La Bardane à petites têtes

Inflorescence de la Bardane à petites fleurs.

Joliment graphiques les inflorescences de la Bardane à petites têtes. Une sauvageonne doublement hérissée et très mellifère.

Inflorescence de la Bardane à petites fleurs.Après le fauchage des berges en début d’été, la Bardane à petites têtes (Arctium minor) a retrouvé toute sa vigueur au bord du halage. Elle est aujourd’hui en fleurs. Comme son nom l’indique, pour être nombreux, ses capitules ne sont guère spectaculaires. Les abeilles ne les apprécient pas moins.

Inflorescences de la Bardane à petites fleurs.Les fleurs proprement dites pointent en petits bouquets serrés. Chacune d’entre elles se résume à une étroite corolle tubulaire, violacée et finement dentée. En émergent les étamines d’un pourpre très foncé. Soudées, elles forment elles-mêmes un tube enserrant un style long blanc unique, bifide lorsque l’ensemble est pleinement épanoui.

Contrairement aux cirses et aux chardons, la Bardane à petites têtes ne comptera pas sur le vent pour disperser ses graines le moment venu. Elles resteront groupées au creux de l’involucre globuleux qui, pour l’heure, sert de « vase » très graphique aux fleurs. Dans quelques semaines, la plante étant desséchée, les courts pédoncules deviendront très cassants. Il suffira qu’un animal ou un promeneur s’y frotte… Les petits crochets des bractées feront alors leur office. À la manière d’un scratch.

Les longues antennes de l’Halicte de la scabieuse (mâle) au diapason des bractées hérissées et crochetées de la bardane.

À maturité, les involucres desséchés se « scratcheront » sur la fourrure des animaux ou les vêtements des promeneurs pour mieux en disperser loin les graines.

Petites têtes d’accord mais une silhouette robuste, faite de tiges pleines, rameuses, pouvant atteindre 1,50 m de haut. Floraison en juillet-août.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Bardane à petites têtes avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Petit bombyle

Petit bombyle sur inflorescence de crépis.

Vol stationnaire, très longue trompe, fourrure brunâtre : le Petit bombyle, discret butineur et parasite des nids d’abeilles sauvages.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à juin.

Son cousin le Grand bombyle, rencontré en fin d’hiver, n’était déjà pas bien gros ! C’est dire si le Petit bymbile (Bombylius minor) est particulièrement discret lorsqu’il butine au jardin. Un centimètre tout au plus. Hors la trompe naturellement. L’attribut caractéristique de la famille. Déployée droit devant, elle permet un butinage précis et rapide, quasi sans s’arrêter de voler. C’est à peine si les très longues pattes se posent sur la fleur.

La discrétion du Petit bombyle tient aussi aux couleurs neutres de son abondante fourrure. Des reflets roussâtres sur des nuances de brun et de gris. Beaucoup plus passe-partout que la tenue sombre piquetée de blanc du petit Bombyle noir.

Pour le reste, le voltigeur est moins « nounours » qu’il en a l’air. La femelle pond en effet à proximité des nids d’abeilles sauvages. C’est la dure loi de tous les bombyles. Ses larves trouvent vite le chemin. Elles commencent par dévorer tout ce qui traîne pour terminer par le couvain. Ainsi va l’équilibre du jardin.

Petit bombyle, trompe droit devant.

Contrairement à la plupart des bombyles, pas de zones ou de taches sombres sur les ailes, quasi invisibles en vol.

Début avri. Sur un épi de Bugle rampante.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Les bombyles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Syrphe ceinturé

Syrphe ceinturé en vol stationnaire.

Un inlassable butineur et des larves siphonneuses de pucerons : autant de bonnes raisons d’apprécier la présence du Syrphe ceinturé au jardin !

Syrphe ceinturé sur rosier grimpant.Son allure de petite guêpe le met (un peu) à l’abri de la convoitise des prédateurs. On aurait cependant tort de redouter le Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). Non seulement il ne pique pas mais c’est sans doute l’un des plus efficaces auxiliaires du jardin !

Comme tous les syrphes, c’est Syrphe ceinturé sur inflorescence de Pimprenelle.d’abord un infatigable butineur. On le repère assez facilement à son vol stationnaire au dessus des fleurs qu’il semble choisir avec soin. Les yeux bordeaux, la face blanche, il est surtout remarquable par son abdomen étroit ceinturé de noir et de jaune orangé.

Mais ce n’est pas tout. Comme le Syrphe des corolles par exemple, sa présence au jardin est tout bénéfice pour lutter contre les pucerons. D’autant plus que la femelle est peu regardante. Elle pond ainsi à proximité des colonies, aussi bien sur les rosiers que les haricots verts ou les tomates ! Qu’importe la couleur des pucerons… Une seule larve, estime-t-on, peut en dévorer un bon millier. Ou plutôt les « siphonner » puisqu’elles en aspirent les liquides internes. Sans craindre les fourmis. Qui dit mieux ?

Syrphe ceinturé sur inflorescence de Crépis.

Début juin. Du pollen en veux-tu en voilà, devant la forêt d’étamines d’une fleur de ronce.

Mi mai. Dégustation de pollen sur fleur de fraisier.

Fin mai. Madame Syrphe ceinturé en ponte sur une tête d’artichaut. Dans quelques jours, une armée de larves sera à pied d’oeuvre. Les pucerons noirs n’ont qu’à bien se tenir !

Où la Sauge farineuse cache-t-elle ses petits sacs de pollen ? Le Syrphe ceinturé les a vite trouvés. Au creux de l’étroite lèvre supérieure de la corolle.

Début octobre. À l’approche de la Phacélie et de ses anthères violacés.

Début mai. À l’approche des étamines de l’Ancolie.

Fin mai. Dégustation de pollen sur les étamines du coquelicot.

Début juin. Sur les premiers épis fleuris de la Salicaire.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza