Le Lepture couleur d’or

Lepture couleur d'or, femelle, sur feuille desséchée de Sauge argentée.

Noir, larges bandes élytrales dorées : le Lepture à couleur d’or installe sa progéniture dans les vieilles souches de peuplier.

Lepture couleur d'or, femelle, sur feuille desséchée de Sauge argentée.

Taille maxi : 18 mm. Visible de juin à septembre.

Haut sur pattes, silhouette fuselée, longues antennes annelées : voilà un lepture assurément. Mais inconnu jusqu’alors au jardin. Un peu plus massif que ses cousins « fauve », « tacheté » et « porte-coeur ». En pause ici sur une feuille desséchée de Sauge argentée, il dépasse les 2 cm. Hors antennes bien entendu. 

Sa principale caractéristique tient à des bandes élytrales comme poudrées d’or sur fond noir. Du moins la femelle qui a inspiré le nom de l’espèce. Le Lepture couleur d’or (Leptura aurulenta). Parfois même le Lepture abeille. 

Le mâle s’en distingue par la taille (une quinzaine de mm), des antennes noires (rouge orangé chez la femelle) et des bandes élytrales rougeâtres.

Comme tous les leptures, c’est un tranquille amateur de pollen, parfaitement inoffensif, assez peu farouche mais qui vole bien et loin s’il est importuné. La femelle pond actuellement dans les anfractuosités des veilles souches de feuillus, notamment de peupliers. Où ses larves xylophages se régaleront de bois pourri.

Lepture couleur d'or, femelle, sur feuille desséchée de Sauge argentée.

Un ou une Lepture ? Les auteurs sont partagés. Mais si l’on s’en tient au Larousse, lepture est bien un nom masculin. Soit !

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Leptura aurulenta avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le casse-croûte de la Libellule fauve

Libellule fauve, mâle, dévorant une mouche verte.

Moins de cinq minutes pour dévorer une mouche verte ! Après un « raid » éclair, le casse-croûte de la Libellule fauve est vite englouti.

On ne le dira jamais assez. Rien de tel qu’un manche de bêche ou de fourche pour l’affût des libellules ! Un confortable poste d’observation sur lequel ce mâle de Libellule fauve (Libellula fulva) revient systématiquement se percher après chacun de ses « raids ». 

Une mouche verte, capturée en vol, en fait ici les frais. Et c’est naturellement sur le manche de la bêche que l’insatiable chasseur s’installe pour la déguster. La boulotter goulûment plutôt. Moins de cinq minutes ! Sans s’embarrasser des ailles et des pattes. Tout le reste y passe ! 

Face sombre, yeux gris bleu, thorax brun, abdomen poudré d’une pruine bleutée, notre morfal présente une tache sombre au niveau du quatrième segment. Là où la femelle pose ses pattes et estompe la pruine lors de l’accouplement.

Le casse-croute terminé, pas de sieste digestive ! Les « raids » reprennent de plus belle. Avec deux atouts redoutables : la fulgurance et des pattes armées de peignes pour mieux capturer et immobiliser les proies en plein vol.

Sitôt fini le casse-croûte de la Libellule fauve, la voilà déjà prête pour un nouveau « raid ».

Libellule fauve, mâle, à l'affût.

Souvenir d’un accouplement : le frottement des pattes de la femelle a estompé la pruine bleue au niveau du quatrième segment.

Immatures orange vif

Libellule fauve immature.

Orange vif : mâles et femelles immatures se ressemblent beaucoup. Monsieur vire progressivement au bleu. Le jaune de Madame va brunissant. Puis, en vieillissant, l’un et l’autre deviennent brunâtres.

Madame a perdu de sa superbe orange vif pour une livrée plus terne qui brunira encore au fil de l’été.

En savoir plus :

  • Dijkstra, Schröter et Lewington, 2007, Guide des libellules de France et d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Eric Prud’homme, 2009, in Libellules du Poitou-Charentes, Éd. Poitou-Charentes nature, Fontaine-le-Comte, pp 176-177.
  • La Libellule fauve avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza

 

La Mégachile des jardins

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Une abeille sauvage sur son 31 ! Le mâle de la Mégachile des jardins arbore tout à la fois « gants blancs » et coiffure iroquoise.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mai à août. Rouge orangé, la brosse de collecte de la femelle vire au noire sur les derniers segments de l’abdomen.

Des tarses avant nettement aplatis, laiteux, rehaussés d’une frange de soies blanches. Voilà qui évoque le mâle de la Mégachile poignets-laineux (Megachile lagopoda), familier des artichauts en fleurs chaque début d’été. Un proche cousin assurément. Mais Monsieur Mégachile des jardins  (Megachile willughbiella) est d’un moindre gabarit. Et, petite coquetterie, ses franges tarsales sont mâtinées d’orangé.

Abondante sur le thorax et la face, où elle varie du brun roux au gris fauve selon les individus, la fourrure se raréfie sur l’abdomen, limitée à de fines bandes grisâtres pour en rythmer les segments.

Sans fanfreluches aux tarses avant, la femelle se distingue surtout par sa brosse ventrale de collecte. Rouge orangé, celle-ci vire au noir sur la pointe et les côtés de l’abdomen. Coupeuse de feuilles, Madame récolte ainsi des « confettis » pour tapisser et aménager son nid creusé dans du bois mort. Cela dit, d’anciennes galeries d’insectes xylophages peuvent très bien convenir. 

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Et si, le moment venu, la femelle n’était pas insensible aux « gants blancs » du mâle ? Surtout si quelque phéromone vient les parfumer !

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Une fourrure frontale très fournie pour une allure « iroquoise » caractéristique.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Megachile willughbiella avec la galerie du site insecte.org
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza