Fourmis et pucerons

Fourmis et pucerons, comme le berger et son troupeau / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le tandem infernal du printemps. Fourmis et pucerons renouvellent leur étrange alliance sur les pieds de fèves en fleurs.

Fourmis et pucerons, une protection intéressée / Un jardin dans le Marais poitevin.Bien-sûr, on peut compter sur les larves de Syrphes et de Coccinelles. Elles sont efficaces lorsqu’elles interviennent très tôt sur les colonies naissantes de pucerons. Mais quand les fourmis s’en mêlent, avec l’avantage du nombre et de l’organisation, il est souvent trop tard.

C’est le cas ce matin sur un pied de fèves. Un grand classique. Des centaines de pucerons noirs. La prolifération va bon train. Pas de prédateurs à l’horizon. Et pour cause ! Une dizaine de fourmis veillent au grain. Elles vont et viennent. Comme autant de bergers qui rassemblent et protègent le troupeau.

Une protection intéressée à vrai dire. Car, en retour, les fourmis attendent du miellat, cette excrétion sucrée que les pucerons produisent à foison après avoir sucé la sève des fèves. Alors, quand le troupeau est bien en mains, reste à le traire. Inlassablement. Quelques tapotements d’antennes bien placés et il n’y a qu’à se servir…

Il est temps de stopper ce jeu de maîtres à esclaves qui aurait tôt fait d’envahir tout le pied puis, de proche en proche, la planche de fèves. Aujourd’hui, seul un rameau est infesté. Il suffit de le sacrifier et de le brûler. Pour le reste, vigilance, vigilance !

Fourmis et pucerons, le troupeau est bien en main, il n'y a plus que le "traire" / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quelques prédateurs :

La Malachie à deux taches apprécie le pollen autant que les petits insectes de rencontre, dont les pucerons.

Téléphore fauve sur feuille de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Téléphore fauve est parfois envahissant au jardin. Tant mieux. Comme ses larves, il est friand de pucerons.

Larve de coccinelle asiatique et pucerons / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sa réputation n’est plus à faire : la larve de coccinelle a bel appétit !

Chrysope commune (Chrysopa perla).

La Chrysope commune n’a pas usurpé son surnom : le Lion des pucerons !

L'artichaut et le syrphe : ponte.

Syrphe ceinturé en ponte sur une tête d’artichaut. Ses larves sont grandes consommatrices de pucerons.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

L’Orpin de Palmer

Orpin de Palmer / Un jardin dans le Marais poitevin.

C’est peu dire qu’il est peu exigeant. Subtil feuillage et éclatante floraison : l’Orpin de Palmer n’en est pas moins généreux.

Orpin de Palmner / Un jardin dans le Marais poitevin.Coup de chapeau au voisin ! A vrai dire, il n’est pas vraiment jardinier. Raison de plus. Il a fait le bon choix avec cette potée d’Orpin de Palmer. Un peu livrée à elle-même sur un muret, elle s’est simplement nourrie de soleil et de l’eau du ciel depuis l’été dernier.

Elle n’a été privée ni de l’un ni de l’autre ces derniers mois. Certes, elle semblait un peu mal en point fin septembre au sortir de la canicule. Mais ce drôle d’hiver lui a réussi. D’abord avec la multiplication de rosettes bien charnues, vert tendre, pointées de rose et de rouge. Un superbe effet à elles seules !

Depuis quelques jours, la potée s’enrichit d’une lumineuse floraison. Pétales, longues étamines, stigmates, le tout d’un jaune intense. Le feu d’artifice ne dure hélas pas très longtemps. Une à deux semaines seulement. Mais quel spectacle !

Cousin de l’Orpin blanc qui envahit les toitures des cabanons près de la maison, l’Orpin de Palmer est tout aussi somptueux que facile à vivre. Foi de voisin.

Orpin de Palmer / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos JF Irastorza

 

Nébuleuse ou diabolique ?

Punaise nébuleuse / Une jardin dans le Marais poitevin.

Des petits « carrés » blanchâtre en marge pour la nébuleuse. qui doit notamment son nom aux semi de points sombres de ses membranes alaires. Base des trois derniers articles des antennes marquée de blanc.

Au pied d’une haie, première sortie printanière pour la Punaise nébuleuse. Mais est-ce vraiment bien elle ?

Taille maxi : 17 mm. Visible toute l’année. Des petits « triangles » blancs en marge pour la diabolique.

Haute sur pattes dans la végétation basse, cette punaise semble familière. Quoique. Alors, Punaise nébuleuse (Rhaphigaster nébulisa) ou Punaise Diabolique (Halyamorpha halys) ?

Punaise nébuleuse, épine ventrale / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 17 mm. Visible toute l’année. Une longue épine ventrale pour la Nébuleuse.

Grisâtres tachées de blanc crème tirant souvent sur le jaune, les deux se ressemblent à s’y méprendre.
Quelques détails retiennent cependant l’attention.

Trois zones claires et non deux sur les antennes. Des taches blanchâtres plutôt « carrées » et non triangulaires sur la bordure de l’abdomen. Une membrane arrière constellée de petits points noirs. Et surtout une longue épine ventrale dont la diabolique est dépourvue. C’est bien la Punaise nébuleuse !

L’une et l’autre ont mauvaise réputation. Piqueuses-suceuses, elles se nourrissent de la sève des végétaux. Légumes compris. Mais aussi les fruits pour la diabolique. Faut-il sonner le tocsin pour autant ? Comme pour la plupart des punaises, tout est question de mesure. Tant que ce petit monde reste principalement cantonné dans les haies…

Début avril. Nébuleuse sur fleur de pommier.

Mi janvier. La diabolique s’est réfugiée dans la maison où elle vient d’enfoncer son rostre sur le pétiole d’une plante verte !

Des anneaux clairs à la  jonction des deux  derniers segments des antennes pour la diabolique.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Punaise nébuleuse avec le site quelestcetanimal.com
  • La Punaise diabolique avec le site quelestcetanimal.com
  • La punaise diabolique avec le site myrmecofourmis.fr

Photos JF Irastorza