L’Éristale opiniâtre

L’Éristale opiniâtre n’est pas seulement précieux pour ses qualités de butineur. Ses larves participent aussi à l’assainissement des eaux stagnantes.

Taille maxi : 13 mm. Visible de mars à novembre.

Dans une dominante brun foncé, rehaussée de deux taches triangulaires orangées à l’avant de l’abdomen, l’Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) se donne des allures d’abeille.

Les reflets roussâtres du thorax velu se diffusent sur le fin duvet de l’abdomen conique et sur les ailes légèrement fumées. Seuls les tarses des pattes avant et médianes se distinguent par leur couleur jaune orangé. Voilà d’ailleurs un des détails les plus caractéristiques pour le distinguer de son très proche cousin, l’Éristale tenace.

Délicat lorsqu’il butine, l’Éristale opiniâtre l’est un peu moins pour l’installation de ses larves. Comme toutes les Éristales, il pond en effet dans les eaux stagnantes les plus « chargées ». Et même dans le purin. Il contribue du même coup à leur épuration. Les fameux « vers à queue de rat » (ladite queue leur permet de respirer à la manière d’un tuba) s’y nourrissent en effet des matières organiques en décomposition. Aussi utile que peu ragoutant ! 

Les marques triangulaire jaune orangé dessinent un sablier sur le deuxième segment abdominal.

Un cousin tenace

L’Éristale tenace, : face claire et  tarses avant et médians sombres, en automne sur une inflorescence de lierre.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale opiniâtre avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

La Mégachile du rosier

Mégachile du rosier sur fleur de bourrache.

Minutieuse Mégachile du rosier ! À l’image des feuilles soigneusement découpées pour tapisser le nid de ses larves.

Mégachile du rosier sur inflorescence de crépis.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à août.

Pas de brosse collectrice de pollen aux pattes arrière des mégachiles.  Mais sur l’abdomen ! C’est d’ailleurs ce qui frappe tout d’abord chez la Mégachile du rosier (M. centuncularis) : un ventre rebondi, jaune vif, à force de poussière d’or accrochée aux longs poils, raides et orangés, de sa brosse collectrice.

Les précieuses provisions sont réparties dans les cellules des futures larves qui s’en nourriront. Au creux d’un bambou par exemple où la nurserie est soigneusement aménagée. Avec des feuilles, notamment de rosier. D’où son nom.

Elle y découpe de petits confettis dont elle tapisse les parois du nid. Sans véritable dommage pour le rosier. Sinon esthétique peut-être en cas de prélèvement massif. Cela dit, mieux vaut quelques mégachiles qu’une attaque de rouille, d’oïdium, de mildiou ou de taches noires !

La Mégachile du rosier, ici sur inflorescence de Crépis,  l’abdomen relevé dans une posture caractéristique lorsqu’elle butine le nectar.

Au bord de la Sèvre sur les petites corolles fripées de la salicaire.

Début octobre. Tant qu’il y a du soleil ! Ici sur le massif d’asters.

Pluie, vent, ciel gris : un temps à… patienter, ici sur une feuille de coqueret du Pérou.

Vous avez dit « du rosier » ?

Si les rosiers n’ont pas grand chose à craindre de la petite mégachile, il en va autrement de la Tenthrède du même nom qui en incise les jeunes pousses pour y installer sa progéniture : des « psuedo chenilles » particulièrement goulues !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Megachile centuncularis avec la galerie du site insecte.org
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Premières rosettes automnales

Jeunes rosettes de mâche.

La salade de l’hiver par excellence. La mâche pointe ses premières rosettes. Et pourquoi pas quelques plantes sauvages pour l’accompagner ?

Ce n’est pas encore l’automne, mais ça commence à y ressembler. Même si, hélas, la pluie se fait encore et toujours attendre. Les premières feuilles mortes n’en ont pas moins rendez-vous avec les premières pousses de mâche.

A l’ombre d’un prunier, les petites touffes apprécient l’arrosage matinal. Bien vertes, avec des nuances blondes. La récolte est tentante. Mais il est plus raisonnable d’attendre un peu. D’autant que la scarole voisine n’a pas encore dit son dernier mot. Allez… Juste trois ou quatre rosettes pour le plaisir !

Doucette sauvage / Une jardin dans le Marais poitevin.

Réveillée par les pluies d’automne, la Doucette sauvage multiplie également ses rosettes vert tendre au jardin. Seule ou en mélange avec la mâche, un régal.

Mâche / Un jardin dans le Marais poitevin.

Mâche et Doucette sauvage supportent plusieurs récoltes. À condition, naturellement, de couper les petites rosettes proprement, en préservant le collet de chaque pied.

Pour un savoureux trio automnal, mâche et doucette sauvage peuvent accompagner la scarole. Préalablement blanchie en resserrant le coeur pendant quelques jours à l’aide d’un brin de raphia.

Pour varier les plaisirs, pourquoi ne pas y ajouter un peu de pourpier ? Il termine sa saison actuellement. Ses feuilles charnues relèvent les salades de leur saveur poivrée. Inutile de le semer. Ses petites fleurs jaunes y pourvoient très bien. Mais gare, il est vite envahissant.

Photos JF Irastorza