Consoude : l’autre purin

Ses grandes feuilles sont velues, voire rugueuses, mais pas de piqure en vue comme avec l’ortie. Vive le purin de consoude !

Le nectar est tout au fond. Mais le Bourdon des champs est bien équipé. Sa langue est assez longue pour trouver pollen et nectar au creux des corolles les plus profondes.

Familière des prairies humides, la Consoude est évidemment très présente dans le Marais poitevin. De mai à octobre, voire au-delà, elle  offre sa multitude de fleurs aux butineurs, en grappes de clochettes jaune pâle plus ou moins nuancé de taches violacées.

Jadis prisée pour ses vertus cicatrisantes, elle l’est aujourd’hui pour sa capacité à stimuler le jardin, particulièrement sous forme de purin.

Il suffit d’en récolter les larges et longues feuilles velues pour une macération à l’eau de pluie. Comme avec l’ortie ! Mais avec un meilleur rendement puisqu’on a tôt fait de récolter un kilo de feuilles pour dix litres d’eau. Après quelques jours, une très fine filtration est indispensable pour éviter la putréfaction.

Comme stimulant racinaire (dilué à 10%) ou foliaire (5%), l’usage est identique au purin d’ortie. Avec le même coût : la seule peine du glanage.

Pour le Bourdon terrestre, après un vain premier tour exploratoire, il faut se rendre à l’évidence : la langue est bien trop courte.

Qu’à cela ne tienne. Il suffit alors de cisailler la corolle à coup de mandibules, au plus près de la source de nectar.

Macération du purin d'ortie dans une grande bassine.

Pour faciliter la filtration, le plus simple est de tapisser la bassine avec un vieux drap, avant d’y déposer les feuilles et d’y verser l’eau de pluie. Le moment venu, il suffira de retirer le drap ramassé en baluchon… Les feuilles macérées iront au compost. Le drap rincé et séché pourra resservir. Et le purin ainsi filtré pourra se conserver plusieurs mois, dans un bidon remisé au frais et à l’abri de la lumière.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Linaire commune

La Linaire commune, une belle sauvage et invasive, dans les prairies comme au bord des chemins. Parmi les dernières floraisons de la saison.

Linaire commune / Un jardin dans le Marais poitevin.On se souvient de la petite Linaire batarde. Elle rampait encore début octobre en bordure de la planche des scaroles au potager. Voici sa cousine, la Linaire commune, en toute liberté dans une prairie voisine.

La première était discrète, avec ses minuscules fleurs jaune pâle et pourpre foncé au raz du sol. La seconde n’a pas ce genre de pudeur. Linaire commune : de superbes fleurs regroupées en épis / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle se voit de loin. Avec de hauts épis floraux émergeant fièrement du terne fouillis de son feuillage.

Un jaune souffre, largement teinté d’orange sur la lèvre inférieure : les fleurs de la Linaire commune sont d’autant plus superbes qu’elles comptent parmi les toutes dernières de la saison.

Rien d’étonnant à ce qu’elles soient parfois proposées, dans des versions plus ou moins « domestiquées », pour illuminer les massifs fleuris. Attention toutefois. La belle est vite invasive. Ici pas de problème. Le massif fleuri, c’est la prairie voisine.

Sources : 

Le petit Bourdon des champs compte parmi les principaux adeptes de la Linaire commune.

Cette cousine s’invite volontiers au jardin. La Linaire bâtarde rampe autant qu’elle peut sur les planches cultivées. De charmantes et minuscules fleurs aux lèvres jaunes et violacées.

 

Photos Fernand ©

 

Le double jeu de la Clématite sauvage

Clématite sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

On lui donnerait le Bon Dieu sans confession avec les charmantes peluches blanches de ses fruits. Mais gare ! La Clématite sauvage est d’une brûlante toxicité.

Les "cheveux de la Vierge" de la Clématite sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle a le bon goût d’attendre le flétrissement des belles guirlandes du houblon avant de libérer les siennes ! La Clématite sauvage a beau être « l’Herbe aux gueux », elle ne manque pas d’un certain raffinement dans la déco automnale des haies du halage. Et plus encore des buttes calcaires alentour. 

Sa floraison est passée depuis belle lurette. Ce sont ses fruits exubérants qui explosent ici en boules duveteuses : les « Cheveux de la vierge » ! Le vent d’hiver se chargera d’en porter loin les petites graines aigrettées comme il dispersera celles de l’Epilobe.

Herbe aux gueux et en même temps Cheveux de la vierge ?  C’est que la grande volubile cache bien son double jeu. Sous des dehors aériens et diaphanes, elle recèle une sève particulièrement irritante. Les mendiants s’en frictionnaient jadis la peau, dit-on, pour mieux apitoyer le chaland. Quoiqu’il en soit, le bétail a appris depuis longtemps à ne pas y toucher. On se défend comme on peut.

Les fruits exubérants de la Clématite sauvage s'apprêtent à exploser en boules duveteuses / Un jardin dans le Marais poitevin.

Graines à longue aigrette de l'Épilobe velu.

Les fruits secs de l’Épilobe libèrent des centaines de graines échevelées qui seront elles aussi dispersées par le vent.

Photos Fernand ©