
Une délicate petite fleur sauvage de saison. Le Lamier pourpre se prépare à recevoir abeilles et bourdons.

Parmi les premiers visiteurs, l’abeille domestique enfourne sa tête sous le « casque » de la corolle et véhicule ainsi le pollen d’une fleur à l’autre.
Avec le Lamier pourpre (Lamium purpureum), dès l’automne, les planches inoccupées du potager ne restent pas nues très longtemps ! Ses tiges traçantes prennent en effet racines de loin en loin et finissent par constituer un dense réseau. Il se mêle alors à la Véronique de perse, à la Cardamine hérissée et au Mouron des oiseaux.
Prenant ses aises tout l’hiver, il amorce actuellement sa délicate floraison rose violacé. Au creux d’un feuillage denté et gaufré, à la sommité pourpre, voilà de fines coupelles veinées et tachées de violet. Avec deux lèvres largement ouvertes.
La première déploie son double lobe, comme un marche-pied, à l’entrée de la corolle. Les futurs butineurs y prendront appui avant de plonger vers le tube nectarifère.
Dominant l’ensemble, la seconde lèvre prend la forme d’un casque pour mieux protéger les étamines. Les anthères y regorgent déjà de grains de pollen rouge orangé qui s’accrocheront bientôt à la fourrure des bourdons et des abeilles sauvages.

Les feuilles dentées évoquent celles de l’ortie (d’où le nom d’ortie rouge donné parfois au Lamier pourpre) mais sans poils urticants. Elles sont comestibles sans risque de piqure à la cueillette. Crues ou poêlées, les têtes florales relèvent salades ou omelettes de leur légère saveur de champignon.

La sauvageonne est très apprécie notamment par la reine du petit Bourdon des prés …

… et par l’Anthophore à pattes plumeuses. Ici un mâle dont on remarque les longues soies plumeuses sur les pattes médianes.

La reine du Bourdon des champs…

Sous le « casque » de la corolle, quatre anthères velues chargées de pollen rouge orangé. Le style au stigmate bifide émerge juste au dessus.
En savoir plus :
- Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
- Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
- Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
- Avec le site sauvagesdupoitou.com
Photos JF Irastorza

Graines et godets : on trouve assez facilement cette belle vivace sauvage en jardinerie ou en ligne. N’espérez cependant pas son développement harmonieux si votre jardin est naturellement trop sec. Comme son nom l’indique en effet, l’Épiaire des marais (Stachys palustris) est plutôt familière des bords de fossés et des prairies humides.











