Le Lamier pourpre amorce sa floraison

Lamier pourpre.

Une délicate petite fleur sauvage de saison. Le Lamier pourpre se prépare à recevoir bourdons et abeilles sauvages.

Avec le Lamier pourpre (Lamium purpureum), dès l’automne, les planches inoccupées du potager ne restent pas nues très longtemps ! Ses tiges traçantes prennent en effet racines de loin en loin et finissent par constituer un dense réseau. Il se mêle alors à la Véronique de perse, à la Cardamine hérissée et au Mouron des oiseaux.

Prenant ses aises tout l’hiver, il amorce actuellement sa délicate floraison rose-violacé. Au creux d’un feuillage denté et gaufré, voilà de fines coupelles veinées et tachées de pourpre. Avec deux lèvres largement ouvertes. 

La première déploie son double lobe, comme un marche-pied, à l’entrée de la corolle. Les futurs butineurs y prendront appui avant de plonger vers le tube nectarifère.

Dominant l’ensemble, la seconde lèvre prend la forme d’un casque pour mieux protéger les étamines. Les anthères y regorgent déjà de grains de pollen rouge-orangé qui s’accrocheront bientôt à la fourrure faciale des bourdons et des abeilles sauvages.

Lamier pourpre.

Les feuilles dentées évoquent celles de l’ortie (d’où le nom d’Ortie rouge donné parfois au Lamier pourpre) mais sans poils urticants. Elles sont comestibles sans risque de piqure à la cueillette. Crues ou poêlées, les têtes florales relèvent salades ou omelettes de leur légère saveur de champignon.

Bientôt, la sauvageonne sera très apprécie notamment par le Bourdon des prés …

… et l’Anthophore plumeuse. Les fleurs sont si petites ! Les visiteurs y étirent la langue vers le tube nectarifère. Se faisant, leur fourrure faciale brosse les anthères sous le « casque » de la corolle et se charge de pollen. Ainsi va la pollinisation d’une fleur à l’autre.

Sous le « casque » de la corolle, quatre anthères velues chargées de pollen rouge-orangé. Le style au stigmate bifide émerge juste au dessus.

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Première récolte de l’abeille domestique

Première récolte de l'année pour l'Abeille domestique.

Toujours prêt ! Passées pluies et gelées de janvier, le laurier tin est disponible pour la première récolte de l’abeille domestique.

Première récolte de l'année pour l'Abeille domestique.Quelques timides allées et venues du côté du laurier tin. Au dernier jour de janvierr, on est évidemment loin de la vrombissante agitation printanière. Mais une petite escouade d’abeilles domestiques est bien là, affairée sur les denses bouquets de petites fleurs blanches.

À bien y regarder, pas question ici d’oisive et gourmande promenade. Il s’agit bel et bien d’ouvrières au travail. En témoignent les pelotes de pollen dans les corbeilles de leurs pattes arrière. La première récolte de l’année va bon train.

C’est tout l’intérêt du laurier tin. Fleuri depuis la fin de l’automne, sa production de nectar et de pollen est disponible pour les butineurs les moins frileux quand la plupart des autres sources sont taries.

Alors, après les pluies et les gelées de ces dernières semaines, est-ce là le signe d’un redoux plus ou moins durable pour février ?

Première récolte pour l'Abeille domestique.

La production de nectar et de pollen du Laurier tin est plutôt modeste dit-on… Qu’importe ! Il y a si peu d’autres fleurs alentour. Jusqu’en mars, le rendez-vous est incontournable pour les premiers butineurs.

Lorsque le soleil est au plus haut. Vers 16 h, il n’y a déjà plus personne sur le laurier tin.

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La Véronique et le Syrphe

La Véronique et le syrphe.

Aussi téméraire l’un que l’autre : la Véronique et le syrphe se jouent discrètement de la rigueur glacée de janvier.

La Véronique et le syrphe.Ce matin encore, les allées du jardin étaient craquantes et scintillantes de gelée blanche ! Il aura suffit de quelques heures de ciel bleu et de soleil, au coeur de l’hiver, pour qu’un timide redoux fasse illusion. Assez du moins pour émoustiller le Syrphe des corolles (Eupeodes corollae). 

Cette virée au jardin est-elle bien raisonnable ? Mêmes les pissenlits et les pâquerettes ont lâché prise depuis quelques semaines ! Qu’importe. Foi de syrphe, il y a ici et là assez de pollen pour justifier la sortie. Rien de spectaculaire en vérité mais on peut toujours compter sur la petite Véronique de Perse !

Avec ses compères le Lamier pourpre et la Cardamine hérissée, elle offre un couvert hivernal à une planche qui, dans quelques semaines, recevra ses premières plantations. Comme l’engrais vert ou le paillis de feuilles mortes sur les planches voisines, les sauvageonnes protègent ainsi la terre meuble des intempéries. Il suffira de les arracher le moment venu. 

En attendant, au creux des petites corolles bleutées de la Véronique, deux étamines chargées de poudre revigorante récompensent les premiers butineurs de leur témérité.

La Véronique et le syrphe.

Quand butineurs et pollen sont devenus rarissimes, la Véronique et le syrphe semblent faits l’un pour l’autre !

Et dire que le matin même, le jardin était tout craquant et scintillant de givre !

La nuit ou sous les nuages, la Véronique de Perse referme sa corolle…

… pour s’épanouir surtout l’après-midi, sous le soleil, et offrir ainsi ses anthères violettes chargées de pollen blanc aux butineurs.

Au lendemain du Jour de l’an, déjà, le Syrphe des corolles était en vadrouille. Mais, il est vrai, le thermomètre frisait alors les 20° l’après-midi ! Depuis, les coups de froid se succèdent et pissenlits comme pâquerettes ont préféré battre en retraite. Pas la Véronique fort heureusement !

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