Il suffit de le laisser vivre sa vie

Poliste gaulois / Un jardin dans le Marais poitevin.

Actif butineur mais également carnivore : le Poliste gaulois est aussi tranquille qu’utile auxiliaire au jardin.

Plus élancé qu’une guêpe commune. Moins massif qu’un frelon. Le Poliste gaulois butine ici les fleurs de laurier tin, dans la petite cour près de la maison. On le reconnait aisément à ses longues pattes jaune-orangé et, surtout, à ses solides antennes franchement orangées en forme de massue. Fortement nervurées, le plus souvent relevées lorsqu’il butine, ses longues et fines ailes retiennent également l’attention par ses reflets roussâtres. Le Poliste gaulois n’est pas seulement butineur. Ses puissantes mandibules ne dédaignent pas chenilles et larves de rencontre… Il n’en est que plus utile au jardin. Impressionnant sans doute, il est pourtant parfaitement inoffensif. A condition de ne pas approcher trop près son nid alvéolé. Il l’installe où il peut. Pour ne pas dire n’importe où. Sous le débord de la toiture du cabanon ou accroché à une branche. A vrai dire, ses bruyantes allées-et-venues ne passent pas inaperçues. Il suffit de le laisser vivre sa vie.Plus élancé qu’une guêpe commune. Moins massif qu’un frelon. Le Poliste gaulois (Polistes dominula) butine ici les fleurs de laurier tin, dans la petite cour près de la maison. On le reconnait aisément à ses longues pattes jaune-orangé et, surtout, à ses solides antennes franchement orangées en forme de massue (pour la femelle) ou enroulées (pour le mâle).

Fortement nervurées, le plus souvent relevées lorsqu’il butine, ses longues et fines ailes retiennent également l’attention par ses reflets roussâtres.

Le Poliste gaulois n’est pas seulement butineur. Ses puissantes mandibules déchiquettent volontiers chenilles et larves de rencontre. Surtout pour alimenter le couvain. Voilà donc un utile auxiliaire au jardin. Parfaitement inoffensif. A condition de ne pas approcher trop près son nid alvéolé qu’il installe où il peut. Pour ne pas dire n’importe où. Sous le débord de la toiture du cabanon ou accroché à une branche. A vrai dire, ses allées-et-venues ne passent pas inaperçues. Il suffit de le laisser vivre sa vie.

Un ou une Poliste ?

Poliste / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les deux genres sont en usage. Quand au sexe, femelle et mâle se distinguent facilement, notamment à leurs antennes. Massues ou tire-bouchons. Il s’agit ici d’une jeune reine, fécondée l’automne dernier.

Début juillet 2020. Au sortir d’une corolle de bignone, un des péchés mignons du Poliste.

Les mâles (antennes enroulées) émergent en fin d’été. Ils meurent avec les premières gelées. Leur mission : féconder les futures reines qui, seules, passent l’hiver pour fonder de nouvelles colonies au printemps.

Mi octobre 2021. Femelle « stylopisée » : les larves parasites (petits insectes de la famille des Stylopisae) se sont insinuées sous les plaques abdominales pour s’y incruster et s’y développer. Au point de déformer et soulever lesdites plaques. La guêpe délaisse alors sa colonie. Elle butine et chasse pour subvenir aux besoins des intrus qui siphonnent ses fluides internes.

Début septembre 2022. D’une couronne de petites fleurs l’autre, sur une tige de Lycope d’Europe.

En savoir plus : 

  •  Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Poliste gaulois avecd le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

Le Géophile, précieux mille-pattes

Le Géophile, précieux auxiliaire au potager / Un jardin dans le Marais poitevin

Membre de la grande famille des mille-pattes, le Géophile est carnassier. Il vit essentiellement sous terre. C’est là qu’il trouve son ordinaire.

Le Géophile, un mille-pattes carnivore très utile au potager / Un jardin dans le Marais poitevin.A force de parler souvent ici des ravageurs, on finirait presque par en oublier les précieux auxiliaires du jardin. Il ne faut pas remuer le sol très loin pour trouver celui-ci. Et le voir s’enfouir tout aussitôt. Il mobilise alors chacune de sa trentaine de paires de pattes (ce n’est déjà pas si mal) pour évacuer la terre de sa nouvelle galerie.

Jaune orangé, extrêmement souple et vif, le Géophile n’est pas amateur de légumes. C’est un carnivore et un redoutable prédateur.

L’équilibre du jardin passe notamment par lui pour lutter contre la prolifération du trop fameux taupin mais aussi contre les larves de la tipule, les chenilles de la noctuelle et autres vers gris ou blancs… Au hasard des travaux du potager, il peut surprendre et impressionner par son étrange physique. Le mieux est de le laisser tranquille.

Rien de tel que le Géophile pour lutter contre la prolifération du Taupin, les larves de la Noctuelle et autres vers gris ou blancs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ses proies favorites

Les géophiles sont particulièrement précieux pour lutter contre les fameux « vers gris », autrement dit les chenilles des noctuelles.

Le fameux taupin ! Un ver jaune orangé, parfois appelé « fil de fer ». C’est la larve d’un petit coléoptère. On lui doit notamment les salades qui s’étiolent (le ver s’attaque au collet) ou les tubercules minés des pommes de terre !

Autres ravageurs prisés par les géophiles : les larves de tipule dont le régime radicicole peut faire de gros dégâts au potager…

… et celles de la Mouche de Saint-Marc, également friandes de jeunes racines.

Photos JF Irastorza

 

Le Staphylin noir

Le Staphylin noir, alias le Staphylin (mal) odorant, est un bon auxiliaire au jardin. Il dévore les cadavres d’insectes mais pas que…

Taille maxi : 32 mm. Visible de mars à octobre.

Avec la pluie, l’équarisseur du potager est de sortie. Pas de cadavre d’insectes cet après-midi pour le Staphylin noir (Ocypus opens). Mais des limaces et des petits escargots !

Sentant l’approche d’un intrus, il relève la tête, écarte les mandibules et, surtout, redresse son abdomen articulé à la manière d’un scorpion.

L’odeur aidant, l’intimidation est habituellement suffisante. Pas pour le paparazzi d’aujourd’hui. Quelques secondes d’hésitation et le voilà qui se faufile dans une crevasse. S’il est capable de voler, il préfère ainsi le plus souvent trouver refuge sous le couvert de la végétation basse ou d’une pierre, voire dans le premier terrier venu.

Le danger passé, il se remettra vite en chasse. Bien-sûr, s’il rencontre un insecte mort, il ne résistera pas. C’est son lot. Mais il ne dédaigne pas pucerons, vers et chenilles. Tant mieux.

Larve de Staphylin noir / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans ses derniers stades, la larve du Staphylin noir lui ressemble déjà un peu, du moins dans sa partie avant, noire et luisante. Elle est, elle aussi, utile au jardin, dévorant vers, pucerons et chenilles.

En savoir plus :

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Staphylin noir avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza