Modeste Iris gigot

Première fleur de l'Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il cache bien son jeu. Avec une floraison maigrichonne et plutôt terne au printemps, l’Iris gigot proposera des graines éclatantes l’automne prochain.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.Son nom latin est peu engageant : l’Iris foetidissima. Fétide !  D’aucuns préfèrent évoquer les étranges senteurs de grillade de son feuillage froissé. Voilà donc l’Iris gigot, sans doute un des iris les plus discrets. Du moins en cette saison.

Il apprécie les prairies et les bosquets des milieux humides. Ses solides hampes émergent actuellement de longues feuilles luisantes, ramassées en touffes denses au vert profond. Les premières fleurs s’épanouissent en ce début juin, un peu chétives au regard de leurs cousines cultivées. Et même de l’iris faux-acore qui lance pour quelques jours encore ses derniers feux au bord des fossés.

Les étroits tépales jaunâtres, puis mauves veinés de violet, sont aussi modestes que les fruits seront spectaculaires. Quand leurs capsules brunes exploseront, l’automne prochain, des grappes de graines rouges-orangé illumineront le pied des haies. C’est d’ailleurs pour elles, plus que pour sa floraison, que l’Iris gigot est parfois proposé en jardinerie. 

En savoir plus sur l’Iris gigot avec le site tele-botanica.org

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Mi-mai 2020. Une petite abeille sauvage explore et remonte chacun des tépales mauves vers le tube nectarifère.

 

 

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La vesce commune

Syrphe à l'approche d'une fleur de Vesce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Au jardin comme dans les prairies, cultivée ou sauvage, la Vesce commune rampe, grimpe et porte haut ses petites fleurs violettes au nectar sucré.

Syrphe sur fleur de Vesce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fourragère, couvre-sol, engrais vert : la Vesce commune (Vicia sativa) a toutes les qualités. Excellente mellifère, c’est actuellement sa pleine saison.

Les petites fleurs de cette papilionacée vont par deux, à l’aisselle des feuilles aux multiples Anthophore plumeuse sur fleur de Vesce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.folioles. Mauve veiné de pourpre, le large étendard focalise l’attention des pollinisateurs sur le violet plus vif de la carène dont les deux pétales protègent étamines et pistil. Rien de très spectaculaire en vérité. Mais petits bourdons, syrphes et abeilles sauvages n’y résistent pas. Notamment ici le Syrphe porte-plume, le Syrphe ceinturé et  l’Anthophore plumeuse.

Au jardin, elle a passé le relais aux légumes depuis quelques temps déjà, après avoir assuré le couvert hivernal et printanier en compagnie de la phacélie. À l’état sauvage, elle rampe et grimpe actuellement, ici et là au pied des haies. Et surtout dans les prairies alentours naturellement. A la faveur de vigoureuses vrilles, ses tiges rameuses s’agrippent à tout ce qui se dressent à proximité. En particulier aux graminées. Quand on a de toutes petites fleurs, mieux vaut les hisser le plus haut possible !

En savoir plus sur la Vesce commune avec la site abiris.snv.jussieu.fr

Anthophore plumeuse sur fleur de Vesce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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L’Orchis incarnat

Petites fleurs de l'Orchis incarnat : labelle légèrement trilobé, réseau de petits points pourpres / un jardin dans le Marais poitevin.

De superbes petites fleurs roses ponctuées de pourpre, un élégant feuillage : l’Orchis incarnat est aussi ravissant que de plus en plus rare.

Orchis incarnat : feuillage dressé jusqu'à l'inflorescence / Un jardin dans le Marais poitevin.C’est, avec l’Orphrys abeille et l’Orchis pyramidal, l’une des premières orchidées sauvages du printemps. Avec une belle vivacité, l’Orchis incarnat élance ici sa solide et haute tige dans une peupleraie proche du jardin.

Le foisonnement herbeux alentour semble lui céder la place avec respect. Il est vrai qu’il en impose. Ses longues feuilles vert clair, engainantes, élégamment dressées, s’élèvent jusqu’à saluer l’inflorescence. De petites fleurs roses s’y pressent en un épi cylindrique dense d’où émergent les ergots verdâtres des bractées.

Légèrement trilobée, la piste d’atterrissage des pollinisateurs est sans équivoque. Rassemblés en une longue boucle sinueuse, un réseau de petits points pourpres y tient lieu de guide. Il conduit vers l’entrée de l’éperon nectarifère que protègent deux pétales réunis en forme de casque.

Familier des prairies humides, l’Orchis incarnat tend, comme elles, à se raréfier. Il reste relativement commun dans le Marais poitevin où, à quelques semaines d’intervalle, sa robuste hampe succède à celle plus gracile de la Fritillaire pintade.

En savoir plus sur l’Orchis incarnat avec le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN)

Orchis incarnat : l'entrée de l'éperon nectarifère est protégé par deux pétales réunis en forme de casque / un jardin dans le Marais poitevin.

 

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