L’Héliotrope d’Europe

Héliotrope d'Europe et Azuré commun.

La sauvageonne n’a pas souffert des canicules. Bien au contraire. L’Héliotrope d’Europe a envahi les planches suffocantes du jardin.

Héliotrope d'Europe et Cuivré commun.Triste été au jardin. La première canicule, en juin, a anesthésié semis et plantations. Avec la seconde, en juillet, tout a grillé ou presque. Et la troisième en août a parachevé le massacre. De sorte que même le liseron n’a guère pointé le bout de son nez ! Bref, sur des planches quasi nues, écrasées de chaleur, les conditions étaient idéales pour l’Héliotrope d’Europe (Heliotropium europaeum), alias l’Herbe de Saint-Fiacre ou l’Herbe aux verrues.

Face à cette invasion inattendue, mieux valait faire contre mauvaise fortune bon coeur. Après tout, avec les picrides notamment, il y avait là une des rares sources estivales de nectar pour les butineurs du jardin. Des petites fleurs par milliers, à cinq lobes blancs, comme une couronne autour de l’entrée jaune-vert du tube nectarifère. Une aubaine pour les papillons, particulièrement les petits Azurés et Cuivrés.

Si l’Héliotrope apprécie les fortes chaleurs, les premières pluies lui conviennent assurément aussi ! N’empêche, dans un jardin qui se requinque progressivement, il va falloir trouver une autre solution pour habiller les planches avant l’hiver. Il n’est pas trop tard pour semer l’engrais vert.

Héliotrope d'Europe et Cuivré fuligineux.

Comme l’Azuré commun (photo du haut) et le Cuivré commun (photo de droite), Madame Cuivré fuligineux compte parmi les commensaux de l’Héliotrope.

Les épis floraux de l’Héliotrope d’Europe ont la forme de crosses qui se déroulent et se dressent au fur et à mesure de leur développement. Un peu à la manière du Myosotis des champs. Et les petites fleurs s’épanouissent sur le seul bord supérieur de la tige.

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La Lycope d’Europe

Lycope d'Europe.

Peu spectaculaire. Et alors ? La Lycope d’Europe est actuellement en pleine floraison dans le marais. Les butineurs apprécient.

La Lycope d'Europe.Elle ne paye pas de mine, dans les prairies humides du marais, aux côtés de la Pulicaire dysentérique et de la menthe aquatique. Sans l’éclat doré de la première ni le frais parfum de la seconde ! La Lycode d’Europe (Lycopus europaeus), alias le Chanvre d’eau ou la Patte-de-loup, évoque l’ortie avec ses feuilles lancéolées et profondément dentées. Mais pas de poils urticants ici. Ni la moindre odeur.

La Lycope d'Europe.Les butineurs n’en sont pas moins friands de leurs minuscules fleurs. De délicates corolles blanches regroupées en petites couronnes autour de la solide hampe. À l’aisselle des feuilles. Quatre lobes ponctués de pourpre y introduisent le tube nectarifère. Deux étamines porteuses de pollen en émergent, encadrant un épais style bifide.

La Lycope d'Europe.Parmi les commensaux de la Lycope, guêpes et bourdons mais surtout des mouches. On y retrouve ainsi le Syrphe ceinturé et le petit Gymnosome dont l’abdomen arrondi, rouge-orangé, évoque la coccinelle. Et bien d’autres dont la Mouche automnale qui délaisse un temps les bovins et leurs bouses pour un peu de douceur plus sucrée.

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L’Eupatoire à feuilles de chanvre

Eupatoire à feuilles de chanvre et Amaryllis.

Spectaculaire sur les prairies humides comme au bord des fossés, l’Eupatoire à feuilles de chanvre réjouit les butineurs en cette fin d’été.

Exit déjà les grandes ombellifères mais aussi les cardères, les bardanes, les épiaires et les reines des prés. L’été caniculaire a eu raison des hautes mellifères du marais. Quelques-unes cependant font de la résistance. Salicaires, pulicaires et bidents illuminent toujours les berges des fossés. Et, avec elles, l’Eupatoire à feuilles de chanvre (Eupatorium cannabinum), autrement appelée du joli nom de Chanvrine. Il est vrai que la belle a l’habitude de fleurir en fin d’été. Jusqu’en automne.

Ses inflorescences échevelées ne ressemblent à aucune autre. Voilà des bouquets à dominante vieux rose. Avec des dizaines de petites fleurs tubulaires d’où émergent de longs et fins styles blancs. Les papillons en raffolent. Abeilles, bourdons, guêpes également. Et même les coléoptères !

Quand aux fameuses feuilles de chanvre, la comparaison vient en effet à l’esprit, avec trois à cinq foliotes lancéolés et dentés. Mais si la Chanvrine compte parmi les plantes médicinales du marais, pas de fumette en perspective. C’est en décoction ou infusion surtout (feuilles et racines) que la tradition lui accorde quelque vertu pour remédier notamment à certains troubles hépatiques.

Au bord des fossés, la solide silhouette rameuse étage ses feuilles caractéristiques et ses inflorescences vieux rose.

Eupatoire à feuilles de chanvre et Vulcain.

On l’appelle parfois l’Herbe aux papillons ! Ici avec le Vulcain.

Eupatoire à feuilles de chanvre et abeille domestique.

En cette saison, les sources de nectar sont devenues rares. Les abeilles domestiques ne sauraient les manquer !

Eupatoire à feuilles de chanvre et Scolie hirsute.

La Scolie hirsute et ses deux bandes jaunes. Une guêpe aussi impressionnante qu’inoffensive.

La Cétoine dorée n’aime rien tant que de « brouter » les inflorescences d’eupatoire.

Le Bourdon terrestre, un visiteur assidu de l’Eupatoire, malgré sa langue plutôt courte.

Une allure de bourdon mais c’est bien une mouche. La plus grosse qui soit. La Tachinaire corpulente. La face et la naissance des ailes jaune-orangé sur une dominante noire hérissée de soies épaisses.

Telle est prise qui croyait prendre ! La Pélopée maçonne vient de capturer et de piquer l’araignée crabe, à l’affût sur une inflorescence. Anesthésié, le Thomise variable ira compléter le garde-manger préparé par l’élégante guêpe pour sa progéniture.

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