Le Bourdon grisé

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.

Gris bien-sûr mais aussi noir et, surtout, une pointe abdominale rouge-orangé. Le Bourdon grisé apprécie fleurs sauvages et potagères.

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.Parmi les plantes sauvages du jardin, la Brunelle commune est décidément irrésistible pour les bourdons de tous poils ! Terrestre, des pierres, des champs, des saussaies… Pour compléter l’inventaire des aficionados des épis bleu-violacé, voici l’actif petit Bourdon grisé (Bombus sylvarum).

Sans surprise, la dominante est donc grise. Jusque sur la face. Avec des nuances jaunâtres notamment l’avant du thorax. Celui-ci présente entre les ailes une large plage noire à laquelle font écho les bandes noires des trois premiers segments de l’abdomen. Souvent perdues il est vrai dans la broussaille grise alentour. Enfin, la pointe abdominale s’illumine de roux.

Le Bourdon grisé n’a pas besoin d’enfourner tête et thorax dans les petites fleurs de la brunelle pour y puiser le nectar. Sa langue très longue suffit très largement. Réputée aussi longue que le corps, elle fait également merveille sur le trèfle. Sans oublier nombre de légumes du potager. Des fèves aux petits pois en passant par les haricots.

Sources :

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.

Bourdon grisé sur épi de Brunelle commune.

À ne pas confondre avec le Bourdon des champs qui, dans sa forme grise et fauve, lui ressemble beaucoup.

 

La Sauge toute-bonne

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

Aromatique, spectaculaire, la Sauge toute-bonne compte parmi les belles mellifères du jardin. Très prisée notamment par l’Abeille charpentière.

Un de ses noms vernaculaires – l’Herbe aux plaies – rappelle les vertus officinales de la Sauge toute-bonne  (Salvia sclarea). Parfois cultivée pour son huile essentielle, son port buissonnant fait merveille au jardin. Avec de larges feuille gaufrée, aromatiques, et de spectaculaires hampes florales ramifiées.

Les fleurs blanc-bleuté y vont par deux. Une large bractée blanc-pourpre met chaque couple en valeur. À la manière d’un vaste parvis, elle facilite l’approche et la visite des pollinisateurs. Les plus gros, comme ici l’abeille charpentière, y prennent appui pour accéder aux longs tubes nectarifères.

Prise individuellement, chaque fleur évoque la Sauge des prés. Hormis les couleurs naturellement ! Ainsi, la corolle s’ouvre en deux lèvres superposées. Celle du dessus est caractéristique. En forme de faucille, elle abrite les étamines. Et un long style débordant qui s’enduit de pollen au passage des insectes.

Source : 

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

Des fleurs en tandem, réunies par une large bractée blanc-pourpre : immanquable pour l’abeille charpentière. Droit devant !

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

De fleur en fleur, thorax et abdomen se poudrent de pollen au contact des anthères “tombées” de la lèvre en faucille…

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

… et transportent la précieuse poussière ainsi récoltée vers le style débordant de la fleur suivante.

 

La Ferdinande dorée

Ferdinande dorée.

Une fine toison d’or et quelques autres coquetteries : la belle Ferdinande dorée est friande de soleil autant que de pollen !

Dans la famille si diverse des syrphes, voilà une jolie mouche discrètement raffinée ! Outre le coeur des grandes marguerites, la Ferdinande dorée (Ferdinandea cuprea) apprécie les fleurs sauvages du jardin. Particulièrement les crépides capillaires et autres picrides fausses vipérines.

Tant mieux ! Rien de tel qu’un fond jaune, en effet, pour mettre en valeur sa toison rase joliment dorée. Et quelques autres coquetteries. Notamment l’orangé des pattes et les reflets roux des ailes par ailleurs marquées de deux taches noires diffuses. Sans oublier les rutilantes bandes cuivrées sur fond noir de l’abdomen. Ni les quatre lignes grises très graphiques du thorax.

Amatrice de nectar et de pollen, la Ferdinande dorée installe sa progéniture auprès des blessures des feuillus. Peupliers et saules notamment. Ses larves se nourrissent alors des écoulements de sève. Elles profitent également des cavités creusées par le Gâte-bois (Cossus cossus) pour déguster les matières en décomposition dans son sillage. La pupaison a généralement lieu au pied des arbres. Pour un hiver bien au chaud sous la litière de feuilles mortes.

Sources : 

Si sa toison rase est joliment dorée, la Ferdinande présente également de longues soies noires sur les côtés du thorax. Une exception chez les syrphes.