Scolie hirsute : une ou deux bandes jaunes ?

Scolie hirsute sur marguerite.

Une grosse guêpe noire et velue : deux larges bandes jaune vif distinguent la Scolie hirsute. Avec une variante à une bande moins commune.

Scolie hirsute unifasciata sur panicaut.

Taille maxi : 22 mm. Visible de juillet à septembre. Une sous-espèce assez rare : Scolie hirsute unifasciata présente une seule bande jaune sur l’abdomen.

Voilà un des marqueurs des premiers jours de l’été. La Scolie hirsute (Scolia hirta) émerge à la toute fin juin. Et sa présence augmente au jardin jusqu’au 14 juillet. Pour quelques semaines. Sans être envahissante. On la rencontre actuellement sur les marguerites, les panicauts et la reine des prés.

Elle est facile à reconnaître. Belle taille (15-22 mm), solide silhouette élancée, dominante noire, dense pilosité sur l’ensemble du corps (d’où son qualificatif), épaisses antennes, ailes fumées aux reflets bleutés… Elle retient notamment l’attention par les deux larges bandes jaune vif qui marquent son abdomen.

Deux, vous êtes sûr ? Car, par ailleurs en tous points identique, voici un spécimen qui sort du lot.  Avec une seule bande jaune. L’exception qui confirme la règle ? Plutôt une cousine, peu fréquente, du moins dans la région, membre de la sous-espèce Scolia hirta unifasciata. 

Une ou deux bandes : le comportement ne change pas. Actives butineuses pour elles-mêmes, les scolies hirsutes chassent les gros vers blancs terricoles (larves de hannetons ou de cétoines) pour installer leur progéniture. Les futures guêpes y pénétreront pour s’en nourrir puis s’y métamorphoser. Sous terre. Elles émergeront au début de l’été prochain.

Scolie hirsute sur panicaut.

La Scolie hirsute n’est pas agressive. Mais gare à ne pas trop l’importuner tout de même ! Elle sait très bien se défendre et sa piqure, certes sans grand danger, n’en est pas moins douloureuse…

En savoir plus :

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • La Scolie hirsute avec le site quelestcetanimal.com
  • Scolia hirta (dont S. hirta unifasciata) avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Madame Sympétrum strié

Madame Sympétrum strié sur Verveine de Buenos Aires.

Non, Madame Sympétrum strié ne butine pas. De la Verveine de Buenos Aires à la Lavande officinale, elle chasse à l’affût.

Madame Sympétrum strié sur lavande officinale.

Oh bien sûr, il y a les habituels piquets de tomates et autres tuteurs un peu partout au jardin. Mais, dans le soleil levant, Madame Sympétrum strié vient de choisir un poste d’observation plus dansant sous la brise matinale. Il est vrai que les belles inflorescences de la Verveine de Buenos Aires attirent nombre de petits insectes bons à croquer !

Pas de quoi impressionner l’abeille sauvage qui, légèrement en contrebas, butine sans crainte. Un peu trop grosse pour être dans la cible. La libellule préfère mouches, moustiques et petits coléoptères de passage. Elle les attrape au vol, dans un brusque raid furtif, et revient sur son affût pour les décortiquer et les déguster. 

Tout à côté, les épis bleus de la lavande officinale offre parfois une alternative. Elle s’y laisse facilement approcher, jusqu’à bien distinguer ses marques distinctives : de larges plaques thoraciques jaunes soulignées de noir et une ligne de fins pointillés (d’où le qualificatif de « strié ») sur les côtés de l’abdomen. Dans une dominante brun clair. Mais rouge plus ou moins délavée chez le mâle.

Madame Sympétrum strié sur lavande officinale.

Et voilà Monsieur ! 

Monsieur Sympétrum strié à l'affût.

La dominante rouge orangé de Monsieur est ici assez éclatante mais elle est souvent plus terne.

En savoir plus : 

    • Guide des libellules de France et d’Europe, Dijkstra, Schröter et Lewington, 2021, Delachaux & Niestlé.
    • Poitou-Charentes nature, Libellules du Poitou-Charentes, collectif, 2009,
    • La famille Sympétrum avec le site aramel.free.fr
    • Le Sympétrum strié ou fascié avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza

 

Le Pennipatte bleuâtre

Les pattes hérissées de soies pour mieux « cueillir » les insectes en vol, le Pennipatte bleuâtre est en chasse…

Les généreuses touffes des hémérocalles et des lupins arbustifs rassemblent nombre de moucherons et autres petits insectes. Voilà un excellent terrain de chasse pour le Pennipatte bleuâtre, alias l’Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes). Mâles (bleu clair) et femelles (brun pâle) commencent à y prendre position ces jours-ci.

Les deux sexes arborent la spécificité de l’espèce : des tibias blanchâtres aplatis, soulignés d’un liseré noir, hérissés de longues soies noires. D’où le qualificatif latin de « pennipes » (dont s’inspire le nom de Pennipatte) par allusion à des pattes « en forme de plume ».

L’histoire ne dit pas si l’attribut est objet de séduction. C’est avant tout une arme redoutable. Lorsqu’il est à l’affût, l’agrion se jette en effet sur les petits insectes volant à proximité. Comme autant de puissants râteaux, ses tibias se referment alors sur les proies qui, prisonnières, sont ramenées au poste d’observation pour dégustation.

D’un sexe l’autre

Pennipatte bleuâtre sur rudbeckia.

D’abord blanchâtres, les mâles immatures virent assez vite au bleu, plutôt pâle. La ligne dorsale noire, ici encore très fine, va progressivement s’épaissir.

Agrion à larges pattes, femelle

La couleur dominante de Madame varie d’un individu l’autre. Tout en restant pâle. Elle arbore en outre deux lignes noires finement disjointes en face dorsale de l’abdomen.

Accouplement sur une feuille d’ortie. Les « larges pattes » sont les mêmes pour Monsieur et Madame, l’un et l’autre excellents chasseurs en vol.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza