Le Bourdon variable

Bourdon variable sur menthe en fleurs.

Du moins le nom annonce-t-il la couleur ! Ou plutôt « les » couleurs. Car le Bourdon variable peut présenter des livrées très différentes selon les individus.

Bourdon variable sur menthe en fleurs.

Taille maxi : 18 mm (reine). Visible d’avril à septembre.

On songe tout d’abord à l’Abeille charpentière. Mais le noir est moins profond et les ailes, sans reflet bleu métallique, sont simplement légèrement fumées. Voilà plutôt, presqu’aussi bruyant, le Bourdon variable dans sa forme la plus sombre (Bombus humilis tristis).

Bourdon variable sur menthe en fleurs.Car, comme son nom l’indique, sa pilosité varie d’un individu à l’autre. La forme la plus lumineuse – abdomen fauve et thorax roux – est très proche du Bourdon des champs. Mais le brun plus ou moins foncé domine généralement. Avec de multiples combinaisons possibles.

Ici la fourrure du thorax est marron très soutenu. Mâtinée de roux sous le soleil. Et les tergites noirs de l’abdomen sont bordés de poils bruns allant s’éclaircissant vers la pointe.

Le Bourdon variable ne creuse pas de galeries. Il aménage son nid à même le sol. Sous des touffes d’herbes par exemple. Il n’est pas rare de trouver des individus aux fourrures différentes dans une même nichée !

Bourdon variable sur menthe des champs en fleurs.

À première vue, il semble noir. Mais, à bien y regarder, si le brun très foncé domine, des nuances de roux apparaissent au thorax, de gris et de blanc sur l’abdomen.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza

Le Bourdon des champs

Bourdon des champs sur Pissenlit.

Premières sorties sucrées pour la future reine. Sa Majesté Bourdon des champs ouvre le bal des butineurs sur le romarin et les pissenlits du jardin.

Bourdon des champs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 18 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Nous sommes encore en hiver. Et alors ? Depuis quelques jours déjà, cet imposant Bourdon des champs (Bombus pascuorum) répond à l’appel du romarin au moindre rayon de soleil.

Les pattes cramponnées à la corolle, il plonge avec précision sa langue entre les lèvres blanc rosé de chaque fleur. L’affaire de quelques secondes. À la suivante ! Encore et encore… Il y en a des milliers. Suintantes de nectar sucré. La saison commence bien.

Silhouette robuste et pourpoint éclatant : il s’agit ici d’une reine. Fécondée l’automne dernier, calfeutrée depuis deux à trois mois, elle s’apprête à fonder « sa » colonie. Mais avant toute chose, il lui faut se requinquer ! Le romarin, les pissenlits, les chatons des saules notamment vont y pourvoir.

Thorax roux, abdomen gris fauve, sa progéniture émergera dans quelques semaines. Elle n’aura alors pas forcément la même prestance. Surtout les premières ouvrières. Parfois un peu riquiqui, il est vrai, mais déjà si bosseuses ! Et puis, au fil des renouvellements, le jardin pourra compter sur ces fidèles et solides auxiliaires, infatigables, par tous les temps ou presque. Jusqu’aux premières gelées de l’automne.

Printemps

Les pissenlits ont toute leur place dans les allées du jardin. Surtout en fin d’hiver pour revigorer les futures reines !

Parmi les indispensables « sauvageonnes » du jardin : le Lamier pourpre.

Le cassis-fleurs, un des premiers arbustes fleuris du jardin : incontournable dès la mi-mars pour les fondatrices de nouvelles colonies.

Mi avril. Les premières ouvrières du Bourdon des champs se distinguent par leur très petite taille. La colonie naissante devenant peu à peu moins précaire, les ouvrières suivantes seront progressivement plus costaudes.

Mi avril. Et voici les premières fleurs potagères, fèves, petits pois, et bientôt tomates…

… puis aubergines, courgettes, poivrons, piments et autres concombres et potimarrons !

… et là les généreux épis de la Brunelle commune dans les allées du jardin.

Été 

Dans une prairie humide voisine du jardin, l’exploration des « clochettes » de la Consoude officinale.

Sans oublier bien-sûr les planches et les bordures fleuries, avec une préférence pour les sauges.

