Amours printanières

Chez les Andrènes cendrées, c’est le petit Monsieur qui fait le premier pas mais c’est Madame qui mène la danse. Sans ménagement dans les deux cas.

Y-a-t-il plus bel endroit qu’un mirabellier au printemps pour conter fleurette ? Ces deux Andrènes cendrées (Andrena cineraria) n’y ont pas résisté. Il faut dire qu’à défaut d’être romantique, Monsieur a su se montrer persuasif. Pour ne pas dire expéditif. Sans crier gare. Simple question de phéromone.

Contrairement à l’Anthidie septemspinosum, le mâle n’a pourtant rien d’une brute épaisse. Il est d’ailleurs d’une taille nettement en dessous de la femelle. C’est pourquoi celle-ci a vite fait de s’en débarrasser lorsqu’elle reprend ses esprits !

Sitôt la copulation proprement dite, Madame repasse donc rapidement en mode butinage. Sans effusion excessive envers son Roméo qu’elle traîne quelque temps à la pointe de son abdomen. Mais le fardeau semble bientôt l’indisposer. Un coup de rein et le voilà qui valse… Les choses sérieuses commencent. Creuser un nid en terre, y aménager des cellules, pondre, amasser des réserves de pollen et de nectar pour les futures larves. Le mirabellier y contribuera largement.

Sources : 

Le réflexe du butinage revient vite pour Madame qui “traîne” son Roméo à la pointe de son abdomen avant de bientôt l’expédier d’un coup rein…

Tiercé gagnant des “mauvaises herbes”

Bourdon des prés sur Lamier pourpre.

Leurs fleurs sont aussi nombreuses que minuscules : voici trois “mauvaises herbes” appréciées des butineurs. Et excellents couvre-sol.

Grand bombyle sur Véronique de perse.

Tout un automne et un long hiver de pluies ! Voilà déjà plus de cinq mois que les planches cultivées du jardin sont inaccessibles. Et la terre y reste engorgée. Il faudra des semaines d’anticyclone pour qu’elle puisse se ressuyer avant les travaux de printemps. En attendant, vive le couvert des plantes sauvages !

Anthophore plumeuse sur Lierre terrestre.

La grande douceur hivernale a favorisé leur développement. Tant mieux. Ainsi la pluie n’a-t-elle pas battu et bétonné les planches qui n’ont pas eu la chance d’un manteau de feuilles mortes ou d’engrais vert. Et, en ce début de printemps, leur abondante floraison est très appréciée des butineurs ! 

De ce point de vue, le tiercé gagnant des « mauvaises herbes » distingue sans conteste le Lamier pourpre (Lamium purpureum), la Véronique de perse (Veronica persica) et le Lierre terrestre (Glechoma hederacea). Les unes et les autres ont par ailleurs en commun un enracinement léger. Elles seront d’autant plus faciles à arracher, le moment venu, au fur et à mesure de la reprise des semis printaniers et des plantations.

En savoir plus sur la gestion des “mauvaises herbes” au jardin bio avec le site plandejardin-jardinbiologique.com

Anthophore plumeuse sur Véronique de perse.

Anthophore plumeuse sur Lamier pourpre.

Madame Osmie cornue

Madame Osmie cornue sur fleur de romarin.

À peine émergée et déjà au travail. Madame Osmie cornue n’aura pas trop du printemps pour aménager son nid et y installer sa progéniture.

Madame Osmie cornue à l'approche d'une fleur de bourrache.

Deux semaines après ces messieurs, Madame Osmie cornue vient de faire son apparition au jardin. Pas de barbichette blanche mais une face velue entièrement noire d’où émergent deux petite cornes, entre antennes et mandibules. À peine émergée et déjà un travail !

Car, chez les Osmies, le temps est compté et rien n’est laissé au hasard. Dès l’éclosion, les femelles sont ainsi assaillies par les mâles alentour qui piaffent d’impatience depuis une quinzaine de jours. Sitôt fécondée, chacune aménage alors son propre nid. Dans un tube de bambou par exemple.

Un peu de boue pour y façonner une dizaine de cellules. Beaucoup de nectar et de pollen pour approvisionner la future nurserie. Un oeuf par cellule et une boulette de « miel » pour chacun. Peut-être un second nid si les conditions météo s’y prêtent. Quoiqu’il en soit, fin juin au plus tard tout sera terminé. Pour une longue maturation jusqu’au sortir de l’hiver prochain. Mais par quelle mystérieuse ponte sélective les oeufs des futures femelles sont-ils installés les premiers au fond du tube ?

Sources :

Monsieur Osmie cornue se distingue par un toupet gris frontal, en lieu et place des petites cornes, apanage de Madame.