La Renouée poivre d’eau

Azuré commun sur Renouée poivre d'eau.

Inféodée aux zones humides, la Renouée poivre d’eau fleurit discrètement au bord des fossés du marais. Les butineurs sont au rendez-vous.

Rien de vraiment spectaculaire. La Renouée poivre d’eau (Persicaria hydropiper) ne manque cependant pas d’allure. Avec de hautes tiges souples où alternent de longues feuilles lancéolées légèrement ondulantes. En cette fin d’été, la floraison y bat discrètement son plein. Au bord des fossés du marais, le rose vif se mêle ainsi au blanc pur en de fins épis retombants. 

Comme son nom l’indique, voilà une aromatique certes oubliée mais dont les saveurs piquantes et poivrées font merveille en salade. En petite quantité bien-sûr comme avec la plupart des condiments. Ce sont, non les fruits, mais les feuilles qui se récoltent. Jeunes et bien tendres. Au fur et à mesure des besoins. Inutile de les faire sécher en espérant les conserver : elles perdent alors toutes leurs vertus culinaires…

À défaut de passer en cuisine désormais, la Renouée poivre d’eau séduit plus que jamais les butineurs. Et pas seulement abeilles et papillons ! Même la Mouche-scorpion est tombée sous le charme…

Sources : 

Si la Mouche-scorpion a un régime d’ordinaire carné, notamment avec les cadavres d’autres insectes, elle apprécie également le nectar.

La petite guêpe potière (Eumenes pomiformis), habituée de la Symphorine au jardin, apprécie décidément les minuscules corolles roses et blanches !

 

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L’herbe aux papillons

Vulcain sur Eupatoire chanvre.Familière des zone humides, très prisée par les papillons notamment, l’Eupatoire chanvrine actuellement en pleine floraison au bord des fossés.

Amaryllis sur Eupatoire chanvrine.Rabelais fait allusion à l’Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum) dans les derniers chapitres de son Tiers-Livre. Sans doute l’a-t-il rencontrée lors de son séjour de jeunesse à Maillezais. Dans ce qui allait devenir le Marais poitevin alors en cours d’aménagement… Il en fait la forme « saulvaginée » d’une « herbe merveilleuse » dont son héros aurait Azuré des nerpruns sur Eupatoire chanvrine.découvert et expérimenté les “admirables vertus”. Le Pantagruelion. Autrement dit le chanvre.

Quoiqu’il en soit, voilà bien une haute et solide plante familière des milieux humides. À deux pas du jardin, elle fait bon ménage avec la Pulicaire sur les rives de la Sèvre. Ses capitules pourpre pâle s’épanouissent en cette fin d’été. Le parfum n’en est pas forcément agréable. Il n’en séduit pas moins les papillons. Du Vulcain à l’Amaryllis en passant par l’Azuré des nerpruns et la Carte de géographie.

Les feuilles de l’Eupatoire chanvrine étaient jadis réputées cicatrisantes et ses racines purgatives. On récoltait celles-ci et les tiges à l’automne. « Quand les cigales commencent à s’enrouer ». Pour reprendre la plaisante expression de Rabelais.

En savoir plus sur l’Eupatoire chanvre avec le site abiris.snv.jussieu.fr (Identification assistée par ordinateur)

Familière des milieux humides, l’Eupatoire chanvrine fait bon ménage avec la Pulicaire, ici sur les berges de la Sèvre niortaise.

Pas seulement les papillons ! Les mouches aussi apprécient les capitules pourpres de l’Eupatoire. À commencer par la plus grosse d’entre elles, l’Échinomye corpulente.

Mais aussi la petite Trichopoda pennipes, la meilleure ennemie de la punaise verte !

 

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La Cardère sauvage

Cardère sauvage et Sylvaine.

Pas de pluie depuis le printemps : les grandes carcasses de la Cardère sauvage distillent vaille que vaille leurs dernières gouttes de nectar.

Cardère sauvage et Anthidie interrompue.Le Cabaret des oiseaux est à sec ! Ainsi, même dans le marais, sécheresse oblige, la Cardère sauvage (Dipsacus fullonum) hâte sa floraison. Sur des pieds déjà brunissants, inutile d’attendre une hypothétique averse ! Alors les capitules retardataires se lâchent in extremis. En respectant toutefois l’ordre établi…

D’abord une première couronne centrale de petites fleurs rose lilas : de fines corolles tubulaires enchâssées dans une forêt de longues bractées épineuses. Puis, la première couronne étant fanée, l’épanouissement se poursuit par vagues successives, à la fois vers la pointe et la base du capitule.

Les bractées acérées ne découragent pas papillons, bourdons et abeilles sauvages qui, tout au contraire, y prennent appui pour siroter le nectar. La fécondation va bon train. Sous le soleil brûlant, la floraison n’en est que plus éphémère. Bientôt, chaque capitule recèlera plus de 500 petites graines… Pour le régal automnal des chardonnerets. 

Source :

Cardère sauvage et Anthidie interrompue.

Cardère sauvage et Azuré porte-queue.

Les grandes feuilles soudées de la Cardère sauvage forment autant de “coupes” où s’accumule l’eau de pluie. Encore faut-il qu’il pleuve !  En cette fin d’été, le “Cabaret des oiseaux” est depuis longtemps au régime sec.

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