeur la bordure orangée pointée de noir des ailes postérieures. Le revers est un peu plus neutre. Sauf à contre jour. Le fond brun clair est alors éclipsé par de lumineuses transparences rouge orangé. Quand on aime le soleil, autant jouer avec !

Au printemps

Cuivré commun.

Mi juin. Contre-jour avec la complicité du soleil levant.

Mi juin. Les ronces des haies sont particulièrement généreuses en cette fin de printemps !

Fin juin. La Crépide capillaire pour varier les plaisirs sucrés du printemps…

Fin avril . Sur les pâquerettes du jardin. Les mouchetures bleues se devinent à peine en marge des plages brunes des postérieures.

En été

Fin août. Dans une peupleraie proche du jardin, sur une inflorescence de Menthe des champs.

Début août. Sur la Pulicaire dysentérique à peine éclose.

En automne

Mi octobre. Tant qu’il y a un peu de soleil, jusqu’aux premières gelées… On perçoit bien ici les discrètes  « mouchetures » bleues des ailes postérieures.

Mi septembre. Sur la Menthe des champs.

Début septembre. L’Héliotrope d’Europe apprécie les fortes chaleurs. Elle a été servie cette année !

Fin septembre. Harmonie de circonstance pour saluer l’arrivée de l’automne.

Début octobre . Pas de mouchetures bleues mais des petites taches sombres sur la large plage brune des postérieures.

Début octobre. Tout poudré de pollen blanc sur le Cirse des champs.

Mi-octobre. De moins en moins de nectar au jardin. Heureusement, il y a les cosmos !

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Cuivré commun avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza