Une couronne d’or pour la Belle-dame

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame, sur capitule de zinnia.

Fin d’été. La Vanesse des chardons, alias la Belle-dame, est resplendissante. Elle prend des forces au jardin avant son grand voyage !

Vanesse des chardons, alias la Belle-dameSi elle passe parfois incognito, la Vanesse des chardons, alias la Belle-dame (Vanessa cardui) sait aussi jouer avec le soleil pour faire resplendir sa livrée. Ainsi, quand il le faut, le noir et le brun s’y confondent avec la terre ou les feuilles mortes. Mais là, il s’agit de faire honneur aux zinnias !

Alors, le brun devient orangé, voire saumon, le blanc claque, le noir lui-même se pare de reflets fauves. Et le revers des ailes, surtout, s’illumine de rouge brique, s’anime enfin d’un réseau aux milles nuances jaune-roux rehaussé d’ocelles parfois pointés de bleu et cerclés de blanc.

Elle est à son affaire ici la Belle-dame. Tournant méticuleusement sur elle-même, elle visite l’un après l’autre chacun des petits fleurons jaune vif. Le nectar semble lui plaire. Elle passe de capitule en capitule. Rose, blanc, rouge, orange… Qu’importe la couleur des pétales. Vivent les fleurons. La couronne d’or des zinnias lui va si bien !

Sources :

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame

En cette saison, voilà la seconde génération de Belle-dame depuis sa migration printanière. Les ailes sont intactes, les couleurs vives, sans doute s’agit-il d’un individu jeune, paré donc pour son grand voyage automnal !

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame

Elle peut prendre des forces sur les zinnias, la Belle-dame ! Dans quelques semaines, elle s’envolera en effet avec ses consoeurs les plus vaillantes pour une grande migration retour vers l’Afrique tropicale.

Sur une prairie voisine, la Belle dame fidèle à l’un de ses nectars favorits de la fin de l’été…

… avec la Menthe sauvage actuellement en pleine floraison. (Début septembre 2021)

 

Le Thomise Napoléon

Thomise variable femelle et sa proie.

Une des araignées-crabes les plus faciles à identifier : le Thomise globuleux avec la silhouette du buste de Napoléon sur le dos !

Thomise globuleux et sa proie.Comme toutes les araignées-crabes, le Thomise globuleux (Synema globosum) est un redoutable chasseur à l’affût. Malgré sa petite taille, 3-4 mm pour le mâle, 5-6 mm pour la femelle, il n’hésite pas à s’attaquer à plus gros que lui. Ici une abeille sauvage venue butiner les cosmos du jardin.

Caché entre deux pétales, il a bondi sans crier gare pour un infaillible baiser de la mort. Restait alors à se replier au revers de la corolle pour déguster les fluides internes de sa proie en toute discrétion.

Avec thorax et pattes avant d’un noir luisant, cette femelle présente un abdomen lustré rouge sang. Certains autres spécimens peuvent l’avoir jaune et même blanc. Mais toujours avec cette étrange tache noire qui vaut à l’espèce son surnom. Allusion au buste de l’Empereur et surtout à son bicorne. Même nos amis Anglais y voit ainsi l’impériale silhouette. Spider Napoléon !

Source :

Thomise globuleux femelle.

Plus grande que le mâle, la femelle arbore un abdomen plus rond.

Thomise globuleux mâle.

Un peu gringalet, le mâle présente une dominante plus sombre et un abdomen davantage ovoïde.

Dans la famille, on n’hésite pas à s’attaquer à plus gros que soit ! Ici la Thomise variable vient de capturer un bourdon.

 

Le Sitaris des murailles

Sitaris des murailles.

Le parasitisme est parfois toute une aventure. Témoin la vie rocambolesque du Sitaris des murailles. Surtout de ses larves !

Sitaris des muraillesFin août, début septembre, Madame Sitaris des murailles (Sitaris muralis) s’apprête à pondre. Dès qu’elle aura trouvé un nid à parasiter. Celui d’une petite abeille sauvage, une Anthophore, dans la terre d’un talus ou entre les pierres d’une vieille bâtisse.

La cible privilégiée du Sitaris : l’Anthophore plumeuse nidifie au flanc d’un talus ou dans les joints terreux d’un vieux mur. Ici une femelle collecte du pollen sur ses pattes arrière. Pour ses larves ou celles d’un Sitaris ?

Mais les réserves sont épuisées en cette saison chez les anthophores ! Les futures abeilles terminent en effet leur maturation et n’émergeront qu’à la fin de l’hiver prochain. Qu’importe ! Les larves du Sitaris sont programmées pour attendre. Avant une étonnante aventure printanière…

Madame déposera donc ses milliers d’oeufs dans le vestibule. Sitôt écloses, les minuscules larves entreront en léthargie pour se réveiller en février-mars à l’émergence des Anthophores. Il leur faudra alors s’accrocher à la fourrure des premiers sortis. Les mâles. Puis à passer quelques jours plus tard sur le dos d’une femelle à l’occasion d’un accouplement.

Bingo ! Le « taxi » étant fécondé, il n’aura de cesse que de fonder un couvain. Et de l’alimenter. Il y conduira bien involontairement ses “passagères”. Et là, pour les larves affamées, qui n’ont encore rien manger depuis leur naissance quelques mois plus tôt, il n’y aura qu’à se servir. D’abord dévorer les oeufs. Ensuite se gaver de miel. Jusqu’à la naissance, quelques métamorphoses plus tard, de nouveaux petits coléoptères noirs aux épaulettes orangées…

Sources :

Sitaris des murailles

Les élytres noirs, à la base orangée, effilés, dévoilent largement des ailes noires et fripées.

Anthophore plumeuse, mâle, longues soies plumeuses sur les pattes médianes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les Anthophores plumeuses mâles (les longues soies des pattes médianes sont ici bien visibles) émergent une quinzaine de jours avant les femelles. Une façon d’éviter la consanguinité. Pour les minuscules larves du Sitaris, les mâles ne sont qu’un “véhicule” transitoire vers les femelles qui, une fois fécondées, vont à coup sûr aménager et alimenter un nid. Il n’y a dès lors qu’à s’y laisser conduire !

Méloé agrippé à une tige de Lierre terrestre, courts élytres et volumineux abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Méloé, un cousin, également parasite des abeilles sauvages, particulièrement des anthophores. Le stratagème pour parvenir jusqu’au couvain est moins complexe mais tout aussi acrobatique !

Un autre membre de la famille :  Sténoria analis dont les larves usent d’une supercherie diabolique pour parasiter les nids d’abeilles sauvages.