La Piéride de la rave

Piéride de la rave sur menthe aquatique.

D’avril jusqu’aux premières gelées automnales, la Piéride de la rave est omniprésente au jardin. Ses chenilles vertes aussi !

Mi octobre 2022. Il n’est jamais trop tard ! Parade nuptiale parmi les cirses des champs. La tache noire, à la pointe des ailes antérieures, est plus diffuse que celle de la Piéride du chou où elle prend la forme caractéristique d’une faucille.

Un papillon blanc taché de noir. On songe évidemment à la Piéride du chou. Non. Trop petit. Et puis la tache noire en pointe des ailes antérieures ne dessine pas une faucille bien franche. 

La Piéride du navet alors ? Pas davantage. Certes, le revers de ailes postérieures est pastellé de jaune mais les suffusions noirâtres sont nettement moins marquées. Surtout sur les nervures.

Reste la Piéride de la rave (Pieris rapae), familière comme ses cousines des prairies alentours comme du jardin. D’avril jusqu’aux premières gelées automnales. Avec un penchant pour les crucifères sauvages comme cultivées.

Pas étonnant donc de trouver ses chenilles, ici sur les feuilles de la Moutarde blanche, là sur celles des brocolis. Des chenilles finement velues, vert clair, marquées à maturité d’une ligne dorsale et de petits points latéraux jaunes. Moins faciles à déceler que celles de la Piéride du chou, elles sont hélas tout aussi voraces.

Juin 2023. Sur un épi de Salicaire.

Mi-octobre 2021. Des taches plus grisâtres que noire à la pointe des antérieures. Les écailles grises du revers des postérieures sont diffuses, plus prononcées dans les générations estivales et automnales comme ici.

Petite chenille verte sur une feuille de Moutarde blanche. Immature, elle n’arbore pas encore son discret décor jaune…

Sur une feuille de brocolis : fine ligne jaune dessus, discret alignement de tirets du même jaune sur les côtés.

Chenille de la Piéride.

La chenille de la Piéride du chou est plus voyante au potager.

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Photos JF Irastorza

 

Le Petit nacré

Petit nacré sur Pulicaire dysentérique.

Un papillon de taille moyenne. Le Petit nacré. Orange vif, constellé de petites taches rondes, noires et brun foncé.

Petit nacré sur Pulicaire dysentérique.Dans la série des papillons orange familiers du jardin, voici le Petit nacré (Issoria lathonia) dans sa génération automnale. Ici pas de réseau de taches plus ou moins carrées comme avec le Tircis, le Satyre ou le Grand damier. Pas de lignes sinueuses comme chez la mégère. Et pas de larges aplats contrastés non plus comme sur la Belle dame. 

Plutôt une abondante moucheture brun foncé à l’image de Robert le diable… La régularité en plus, dans la taille des petites taches rondes comme dans leur alignement.

Hélas, au bain de soleil comme au butinage, celui-ci ne referme pas les ailes. Impossible donc d’en apercevoir le revers et ses taches nacrées emblématiques. Lors d’une prochaine rencontre peut-être…

En attendant, il reste un bon mois à cette ultime génération de l’année pour passer le relais. Ce sont en effet ses chenilles qui, sous forme de chrysalides, passeront l’hiver, accrochées à une tige de leur plante hôte, notamment la Violette sauvage et le Sainfoin. Voire la Bourrache.

Petit nacré sur végétation basse au pied d'une haie.

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Photos JF Irastorza

 

Le Satyre du marais !

Le Satyre sur Menthe des champs.

Deux noms, une même espèce de papillon. Et voilà le Satyre ! Le mâle de la Mégère. Alors, comment les distinguer ?

Le Satyre sur Menthe des champs.Réputé apprécier les pelouses rocailleuses et sèches, voici le Satyre (Lasiommata megera) pourtant à son aise sur une prairie humide du marais. Comme la Mégère, la femelle de l’espèce, il y butine notamment la menthe aquatique. Un grand classique de la fin d’été !

Comment distinguer la Mégère et le Satyre ? D’abord par le comportement. Elle butine longuement, lui plus furtivement, trop occupé à défendre son territoire et à y rechercher l’âme soeur. Cela dit, comme Madame, Monsieur se laisse aller, parfois, à un bain de soleil. Entre deux patrouilles.

Sinon, côté décor, le Satyre présente, sur fond orange, une bande épaisse, brun foncé, oblique, irrégulière, qui barre fortement les ailes antérieures dont le jeu de marqueterie est davantage appuyé. Le reste est assez semblable, y compris au revers. 

S’il passe parfois au jardin, il ne s’y laisse guère approcher. À vrai dire, il préfère le fouillis des prairies. Là où il est né, parmi fétuques, paturins, dactyles et autres herbes folles. Surtout, en cette saison, lorsque menthe et pulicaire s’y mêlent.

Le Satyre sur Menthe des champs.

Sur un jeu de marqueterie nettement accentué, une bande brune épaisse barre les antérieures.

Celui-ci a les ailes quelque peu fatiguées. Peut-être un individu de seconde génération en bout de course (avril/juillet, juillet/septembre, septembre/novembre). La génération suivante ira jusqu’au bout de l’automne. Si le temps le permet.

Mi avril 2022. La génération printanière vient d’émerger. En pause ici au bord d’un chemin.

La lumineuse Mégère, avec un jeu de marqueterie à peine esquissé, parcouru de lignes sinueuses évoquant la coiffure serpentine de la terrible déesse grecque.

Le revers des ailes est assez comparable d’un sexe l’autre, notamment l’élégante « broderie » aux postérieures.

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Photos JF Irastorza