La Cétoine à tarière

Cétoine à tarière sur inflorescence de scabieuse.

Les adultes noirs et gris de la Cétoine à tarière sont floricoles. La femelle perce l’écorce des arbres pourrissants pour y pondre.

Cétoine à tarière sur inflorescence de scabieuse.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à juillet.

Plus petite encore que le Drap mortuaire, la Cétoine à tarière, alias la cétoine punaise (Valgus hemisterus) présente une livrée tout aussi tristounette. La dominante est noire, à peine rehaussée par les stries profondes des élytres et quelques taches informes grisâtres.

Un peu comme chez la Trichie des rosiers, les courts élytres ne couvrent pas l’ensemble de l’abdomen. Les deux derniers segments en débordent, pourvus d’une toison grise, fine et serrée. Il s’agit ici d’un mâle. La femelle s’en distingue en effet en arborant une puissante tarière à la pointe abdominale.

Organe de ponte, ladite tarière injecte les oeufs dans les bois plus ou moins pourris. C’est là que vont se développer les larves. Un petit coléoptère bien utile donc qui contribue notamment à la décomposition des vieilles souches d’arbres morts. On pardonnera dès lors aux adultes de brouter les fleurs au lieu de les butiner. D’autant que les dégâts sont minimes. Sauf rare invasion. Il suffit alors de les collecter.

Cétoine à tarière sur inflorescence de scabieuse.

Au pied d’une haie. La petite Cétoine à tarière en visite sur une fleur rose vif du Géranium découpé.

Sur les grandes inflorescences de la rhubarbe.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Cétoine à tarière, alias la cétoine punaise, avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Orchis incarnat

Petites fleurs de l'Orchis incarnat : labelle légèrement trilobé, réseau de petits points pourpres / un jardin dans le Marais poitevin.

De superbes petites fleurs roses ponctuées de pourpre, un élégant feuillage : l’Orchis incarnat est aussi ravissant que de plus en plus rare.

Orchis incarnat : feuillage dressé jusqu'à l'inflorescence / Un jardin dans le Marais poitevin.C’est, avec l’Orphrys abeille et l’Orchis pyramidal, l’une des premières orchidées sauvages du printemps. Avec une belle vivacité, l’Orchis incarnat élance ici sa solide et haute tige dans une peupleraie proche du jardin.

Le foisonnement herbeux alentour semble lui céder la place avec respect. Il est vrai qu’il en impose. Ses longues feuilles vert clair, engainantes, élégamment dressées, s’élèvent jusqu’à saluer l’inflorescence. De petites fleurs roses s’y pressent en un épi cylindrique dense d’où émergent les ergots verdâtres des bractées.

Légèrement trilobée, la piste d’atterrissage des pollinisateurs est sans équivoque. Rassemblés en une longue boucle sinueuse, un réseau de petits points pourpres y tient lieu de guide. Il conduit vers l’entrée de l’éperon que protègent deux pétales réunis en forme de casque. Sauf que ledit éperon ne produit pas de nectar ! Encore une supercherie dont les orchidées sauvages ont le secret.

Familier des prairies humides, l’Orchis incarnat tend, comme elles, à se raréfier. Il reste relativement commun dans le Marais poitevin où, à quelques semaines d’intervalle, sa robuste hampe succède à celle plus gracile de la Fritillaire pintade.

Orchis incarnat : l'entrée de l'éperon nectarifère est protégé par deux pétales réunis en forme de casque / un jardin dans le Marais poitevin.

L’Orchis incarnat avec le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN)

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, J-C Guérin, J-M Mathé, André Merlet et Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • L’Orchis incarnat avec le site orchisauvage.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Ronce bleue

Pas vraiment une gourmandise. Sauf pour les insectes amateurs de pollen qui, en ce milieu de printemps, ne manquent pas le rendez-vous de la Ronce bleue.

Elle n’a pas l’énergie et l’audace de sa cousine des haies. La Ronce bleue (Rubus caesius) rampe et drageonne dans les peupleraies plus ou moins bien entretenues, au bord des fossés et des fourrés humides… Ses tiges dressées, hérissées d’aiguillons plus que de véritables épines, ne s’élèvent jamais bien haut.

Juste assez pour porter leurs grappes de petites fleurs blanches au dessus de la verte mêlée du feuillage. Abeilles sauvages et bourdons apprécient cette généreuse floraison. Particulièrement le foisonnement échevelé d’étamines, promesse d’une abondante récolte de pollen. Les coléoptères ne sont pas en reste. Du moins ceux qui, comme l’Oedémère noble et le Lepture tacheté, se régalent d’anthères aussi facilement accessibles.

Plus modeste que celle de la ronce commune, la fructification est également moins gourmande. Recouvertes d’une pruine bleutée, les drupes sont surtout plus acides. À portée de « marquage de territoire », elles appellent enfin quelque prudence. Mieux vaut les laver abondamment et s’abstenir d’un grappillage sur place !

Source : 

Livrée vert-métallique, élytres en queue-de-pie : l’Oedémère noble broute les étamines de la Ronce bleue. Un mâle ici, avec le renflement caractéristique de ses fémurs arrière.

Un autre coléoptère brouteur de pollen : le Lepture tacheté dont les larves participent à la décomposition des bois morts.