Le Bourdons des champs est-il sensible au graphisme des fleurs de Cléome ? Du moins est-il friand de leur nectar !

Les fleurs d’oeillet d’Inde sur la planche des tomates.

Quand sécheresse et canicule tarissent les sources de nectar, on peut toujours compter sur les inflorescences de Sedum spectabile.

Avec les fleurs de fuchsia, le butinage devient acrobatique !

Automne

Mais vivent aussi les fleurs sauvages ! Ici la Linaire commune en bordure du halage…

Enfin, si les colonies périclitent en octobre, les mâles récemment émergés, comme les futures reines, prennent des forces ici sur la phacélie. Ces messieurs mourront quelques temps après l’accouplement. Et les jeunes femelles se prépareront à hiverner.

Fin octobre. Plus de petites ouvrières au jardin ! Les futures reines prennent des forces avant de chercher un abri pour l’hiver.

Début novembre. Les derniers butineurs peuvent toujours compter sur le généreux romarin !

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon des champs avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

Le Bourdon des pierres

Bourdon des pierres sur fleurs de sarriette.

À défaut de murs, le Bourdon des pierres loge sous terre au jardin. Noir, la pointe de l’abdomen rousse, c’est un excellent pollinisateur.

Bourdon des pierres sur fleurs de sarriette.

Taille maxi : 22 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Aussi massif que le Bourdon terrestre. Mais sans confusion possible ! L’épaisse fourrure noire du Bourdon des pierres (Bombus lapidarius) ne présente ni collier (sauf le mâle) ni ceinture jaune. Et, surtout, les deux derniers segments abdominaux hésitent entre rouge et orangé. D’où l’un de ses noms vernaculaires. Le cul roux.

Bourdoin des pierres à l'entrée de son terrier.Pas de murs maçonnés au mortier de terre, ni de tas de pierres où aménager un nid dans ce coin de marais. Qu’à cela ne tienne ! Un terrier de mulot abandonné fera très bien l’affaire. Au printemps, inlassablement, les femelles prospectent ainsi le jardin en quête de quelque discrète anfractuosité.

Une fois installée, la future reine est très active au jardin. Elle passe alors assez vite le relais à ses filles – ouvrières asexuées – pour entretenir et approvisionner le couvain naissant. Voilà d’excellents pollinisateurs. Nullement agressifs. Jusqu’en automne.

Le Bourdon des pierres au fil des saisons

Dès la fin février, les pissenlits sont les bienvenus au jardin pour accueillir les futures reines au sortir de leur hibernation.

Au début du printemps, inlassablement, la femelle prospecte l’herbe encore rase du jardin, à la recherche d’une crevasse ou d’un trou de rongeur pour installer sa future colonie.

Au lancement de la colonie, la jeune femelle est au four et au moulin. Aménager le nid, pondre, collecter nectar et pollen pour nourrir sa progéniture. Bientôt ses premiers rejetons vont pouvoir l’aider!

Tout le printemps et au début de l’été, la reine ne produit que des ouvrières asexuées qui lui ressemblent trait pour trait. Bien qu’un peu plus petites. Puis, lorsque la colonie parvient à son apogée, fin juillet-début août, il est  temps de passer le relais. Naissent alors mâles et femelles qui ne tardent pas à s’accoupler.

Cul roux et collier jaune : les mâles apparaissent en été déjà bien sonné. Pour quelques semaines seulement. Ils disparaissent en automne, avec les dernières ouvrières asexuées et la matriarche. Seules les jeunes femelles fécondées passent l’hiver : les futures reines du prochain printemps !

Gare aux parasites ! 

Psithyre des rochers

Le Psithyre des rochers ressemble un peu à sa cible, quoique sa robe soit moins contrastée.

Volucelle bourdon dans sa forme "Bourdon des pierres".

La Volucelle bourdon n’est jamais très loin. Mimétisme aidant, cette grosse mouche au « cul roux » n’hésite pas à pénétrer dans le terrier du Bourdon des pierres pour installer sa progéniture. Il existe une forme au « cul blanc » qui parasite plutôt le Bourdon terrestre.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon des pierres avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza