Le cassis-fleur et les bourdons

Cassis-fleur et Bourdon des prés.

Collier et ceinture jaunes pour le petit Bourdon des prés par ailleurs reconnaissable à la pointe orangée de l’abdomen.

Ah, le parfum enivrant du cassis-fleur ! Il vient essentiellement des feuilles mais qu’importe… Tous les bourdons du jardin ou presque se précipitent.

Les syrphes aussi : Épistrophe élégant en pause.

À mi-ombre, le cassis-fleur du jardin n’a en fait de cassis que la prenante odeur de son jeune feuillage. C’est d’ailleurs plutôt un groseillier à fleurs (Ribes sanguineum). Depuis quelques jours, la généreuse touffe vert tendre s’illumine de petites touches rose vif. Des fleurs par centaines dont les grappes pendantes vrombissent sous le soleil enfin revenu.

Rendez-vous des butineurs, les clochettes attirent certes les abeilles sauvages, à commencer par l’Anthophore à pattes plumeuses. Mais ce sont assurément les bourdons les plus nombreux : le petit Bourdon des prés (Bombus pratorum) comme ses cousins moins discrets : Bourdon terrestre (B. terrestris), Bourdon des pierres (B. lapidarius) et Bourdon des champs (B. pascuorum). Tous se laissent aller à l’ivresse du cassis-fleur. Le printemps est bien lancé !

Le Cassis-fleurs a un peu d’avance cette année. Le Bourdon des champs suit le mouvement !

Mars-avril. Deux mois de nectar et de pollen pour les bourdons de tous poils…

Cassis-fleur et Anthophore plumeuse..

… mais aussi les abeilles sauvages ! Ici une Anthophore à pattes plumeuses.

Une allure de gros bourdon noir. La Charpentière est pourtant bien une abeille.

En savoir plus :

  • Le Cassis-fleur (Groseillier à fleurs) avec le site nature.jardin.free.fr
  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.

Photos JF Irastorza

 

Madame Osmie cornue

Madame Osmie cornue sur fleur de romarin.

À peine émergée et déjà au travail. Madame Osmie cornue n’aura pas trop du printemps pour aménager son nid et y installer sa progéniture.

Madame Osmie cornue à l'approche d'une fleur de bourrache.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars à juin.

Deux semaines après ces messieurs, Madame Osmie cornue vient de faire son apparition au jardin. Pas de houppette blanche mais une face velue entièrement noire d’où émergent deux petites cornes, entre antennes et mandibules. À peine émergée et déjà un travail !

Car, chez les osmies, le temps est compté et rien n’est laissé au hasard. Dès l’éclosion, les femelles sont ainsi assaillies par les mâles alentour qui piaffent d’impatience depuis une quinzaine de jours. Sitôt fécondée, chacune aménage alors son propre nid. Dans un tube de bambou par exemple.

Un peu de boue pour y façonner une dizaine de cellules. Beaucoup de nectar et de pollen pour approvisionner la future nurserie. Un oeuf par cellule et une boulette de « miel » pour chacun. Peut-être un second nid si les conditions météo s’y prêtent. Quoiqu’il en soit, fin juin au plus tard tout sera terminé. Pour une longue maturation jusqu’au sortir de l’hiver prochain. Mais par quel mystère les premiers oeufs installés au fond du tube s’avéreront ceux des femelles, les derniers à éclore ?

Des reflets bleutés sur tête et thorax noirs : le contraste est saisissant avec le roux vif de l’abdomen.

Egalement roux vif, la brosse ventrale prend ici la couleur jaune du pollen collecté.

Début avril. Sur une fleur de pommier. Les petites cornes de Madame sont ici bien visibles sous les antennes.

Le petit mâle

Émergé une quinzaine de jours avant ces dames, Monsieur Osmie cornue se distingue par un toupet gris frontal, en lieu et place des petites cornes, apanage de Madame.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions / Métive.
  • L’Osmie cornue avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

La Fritillaire pintade

Emblématique des prairies humides, la gracile Fritillaire pintade annonce timidement le printemps dès février-mars.

Sous la « cloche » pourpre et blanche, six étamines chargées de pollen jaune et un style unique au centre, porteur de trois stigmates verdâtres.

Bonnet d’évêque, Coquelourde, Tulipe des marais… Quel que soit son nom populaire, la Fritillaire pintade est fidèle au rendez-vous de la fin d’hiver. Pour quelques semaines, elle illumine discrètement les pairies humides, ici et là, par petites colonies. Avec son port gracile, elle hisse le damier pourpre et blanc de ses corolles renversées jusqu’à une cinquantaine de centimètres. Étroits, obtus, les sépales protègent un faisceau de six étamines aux anthères chargés de pollen jaune. Au centre émerge un style unique porteur de trois stigmates verdâtres.

 
Les premiers butineurs ont tôt fait de trouver la clé d’accès vers pollen et nectar : il suffit d’entrouvrir le rideau des sépales ! La reine du Bourdon terrestre ici se glisse sous la cloche pour faire bombance. Pas encore pour la récolte : les « corbeilles » de ses pattes arrière sont vides. Il lui faut d’abord se requinquer après la dormance hivernale. Fécondée en fin d’été dernier, elle fondera bientôt sa propre colonie. La Fritillaire pintade aura alors passé le relais aux floraisons plus exubérantes du printemps.

Les fleurs adoptent leur port retombant dès la formation de leurs boutons.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, 2009, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, 2022, guide nature, collectif, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza