Mâle et femelle de l’Abeille charpentière

Sauriez-vous différentier mâle et femelle de l’Abeille charpentière ? Rien de plus simple : il suffit de regarder leurs antennes !

Taille maxi : 28 mm. Visible de février-mars à octobre-novembre. Pas d’anneaux d’or : ici une femelle.

Apanage du mâle. Un double anneau d’or près de l’extrémité des antennes. Plus précisément sur leurs articles 11 et 12 teintés de jaune orangé.

Sur le terrain, cette distinction entre mâle et femelle de l’Abeille charpentière (Xylocopas violacea) est assez facile à observer.

Sinon, l’allure générale est la même. Celle d’une solide abeille sauvage, noire et sonore, finement velue, évoquant un bourdon. Fumées, les ailes des deux sexes présentent des reflets bleu violacé caractéristiques selon l’angle d’observation. Impressionnante mais nullement agressive. La femelle peut certes piquer mais uniquement si on essaie de la manipuler.

Peu de temps après l’émergence printanière, l’accouplement est un rien attendrissant. Après un brusque « abordage », le mâle vient ainsi frotter ses anneaux d’or contre les antennes de sa partenaire avant d’entrer dans une surprenante transe copulatoire.

La femelle creuse alors son nid dans le bois mort (mais non pourri) d’une branche ou d’un tronc, parfois d’une poutre ou d’un vieux volet. Elle y aménage une quinzaine de loges avec de la sciure mêlée à de la salive. Un oeuf et une ration de pollen par loge : la génération sexuée nouvelle émergera en fin d’été. C’est elle qui passera l’hiver pour ne s’accoupler qu’au printemps suivant.

Mâle sur une fleur d’acanthe.

Mâle en été sur le Lupin arbustif en fleurs.

Femelle en été sur un panicule de Gattilier.

Femelle en été à l’approche d’une corolle de penstémon.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • L’Abeille charpentière avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Madame et Monsieur Azuré des nerpruns

Non, toutes les femelles « azurées » ne sont pas brunes ! Madame et Monsieur Azuré des nerpruns s’illuminent d’un même bleu violacé.

Envergure maxi : 31 mm. Visible de fin-février à mi-septembre, en deux générations.

Le dimorphisme sexuel est souvent très marqué chez les « p’tits bleus » du jardin. En fait, plus ou moins lumineux, le bleu est généralement l’apanage des mâles. Et c’est plutôt une dominante brune qui s’invite chez les femelles. Sauf chez Madame et Monsieur Azuré des nerpruns. Les deux sexes arborent ainsi des nuances de bleu assez proches aux reflets violacées.

Ils ne sont pas pour autant rigoureusement identiques. Madame présente ainsi une large bande noire à l’apex des antérieures et une ligne de pointillés noirs en marge externe des postérieures. Monsieur en est dépourvu. Il se contente d’un fin liseré noir en marge externe des antérieures.

Les deux se retrouvent au revers, avec une dominante bleue le plus souvent assez terne, ponctuée de tirets postdiscaux aux antérieures et d’un semis de petits points noirs qui semble aléatoire aux postérieures. Autre caractéristique commune : une alternance noire et blanche sur les tarses et les antennes.

L’Azuré des nerpruns passe l’hiver à l’état de chrysalide. C’est le premier « p’tit bleu » à émerger dès fin-février début mars. Vous pouvez le rencontrer au jardin jusqu’en septembre-octobre, en deux générations, avec des pics en avril puis en juillet-août.

L’alternance blanche et noire des antennes et des tarses est ici bien visible.

La femelle a inspiré l’autre nom de l’espèce : l’Argus à bande noire. Avec un bleu souvent plus éteint que chez le mâle.

Le fond bleu ciel du mâle est particulièrement lumineux sous le soleil.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alan Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • L’Azuré des nerpruns avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Madame et Monsieur Citron

Verdâtre très pâle pour l’une, vert jaune soutenu pour l’autre : Madame et Monsieur Citron dans la dernière ligne droite…

Envergure maxi, 58 mm. Visible de février à octobre-novembre.

Leur léthargie hivernale a joué les prolongations cette année. Mais, passées les interminables pluies et bourrasques de janvier-février, Madame et Monsieur Citron profitent désormais du soleil et de la douceur revenus.

Leur allure générale est la même, notamment avec de larges ailes fortement nervurées, en forme de feuilles ovales et pointues.

Ce mimétisme végétal pousse loin le détail, avec une petite tache centrale roussâtre évoquant une maladie foliaire… Pattes jaunes, antennes et palpes roux, gros yeux noirs : les deux sexes se distinguent néanmoins aisément. Ainsi, alors que le mâle arbore une livrée vert jaune bien soutenue, la femelle est nettement plus pâle, dans une dominante verdâtre, voire même blanchâtre. La différence est surtout sensible sur le dessus que Madame et Monsieur Citron ne dévoilent cependant jamais, refermant systématiquement les ailes au repos.

L’une et l’autre sont nés au début de l’été dernier, volant jusqu’en automne, pour passer l’hiver à l’état adulte. En mars-avril, les voilà dans la dernière ligne droite. Ils vont enfin s’accoupler : la nouvelle génération émergera en juin-juillet, pour un nouveau tour complet du calendrier. Une longévité record.

À défaut de netteté, ce cliché pris au vol montre bien la blancheur des ailes déployées de la femelle.

Petite pause dans la surveillance de son territoire pour ce mâle aux ailes fortement nervurées.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • Le Citron avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza