Le Grand Sphécode

Grand Sphécode sur pâquerette.

Une « abeille coucou » en rouge et noir ! Le Grand Sphécode, alias le Sphécode à labre blanc, apprécie les pâquerettes du jardin.

Grand Sphécode sur pâquerette.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mars à octobre.

Dans la série des « abeilles coucous » du jardin, on a déjà vu ici le petit Sphécode commun, reconnaissable à son abdomen à demi rouge orangé. Voici son cousin, le Grand Sphécode, alias le Sphécode à labre blanc (S. albilabris) dont le rouge orangé envahit la presque totalité de l’abdomen. À l’exception d’une touffe terminale de poils noirs.

D’assez belle taille, frisant le centime et demi, d’où son nom, il vient d’émerger et butine assidument dans les allées du potager. Avec une préférence pour les pâquerettes. En cette saison, il s’agit exclusivement de femelles. Elles seules, en effet, fécondées l’été dernier, passent l’hiver. Le moment est alors venu de remplir leur ultime mission : pondre. Mais pas n’importe où.

La plupart des abeilles-coucous ont ainsi une cible privilégiée. Pour le Grand Sphécode, c’est la Collète lapin (C. cunicularius), une solide abeille solitaire qui creuse son nid au sol. Après le discret tour de passe-passe, les larves parasites se repaissent des réserves accumulées par leur hôte involontaire. La nouvelle génération apparaîtra en juillet pour un nouveau cycle : accouplement, mort des mâles, hivernage des femelles fécondées…. Jusqu’au printemps suivant.

Grand Sphécode sur pâquerette.

Mi avril. Sur la sarriette de fleurs, pour changer des pâquerettes !

Prospection au bord d’un talus : Madame Grand sphécode à la recherche d’un nid d’abeille sauvage où installer sa progéniture.

En savoir pluS :

Photos JF Irastorza

 

Amours printanières

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.

Chez les Andrènes cendrés, c’est le petit Monsieur qui fait le premier pas mais c’est Madame qui mène la danse. Sans ménagement dans les deux cas.

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.Y-a-t-il plus bel endroit qu’un mirabellier au printemps pour conter fleurette ? Ces deux Andrènes cendrés (Andrena cineraria) n’y ont pas résisté. Il faut dire qu’à défaut d’être romantique, Monsieur a su se montrer persuasif. Pour ne pas dire expéditif. Sans crier gare. Simple question de phéromones.

Contrairement à l’Anthidie septemspinosum, le mâle n’a pourtant rien d’une brute épaisse. Il est d’ailleurs d’une taille nettement en dessous de la femelle. C’est pourquoi celle-ci a vite fait de s’en débarrasser lorsqu’elle reprend ses esprits !

Sitôt la copulation proprement dite, Madame repasse donc rapidement en mode butinage. Sans effusion excessive envers son Roméo qu’elle traîne quelque temps à la pointe de son abdomen. Mais le fardeau semble bientôt l’indisposer. Un coup de rein et le voilà qui valse… Les choses sérieuses commencent. Creuser un nid en terre, y aménager des cellules, pondre, amasser des réserves de pollen et de nectar pour les futures larves. Le mirabellier y contribuera largement.

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.

Andrène cendré sur fleur de mirabellier, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Solide femelle de l’Andrène cinéraire : une dominante noire et deux larges bandes thoraciques grises.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • L’Andrène cendré, alias l’Abeille des sables, avec le site quelestcetanmal.com

Photos JF Irastorza

 

Le cassis-fleur et les bourdons

Cassis-fleur et Bourdon des prés.

Collier et ceinture jaunes pour le petit Bourdon des prés par ailleurs reconnaissable à la pointe orangée de l’abdomen.

Ah, le parfum enivrant du cassis-fleur ! Il vient essentiellement des feuilles mais qu’importe… Tous les bourdons du jardin ou presque se précipitent.

Les syrphes aussi : Épistrophe élégant en pause.

À mi-ombre, le cassis-fleur du jardin n’a en fait de cassis que la prenante odeur de son jeune feuillage. C’est d’ailleurs plutôt un groseillier à fleurs (Ribes sanguineum). Depuis quelques jours, la généreuse touffe vert tendre s’illumine de petites touches rose vif. Des fleurs par centaines dont les grappes pendantes vrombissent sous le soleil enfin revenu.

Rendez-vous des butineurs, les clochettes attirent certes les abeilles sauvages, à commencer par l’Anthophore à pattes plumeuses. Mais ce sont assurément les bourdons les plus nombreux : le petit Bourdon des prés (Bombus pratorum) comme ses cousins moins discrets : Bourdon terrestre (B. terrestris), Bourdon des pierres (B. lapidarius) et Bourdon des champs (B. pascuorum). Tous se laissent aller à l’ivresse du cassis-fleur. Le printemps est bien lancé !

Le Cassis-fleurs a un peu d’avance cette année. Le Bourdon des champs suit le mouvement !

Mars-avril. Deux mois de nectar et de pollen pour les bourdons de tous poils…

Cassis-fleur et Anthophore plumeuse..

… mais aussi les abeilles sauvages ! Ici une Anthophore à pattes plumeuses.

Une allure de gros bourdon noir. La Charpentière est pourtant bien une abeille.

En savoir plus :

  • Le Cassis-fleur (Groseillier à fleurs) avec le site nature.jardin.free.fr
  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.

Photos JF Irastorza