L’Hélophile suspendu

Hélophile suspendu sur fleur de mirabellier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une superbe mouche ! Sur fond noir, l’Hélophile suspendu décline toutes les nuances les plus chaudes du jaune.

Hélophile suspendu sur fleur de mirabellier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 13 mm. Visible d’avril à octobre.

Dans la cohorte des Éristales du jardin,  voilà « la » mouche des prairies humides. Le nom même de l’Hélophile suspendu évoque cet attachement aux zones de marais où ses larves prospèrent dans les fossés. Oui mais, pourquoi « suspendu » ? Tout bonnement en écho à sa grande maîtrise dans l’art du vol stationnaire !

Les prairies humides d’accord mais aussi le jardin. Elle ne résiste pas actuellement au nectar du mirabellier, des cerisiers et des poiriers. Moins à l’aise toutefois avec les fleurs de petits-pois et de fèves, elle les abandonne volontiers aux abeilles et aux bourdons.

Outre la fameuse nervure alaire en V propre aux Éristales, l’Hélophile suspendu se distingue évidement par les rayures jaune clair de son thorax et le double décor de son abdomen. Deux paires de triangles jaune ocre à l’avant. Puis trois paires de lunules jaune crème à l’arrière. Avec un chevauchement des deux motifs au centre.

Cette livrée rayée en « jaune et noir » lui vaut Outre-Manche le surnom de « Footballeur ». Ici, elle évoquerait plutôt le ballon ovale. Et le Stade rochelais !

Hélophile suspendu sur fleur de poirier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Du printemps jusqu’en automne

Printemps. Sur un des pommiers en fleurs du jardin.

Été. Butinage sur une inflorescence d’achillée.

Automne. En pause sur une feuille de noisetier.

Automne. Sur un capitule de Picride fausse épervière.

Automne. Parmi les commensaux du lierre en fleurs.

L’autre syrphe des marais

À ne pas confondre avec son cousin, l’Hélophile à bandes grises, qui, outre les rayures thoraciques grisâtres, s’en distingue surtout par les taches abdominales jaune citron.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Hélophile suspendu avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Les 4 saisons du Vulcain

Vulcain, bandes orangées délavées / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les prunelliers en fleurs ont donné le top départ. Le Vulcain est de retour. Familier du jardin jusqu’au bout de l’automne.

Vulcain, bandes orangées délavées / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 65 mm. Visible de février à novembre.

Le nom donné aux insectes par les entomologistes du XVIIIe siècle témoignent de leur imprégnation des cultures grecques et latines, notamment de la mythologie. Ainsi, le Vulcain fait allusion au dieu romain du feu, de la forge et des volcans.

L’allusion vise les ailes grandes ouvertes. Vues dans leur ensemble, les bandes rouge orangé des antérieures et des postérieures évoquent tout à la fois le front d’un vaste incendie de forêt, la gueule rougeoyante d’une forge ou des coulées de lave sur la périphérie d’un volcan. Au centre de cette fournaise, le brun lui-même est nuancé d’orangé, surtout en marge costale des antérieures où apparaissent deux petites stries rougeoyantes.

Immuablement, la génération nouvelle nait au printemps, en mars-avril, et butine toute la belle saison de façon très éclectique : toutes fleurs, sève, fruits mûrs. Avec un pic en juin-juillet. Une seconde génération peut s’intercaler et prendre le relais en été. Les chenilles mettent alors à profit le regain des nappes environnantes d’orties.

En automne, le Vulcain se calfeutre sur place (grenier, cabane, cavité d’un vieil arbre) et reparaît avec les premiers beaux jours. Lorsque les prunelliers sont en fleurs. Certains ns migrent vers le sud pour hiverner sous des cieux plus cléments.

Mais, selon la météo, il n’est pas rare de le voir encore profiter des ultimes après-midi de douceur en novembre voire décembre. Cosmos, zinnias, sédum, chrysanthèmes, dahlias et scabieuses font alors ce qu’ils peuvent pour le rassasier.

