Le Syrphe des marais

Syrphe des marais sur fleur de pommier.

Amateur de nectar, de pollen, autant que de bain de soleil, l’Hélophile suspendu, alias le Syrphe des marais, se laisse volontiers admirer.

Syrphe des marais sur fleur de pommier.Nos amis anglais l’appellent le Syrphe des marais. Comme toutes les mouches de son genre, l’Hélophile suspendu (Helophilus pendulus) apprécie en effet les prairies humides. Il y installe ses larves, dans les eaux chargées de matières organiques des baisses ou des fossés envasés.

Cela dit, devenu adulte, foin des flaques croupies ! C’est un butineur raffiné qui apprécie nectar et pollen autant que les bains de soleil… Les uns n’empêchent d’ailleurs pas l’autre pour cet incorrigible adepte du farniente. Le voici sur un des pommiers en fleurs du jardin.

Sa superbe livrée le distingue sans risque de confusion. Avec un thorax noir barré de gris et, surtout, un jeu subtil de taches abdominales jaunes. Sur fond noir, l’or s’y mêle à l’ivoire et à l’orangé.

Enfin, en bon syrphe, c’est un virtuose du vol stationnaire. Au point, d’où son qualificatif vernaculaire, de paraître « suspendu » dans les airs. Pour mieux sélectionner sa piste d’atterrissage. Pas question de laisser le butinage au hasard. Ni la sieste.

Sources :

Syrphe des marais sur fleur de pommier.

Les ailes parfaitement hyalines laissent voir la belle courbure en U de la nervure médiane, caractéristique de la tribu des éristales à laquelle appartient l’Hélophile suspendu.

Autre caractéristique de l’Hélophile suspendu : des tibias arrière arqués à dominante orangée.

Hélophile suspendu sur fleur de mirabellier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Début avril 2019. L’Hélophile suspendu sur le mirabellier en fleurs du jardin.

 

L’Osmie rousse commune

Osmie rousse commune sur fleur de pommier.

Voilà quelques semaines déjà qu’inlassablement l’Osmie rousse commune passe et repasse sur les fleurs blanches des haies et des arbres fruitiers du jardin.

Elle est moins flamboyante que sa cousine l’Osmie cornue (Osmia cornuta) dont l’abdomen rouge-brique tranche sur un thorax d’un noir bien franc. Egalement plus petite (surtout le mâle qui frise tout juste le centimètre), l’Osmie rousse commune (Osmia bicornis) n’en est pas moins tout aussi hyperactive au jardin. 

Hélas, les pétales blancs des prunelliers puis des pruniers viennent de partir au vent. Heureusement, en attendant l’aubépine et le cornouiller sanguin des haies, vivent les pommiers ! 

Le gel du début avril n’en a pas eu raison. Des milliers de fleurs blanches nuancées de rose. De quoi donner le tournis à l’Osmie rousse commune. Elle ne tient pas en place.  À peine posée, aussitôt repartie. Comme si elle avait peur de manquer ! 

Sa robe toute en nuances mêle brun et fauve au thorax. Puis, rythmé de bandes de fourrures jaune-orangé sur les premiers segments, l’abdomen s’achève sur une sobre plage noire. Sans oublier la lumineuse brosse ventrale orangée, indispensable à la collecte du pollen.

Sources : 

Osmie rousse commune sur fleur de pommier.

Madame Osmie cornue sur fleur de romarin.

L’Osmie cornue (Osmia cornata) est un peu plus grande. Elle présente surtout une livrée très tranchée : tête et thorax noirs, abdomen d’un lumineux rouge brique. Les femelles des deux espèces présent, comme ici, deux petites cornes faciales. Les mâles en sont dépourvus et arborent plutôt un toupet blanchâtre au front.

 

Le Machaon, grand porte-queue

Machaon sur inflorescence de phacélie.

Un superbe décor de marqueterie, d’ébène poudrée et de précieuses incrustations colorées : le Machaon, à la fois sobre et spectaculaire.

Machaon sur inflorescence de phacélie.C’est, avec le Flambé, l’un des papillons les plus majestueux du jardin. Comme lui, le Machaon, alias le Grand porte-queue (Papilio machaon) se repère de loin à ses grands vols colorés. Tout à tour rapides et amples, souvent planés. Mais il sait aussi prendre le temps de la dégustation.

Lorsqu’il fait halte sur un parterre fleuri, ici sur les inflorescences de la phacélie, il ouvre largement sa voilure à dominante jaune et noire. Sur les antérieures, triangulaires, le noir est poudré ou marqueté de jaune clair. Outre leur fine queue soulignée d’un trait noir, les postérieures, du même jaune clair, rehausse l’ensemble avec une large bande sombre ponctuée d’ocelles bleus et rouge-orangé.

La progéniture du Machaon apprécie notamment les carottes sauvages. Sans rechigner sur les carottes cultivées à vrai dire. Ni sur l’aneth, le persil, le fenouil et le panais… Pas de panique pour autant. La ponte est toujours très clairsemée. Et les chenilles jamais grégaires. Très voyantes (noir et orange sur fond vert), il suffit de les ramasser pour les conduire dans une prairie voisine. Ou de laisser faire s‘il s’agit d’un ou deux individus isolés. Le spectacle du Machaon vaut bien un petit grignotage ! 

Sources : 

Machaon sur inflorescence de phacélie.

Un autre porte-queue familier du jardin, tout en majesté : le Flambé.

Azuré porte-queue sur inflorescence de cardère.

Beaucoup plus modeste, par la taille et la palette de couleurs : l’Azuré porte-queue.