La Cylindromyia bicolor

Cylindromyia bicolor sur inflorescence de Menthe des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Dans la série des mouches auxiliaires du jardin : la Cylindromyia bicolor, une tachinaire butineuse et parasite de la Punaise nébuleuse.

Elle n’a pas de nom populaire. Dommage. Elle l’aurait bien mérité. Son allure n’est en effet pas si banale. Et, surtout, sa présence est bien utile au potager ! 

Outre ses yeux rouge foncé, la Cylindromyia bicolor se distingue d’abord par son long abdomen. Cylindrique et légèrement arqué. Rouge et orné d’un triangle noir dans sa partie antérieure. Hérissé enfin d’épaisses soies noires : la marque de fabrique des mouches tachinaires.

Avec deux petits stabilisateurs bien visibles à la naissances des ailes fortement nervurées, c’est une butineuse assidue. Ici sur la Menthe aquatique qu’elle explore du haut de ses très longues pattes noires. Est-il besoin de préciser qu’elle ne pique pas et reste parfaitement inoffensive en toute circonstance ?

Sauf pour les punaises. Et plus particulièrement la Punaise nébuleuse (Rhaphigaster nebulisa) qu’elle cible pour installer sa progéniture. Certes, ladite punaise, piqueuse de légumes et suceuse de sève, n’est pas une calamité tant qu’elle reste en petit nombre. Mais c’est un peu grâce à la Cylindromyia bicolor que l’on doit sa régulation.

En savoir plus sur la Cylindromyia bicolor avec le site quelestcetanimal.com

Découvrir d’autres insectes auxiliaires du jardin

Cylindromyia bicolor sur inflorescence de Menthe des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Le Lixus poudreux

Lixus poudreux sur fleur de Dahlia / Un jardin dans le Marais poitevin.

Large silhouette fuselé, long rostre cyclindrique arqué : le Lixus poudreux présente une pruinosité jaunâtre sur fond noir.

Lixus poudreux sur fleur de dahlia / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 18 mm. Visible de mars à septembre.

La famille des charançons est extrêmement nombreuse. Et n’a pas vraiment bonne réputation. Celui-ci fait halte sur les fleurs de dahlia du jardin. Est-ce pour mieux cacher son jeu ? Il fait en effet penser au Lixus de la betterave. Mais la planche desdites betteraves est indemne. Ouf ! Plutôt le Lixus poudreux (Lixus pulverulentus) alors. Encore que l’examen n’en soit pas simple.

Car, s’il est bien pulvérulent, pubescence et pruine blanchâtres empêchent d’en bien voir la couleur des élytres. Brun, jaune et noir semblent s’y mêler. Du moins la silhouette est-elle sans équivoque. À la fois fuselée et trapue. Avec deux antennes coudées en forme de massue. Et, surtout, ce long rostre légèrement arqué. L’arme emblématique de la famille, déjà rencontrée ici avec le Charançon couronné.

Les pièces buccales sont à l’extrémité. C’est donc avec lui que la femelle perfore les tiges des plantes où elles installent ses larves. Pour le Lixus poudreux, c’est plutôt, entre autres plantes sauvages, la Mauve sylvestre. Mais aussi les fèves au jardin. Trop tard ! 

Son cousin, le Lixus juncii, alias le Charançon de la betterave, dans une prairie voisine.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Lixus poudreux avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Azuré commun

Mâle sur inflorescence de menthe sauvage.

Certains papillons ne font que passer au jardin. L’Azuré commun y tient une belle colonie depuis le début de l’été. Malgré la sécheresse.

Azuré commun, femelle / Un jardin dans le marais poitevin.Il était temps qu’il pleuve. Même le petit Azuré commun (Polyommatus icarus) commençait à s’impatienter. Il est vrai que le jardin, anesthésié par les canicules successives, grillé par le soleil et le vent, sans une goutte d’eau depuis des semaines, manquait singulièrement de nectar. Quel contraste avec le printemps où son cousin, l’Azuré des nerpruns, se délectait sur les pruneliers des haies !

Azuré commun, mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.Il est pourtant, en nombre, resté fidèle au potager. Des aromatiques aux gauras, des sauges farineuses aux ronces des haies, en passant surtout par les quelques sauvages résistant vaille que vaille dans les parties enherbées. Et d’abord son péché mignon, le trèfle.

Azuré commun, mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 36 mm. Visible de mars à octobre.

Lorsqu’il butine, les ailes repliées,
difficile de distinguer femelle et mâle.
Sinon pour ce denier par le bleu soutenu marquant l’abdomen et la naissance des ailes par ailleurs identiques d’un sexe l’autre. Fauves, constellées d’ocelles blancs pointés de noir et bordées d’une ligne de lunules orangées

Changement complet de décor quand l’un et l’autre ouvrent les ailes. Les lunules orangées sont toujours là chez la femelle mais sur un fond uniformément brun foncé. Elles ont disparu chez le mâle au profit d’une éblouissante marbrure bleue violacée soulignée d’une ligne extérieure noire.

Évidemment, deux jours de pluie n’effaceront pas des semaines de sécheresse comme par magie. Mais nous ne sommes que fin juillet. Le jardin devrait pouvoir reprendre vie. Pour peu que d’autres averses surviennent. L’Azuré commun devrait alors bientôt être récompensé de sa fidélité.

Au fil des saisons 

Dominante noire et suffusions bleutées pour Madame, ici sur la Luzerne lupuline.

Sur la Brunelle commune dans les allées du jardin.

Parmi les commensaux de la phacélie.

De larges suffusions bleues ici sur la livrée brune de la femelle.

Dos à dos sur le Trèfle blanc des allées du jardin.

Petite pause sur les rudbeckias.

Allez, on y croit ! Pourvu que les oeufs ne gèlent pas. Ensuite,  les chenilles de l’Azuré commun ne craindront plus rien. Elles sont programmées pour hiverner. Avec une émergence en mars.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Azuré commun avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza