Les ramures de la Xylaire

Les ramures blanches de la Xylaire du bois / Un jardin dans le Marais poitevin

La Xylaire du bois dans un coin du jardin ? C’est bon signe. La terre parachève la « digestion » d’un vieil amas de bois mort.

Les ramures blanches de la Xylaire du bois / Un jardin dans le Marais poitevinIl y avait là une vieille souche et un tas de branches qui ont fini par pourrir sur place. L’endroit a été dégagé mais le bois mort affleure sur ce bout de terre noire au pied d’une haie. La mousse s’y installe et d’étonnants champignons émergent des débris en décomposition.

Minuscule, la Xylaire du bois (Hylaria hypoxylon) ne passe pas inaperçue pour autant. Car si elle est d’un noir charbonneux à maturité, ses jeunes pousses se couvrent de poussière blanche en l’automne. L’éclatante parure met alors en relief des formes étranges.

Pas de chapeaux à proprement parler pour la Xylaire du bois. Plutôt des ramures plates évoquant celles d’un élan. Toutes proportions gardées. Charnue mais coriace, sans odeur ni saveur, elle n’a pas d’intérêt culinaire. Elle n’en est pas moins précieuse pour la décomposition des bois morts. Et accessoirement pour le Scrabble !

Les ramures blanches de la Xylaire du bois / Un jardin dans le Marais poitevin

Un autre champignon extravagant du jardin. L’Helvelle crépue. Beaucoup plus volumineux. Sans intérêt culinaire non plus. Voire toxique cru. Pour le simple plaisir de la rencontre sous les grands peupliers du jardin.

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Photos JF Irastorza

 

Le réveil du lichen

Lichen / Un jardin dans le Marais poitevin.

La canicule les avaient tout juste endormis. Ragaillardis, lichen et mousse apportent à nouveau couleurs et fantaisie à l’écorce noire et luisante des cerisiers.

Lichen / Un jardin dans le Marais poitevin.Les vieux fruitiers ont perdu leur feuillage depuis quelque temps déjà. Ils ne sont pas nus pour autant. Avec les pluies d’automne, le lichen qui s’étaient recroquevillé tout l’été est de retour.

Il faut s’approcher au plus près pour en apprécier la grande variété et les multiples couleurs. Gratter tout cela ? Lichen / Un jardin dans le Marais poitevin.Impossible. La ramure est bien trop haute et fournie. Et puis à quoi bon ?

Si ses manchons multicolores, cramponné à l’écorce, ont parfois mauvaise réputation, ils ne sont icit ici pour rien dans le dépérissement des cerisiers. C’est une ancienne taille intempestive et mal cicatrisée qui les a infectés. Ils s’en défendent d’ailleurs comme ils peuvent. A grand renfort de gomme. Le lichen, lui, comme la mousse, se contente d’avoir un support !  Un refuge pour les insectes ? Autant dire un garde manger. La Sittelle ne dit pas non.

On se défend comme on peut quand on est cerisier. Celui-ci semble avoir été malmené par des tailles intempestives mal cicatrisées, ouvrant la voie aux parasites à l’oeuvre depuis trop longtemps. Un emplâtre d’argile et de bouillie bordelaise cet hiver n’y a rien fait. Trop tard. Le coeur du bois est sans doute contaminé. Alors, avec l’énergie du désespoir, suintant de tout son tronc, le vieux cerisier met plus que jamais la gomme cet été.

 

Vivaces : un manteau pour l’hiver

Vivaces : un manteau pour l'hiver / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les récentes gelées ont donné un premier coup de semonce. Voici venu le temps d’emmitoufler les massifs de vivaces…

Vivaces : un manteau pour l'hiver / Un jardin dans le Marais poitevin.Avec un sol qui a tendance au compactage, mieux vaut ne pas laisser la terre nue tout un hiver. Les planches vacantes ont déjà reçu leur couverture … de phacélie et de moutarde blanche. Quand aux massifs de vivaces, du moins celles qui ont commencé à s’endormir depuis quelque temps, un grand nettoyage s’impose d’abord.

Les tiges desséchées rabattues facilitent le désherbage et le griffage puis l’épandage d’un peu de fumier. Place maintenant au manteau pour l’hiver ! Avec une bonne couche de feuilles de peuplier. Une cinquantaine de centimètres qui vont bien sûr se tasser au fil des semaines. Surtout lorsque vers de terre et autres bestioles vont progressivement en prendre possession. 

Les oiseaux ne vont d’ailleurs pas s’y tromper. Ils prendront un malin plaisir à venir y fouiller jusqu’au printemps. Il faudra régulièrement remettre le manteau en forme. Ce sera la rançon d’un jardin qui, finalement, ne dormira pas tant que cela.

Vivaces : un manteau pour l'hiver / Un jardin dans le Marais poitevin.

Phacélie / Un jardin dans le Marais poitevin.

Depuis quelques semaines déjà, les planches non cultivées – les plus nombreuses évidemment en cette saison – ont reçu leur couverture de phacélie ou de moutarde blanche.  Elles éviteront ainsi le compactage et le lessivage des pluies d’hiver.

L'apprentissage du merleau.Leçon numéro un : faire voler les feuilles mortes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Un manteau pour les vivaces et… un marde-manger pour les oiseaux. En particulier pour les merles qui apprennent très tôt à débusquer larves et insectes sous la litière de feuilles mortes. Ici, à peine sorti du nid, un merleau fait son apprentissage…

Photos JF Irastorza