En fin d’hiver

Pour le Vulcain, la belle saison commence avec la floraison des pruneliers dans les haies.

Début mars. Parmi les premiers papillons de l’année. Du nectar et du soleil pour se requinquer au sortir de l’hiver !

Au printemps

Fin mars. L’incontournable du printemps : le mirabellier en fleurs !

Mi avril. Sur les pommiers en fleurs.

Début juin. Sur un capitule de scabieuse.

En été

Mi août. Sur une inflorescence d’Eupatoire à feuilles de chanvre.

Fin août. Dans une prairie voisine, sur la menthe aquatique en fleurs.

Début août. Les prunes blettes tombées au sol ne sont pas perdues pour tout le monde !

Mi-septembre. La pomme blette a en grande partie été évidée par les frelons asiatiques. Mais il reste assez de jus sucré à se mettre sous la trompe !

En automne

Octobre. Sur le lierre en fleurs. Le revers des ailes est plus discret, avec un patchwork de noir, de blanc, de bleu et de rouge aux antérieures ; une assez terne marbrure brunâtre rehaussés de quelques reflets bleutés aux postérieures,

Fin octobre. Au bord d’une haie.

Début octobre. La petite table bleue du jardin est un peu rouillée. Mais parfaite pour un bain de soleil automnal !

Mi octobre. Bain de soleil toujours. Sur le manche de la binette !

Mi-octobre. Les ailes malmenées par un prédateur sans doute ! Un peu de réconfort avec la phacélie.

Début novembre. Sur la litière de feuilles mortes au pied d’une haie.

Début novembre. Soleil et cosmos en fleurs : vive l’été de la Saint-Martin !

Fin novembre. Toujours en vadrouille sous le soleil de l’après-midi, malgré une première offensive du froid.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Vulcain avec le site quelestcetanimal.com
  • La migration du Vulcain avec le site 7.inra.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Lamier pourpre

Lamier pourpre.

Une délicate petite fleur sauvage de saison. Le Lamier pourpre se prépare à recevoir abeilles et bourdons.

Parmi les premiers visiteurs, l’abeille domestique enfourne sa tête sous le « casque » de la corolle et véhicule ainsi le pollen d’une fleur à l’autre.

Avec le Lamier pourpre (Lamium purpureum), dès l’automne, les planches inoccupées du potager ne restent pas nues très longtemps ! Ses tiges traçantes prennent en effet racines de loin en loin et finissent par constituer un dense réseau. Il se mêle alors à la Véronique de perse, à la Cardamine hérissée et au Mouron des oiseaux.

Prenant ses aises tout l’hiver, il amorce actuellement sa délicate floraison rose violacé. Au creux d’un feuillage denté et gaufré, à la sommité pourpre, voilà de fines coupelles veinées et tachées de violet. Avec deux lèvres largement ouvertes. 

La première déploie son double lobe, comme un marche-pied, à l’entrée de la corolle. Les futurs butineurs y prendront appui avant de plonger vers le tube nectarifère.

Dominant l’ensemble, la seconde lèvre prend la forme d’un casque pour mieux protéger les étamines. Les anthères y regorgent déjà de grains de pollen rouge orangé qui s’accrocheront bientôt à la fourrure des bourdons et des abeilles sauvages.

Lamier pourpre.

Les feuilles dentées évoquent celles de l’ortie (d’où le nom d’ortie rouge donné parfois au Lamier pourpre) mais sans poils urticants. Elles sont comestibles sans risque de piqure à la cueillette. Crues ou poêlées, les têtes florales relèvent salades ou omelettes de leur légère saveur de champignon.

La sauvageonne est très apprécie notamment par la reine du petit Bourdon des prés …

… et par l’Anthophore à pattes plumeuses. Ici un mâle dont on remarque les longues soies plumeuses sur les pattes médianes.

La reine du Bourdon des champs

Sous le « casque » de la corolle, quatre anthères velues chargées de pollen rouge orangé. Le style au stigmate bifide émerge juste au dessus.

En savoir plus :

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza