Pourvu qu’elle soit seule !

Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Entre ses dégâts potentiels et le parasitisme de ses larves, la Cantharide officinale n’est pas forcément très sympathique. Mais tellement séduisante.

Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.Comment ne pas tomber sous le charme ? La Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) est d’abord un magnifique coléoptère. Entièrement vert métallique, avec des nuances bleutées ici et là, mais surtout cuivre et bronze sur les élytres.

Tant qu’elle est isolée, c’est un plaisir d’en admirer les reflets changeants Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.sous le soleil. Mais gare aux colonies ! Car la bestiole a bel appétit et, la loi du nombre aidant, les dégâts peuvent être rapides et considérables pour le feuillage des frênes, lilas, troènes et autres sureaux notamment.

Pas d’autre solution alors que le ramassage. En ayant le coeur bien accroché. La Cantharide officinale dégage en effet une odeur « de souris » pour le moins dissuasive pour se défendre. Mais aussi dans l’excitation collective d’un « grand banquet ». C’est un peu la signature olfactive de son forfait.

Ses larves ont un tout autre régime. Les oeufs étant pondus à proximité d’un terrier d’abeilles sauvages, elles y dévorent le couvain et les réserves de pollen. Décidément, heureusement qu’elle est belle. Mais pourvu qu’elle soit seule !

Et pourquoi officinale ? Elle était jadis collectée, séchée et réduite en poudre à des fins thérapeutiques. On lui prêtait notamment des vertus aphrodisiaques. Une petite pastille verte en quelque sorte.

Cantharide officinale (Lytta vesicatoria) / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

L’Orthétrum réticulé

Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum) / Un jardin dans le Marais poitevin.

La proximité de la Sèvre niortaise a du bon. Pas seulement pour l’arrosage. Madame Orthétrum réticulé vient ainsi régulièrement chasser au jardin.

Longueur maxi : 50 mm. Visible d’avril à septembre.

Comme toutes les libellules familières du potager, l’Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum) est un redoutable chasseur. À l’affût puis en vol. Qu’importe alors le poste d’observation. Dossier d’une chaise, tige de bambou, graminée, fleur ou légume…

Les ailes rabattues vers l’avant, la silhouette est parfaitement immobile. Ou presque. De petits mouvements secs de la tête trahissent en effet un perpétuel qui-vive.

Dans une dominante jaune assez vif l’abdomen est souligné de larges bandes latérales noires. Du moins pour Madame. Car celui de Monsieur, assez sombre, est recouvert d’une pruine bleutée.

Les ailes sont entièrement transparentes. Elles se distinguent par quelques nervures jaunes sur leur bordure avant.

Et quels yeux ! Deux gros haricots marrons et vert-olive. Rehaussée ici par la chaude lumière du soleil couchant, la face jaunâtre est sans équivoque : iI ne doit pas faire bon voler à proximité !

Orthétrum réticulé, femelle (Orthetrum cancellatum) / Un jardin dans le Marais poitevin.

L’Orthétrum réticulé mâle présente un abdomen sombre, plus ou moins recouvert d’une pruine bleue. Il apprécie les bains de soleil au niveau du sol.

Femelle en pause sur une tige de bourrache.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

Le Cuivré commun

Cuivré commun.

C’est évidemment l’orange rougeoyant qui retient l’attention chez le petit Cuivré commun, alias l’argus bronzé, grand amateur de soleil.

Cuivré commun.

Envergure maxi : 27 mm. Visible d’avril à octobre.

Il illumine le jardin jusqu’aux premières gelées. Trois générations de Cuivré commun  (Lycaena phlaeas) se succèdent en effet tout l’été et une partie de l’automne. Les petites chenilles de la dernière se camoufleront aux temps mauvais. Elles reprendront des forces au printemps sur les jeunes pousses d’oseille sauvage.

On l’appelle aussi parfois l’argus bronzé. Un cousin de l’Azuré commun donc. Aussi petit mais pas une once de bleu contrairement à la plupart des membres de la grande famille. Sinon quelques discrètes mouchetures, à peine perceptibles, souvent inexistantes, sur une livrée où dominent le brun et l’orangé mêlé de rouge. Bref le cuivre. Ce n’est plus du bronzage mais un coup de soleil !

Avec une discrète petite excroissance, il n’a certes pas de quoi rivaliser avec l’Azuré porte-queue. Mais c’est juste assez pour mettre en valeur la bordure orangée pointée de noir des ailes postérieures. Le revers est un peu plus neutre. Sauf à contre jour. Le fond brun clair est alors éclipsé par de lumineuses transparences rouge orangé. Quand on aime le soleil, autant jouer avec !

Au printemps

Cuivré commun.

Mi juin. Contre-jour avec la complicité du soleil levant.

Mi juin. Les ronces des haies sont particulièrement généreuses en cette fin de printemps !

Fin juin. La Crépide capillaire pour varier les plaisirs sucrés du printemps…

Fin avril . Sur les pâquerettes du jardin. Les mouchetures bleues se devinent à peine en marge des plages brunes des postérieures.

En été

Fin août. Dans une peupleraie proche du jardin, sur une inflorescence de Menthe des champs.

Début août. Sur la Pulicaire dysentérique à peine éclose.

En automne

Mi octobre. Tant qu’il y a un peu de soleil, jusqu’aux premières gelées… On perçoit bien ici les discrètes  « mouchetures » bleues des ailes postérieures.

Mi septembre. Sur la Menthe des champs.

Début septembre. L’Héliotrope d’Europe apprécie les fortes chaleurs. Elle a été servie cette année !

Fin septembre. Harmonie de circonstance pour saluer l’arrivée de l’automne.

Début octobre . Pas de mouchetures bleues mais des petites taches sombres sur la large plage brune des postérieures.

Début octobre. Tout poudré de pollen blanc sur le Cirse des champs.

Mi-octobre. De moins en moins de nectar au jardin. Heureusement, il y a les cosmos !

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Cuivré commun avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza