Criquets et sauterelles du jardin

Loin des malédictions bibliques, criquets et sauterelles, herbivores ou carnassières, ne causent guère de dommages au jardin.

Discrets, criquets et sauterelles du jardin se tiennent le plus souvent dans la végétation basse et s’égaillent devant vous quand vous marchez dans les allées. Souvent, vous ne les aviez même pas vus. Surtout si, comme l’Oedipode turquoise, mimétisme aidant, ils se fondent dans le décor.

Le criquet est exclusivement herbivore. La sauterelle est généralement omnivore, parfois carnassière. Ainsi la Grande sauterelle verte, plutôt voyante lorsqu’elle chasse au coeur d’une rose !

La principale différence entre criquets et sauterelles, et qui saute aux yeux, c’est la longueur des antennes : courtes et épaisses chez le criquet, fine et très longues chez la sauterelle.

Parmi les points communs entre criquets et sauterelles, le souvent très long oviscapte grâce auquel elle incise la végétation pour y déposer des oeufs.

Les criquets

L’Oedipode turquoise ne vole jamais très loin. Juste assez pour que le brusqu’éclat de ses ailes surprenne l’importun. Mais où est-il passé ?

Souvent empourprée, Madame Criquet ensanglanté est imperturbable, au soleil,  sur l’exubérante végétation de ce coin de marais.

Le Criquet des roseaux et son « trait de khôl » sous le couvert herbacé des bords de fossés et des prairies humides.

Pointe abdominale rouge orangé sur une dominante sombre pour le Criquet noir ébène. Dos café au lait pour le mâle, vert clair pour la femelle.

Rencontre avec le sudiste et solide Criquet égyptien à l’occasion d’une virée au Pays basque. Solitaire et nullement ravageur.

Les sauterelles

Carnassière, la Grande sauterelle verte est la bienvenue au potager comme sur les platebandes fleuries…

Il grignote quelques fleurs. Rien de bien méchant. Le Conocéphale bigarré participe surtout à la limitation des petits insectes ravageurs du jardin.

Les ailes atrophiées de la Decticelle bariolée ne lui permettent pas de voler. Mais, au moindre danger, elle saute vite et loin !

Brun grisâtre, la Decticelle cendrée est familière des haies et des broussailles. Son territoire de chasse privilégié.

Impressionnantes antennes ! La Leptophyie ponctuée apprécie le trèfle des allées du jardin. Et les platebandes fleuries.

Sans oublier le Grillon !

Grillon, nettoyage de l'entrée du terrier / Un jardin dans le Marais Poitevin.

Le Grillon champêtre aménage et entretient son terrier comme ses abords avec beaucoup de soin.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.

Photos JF Irastorza

 

La Punaise diabolique

Une suite de petits triangles blancs à la marge quand les taches sont plutôt « carrées » pour sa cousine nébuleuse.

Son nom sonne comme une malédiction. La Punaise diabolique ! Au potager, mieux vaut se garder du surnombre…

Taille maxi : 17 mm. Visible toute l’année.

À l’approche de l’hiver, la Punaise diabolique (Halyomorpha halys) n’hésite pas à se rapprocher des maisons pour y passer la mauvaise saison au chaud. La presse, imperturbablement, s’en fait alors l’écho. Comme un des marronniers de l’automne. Mais c’est son comportement au potager et au verger que la piqueuse-suceuse dont sur qualificatif !

Les dégâts ne sont toutefois vraiment dommageables qu’en cas d’attaques massives. C’est rarement le cas dans les jardins « ordinaires ».

La Punaise diabolique se distingue notamment de sa cousine la Punaise nébuleuse (Raphigaster nebulisa) par les petits triangles blancs de sa marge. Les marques sont ainsi plutôt « carrées » chez la nébuleuse qui, surtout, présente une longue épine ventrale, absente chez la diabolique.

Entrée sans crier gare à l’approche de l’hiver, la diabolique a planté son rostre dans le pétiole d’une plante d’intérieur.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Punaise diabolique avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Capside de la pomme de terre

Capside de la pomme de terre.

Taille maxi : 8 mm. Visible de mai à octobre.

Vert clair avec deux points noirs à l’avant du thorax : la Capside de la pomme de terre fréquente aussi les platebandes fleuries.

Avec un nom pareil, on s’attend à un ravageur spécialisé. Mais la Capside de la pomme de terre (Closterotomus norwegicus) est loin d’être exclusive. Elle apprécie certes le feuillage printanier de vos tubercules préférés mais on la rencontre aussi dans les allées du jardin (trèfles), au bord des chemins (orties) et sur les platebandes fleuries (ici avec la Sauge des bois).

Généralement d’un lumineux vert clair, la livrée peut virer au beige voir au brun. Fumée, la pointe membraneuse des ailes présente des lignes blanches bien contrastées.

Un cousin. Lygus sp. et son petit triangle blanc à l’arrière du thorax. de couleur variable, souvent brun marbré, il a un régime très éclectique.

Un autre cousin, la Miride rouge. Une fois n’est pas coutume, c’est une carnassière toujours en chasse de petits insectes.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Capside de la pomme de terre avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza