Mme Osmie ne saurait tarder…

Longues antennes et houppette blanche, Monsieur Osmie piaffe depuis deux à trois semaines. L’émergence de ces dames se fait attendre…

Osmie cornue mâle sur Violette des bois.

Taille maxi : 15 mm (femelle). Visible de mars à juin.

Chaque fin d’hiver, c’est la même impatience ! Tant chez l’Osmie cornue que chez sa cousine l’Osmie rousse, Monsieur émerge en effet le premier. Dès la mi février. Les deux espèces sont assez semblables. Notamment les mâles qui se distinguent par leurs longues antennes et un petit toupet de poils gris à l’avant de la tête.

Butineurs très actifs, ces messieurs deviennent de moins en moins tolérants avec leurs compères au fur et à mesure qu’approche l’émergence de ces dames… Outre les phéromones, elles seront faciles à reconnaître le moment venu. Courtes antennes, pas de toupet gris mais deux petites cornes noires au front ! 

À la mi mars désormais, cela ne saurait tarder. D’ailleurs, il y a des signes qui ne trompent pas. Lilas, poiriers et pommiers commencent à débourrer. Mais inutile de piaffer. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Car, à chaque printemps, c’est bien la floraison du mirabellier qui donne le top départ !

En attendant de compter fleurette, Monsieur Osmie prend des forces, dans les haies…

Osmie sur capitule de pissenlit.

… et sur les incontournables pissenlits, grands pourvoyeurs de nectar et de pollen en cette saison.

Une houppette grisâtre sur la face de Monsieur Osmie cornue.

Dès la fin février ici sur le Laurier tin.

Osmie cornue, femelle.

Nettement plus costaude, Madame Osmie cornue émerge à partir de la mi-mars au jardin. Elle ne présente pas de toupet gris facial mais deux petites « cornes » noires au front.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • L’Osmie cornue avec le site quelestcetanimal
  • L’Osmie cornue avec le site insecte-net.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Sphécode commun

Sphécode commun sur capitule de Bident feuillé.

Dans la série des abeilles-coucou du jardin, voici le petit Sphécode commun, parasite des halictes, et son emblématique abdomen orange et noir.

Sphécode commun sur feuille de Bident feuillé.

Taille maxi : 14 mm. Visible de d’avril à septembre.

Sale temps pour les dernières abeilles sauvages de la saison ! Après la longue sécheresse qui a sérieusement limité les sources de nectar, voici les fortes pluies quotidiennes… Les fenêtres de tir s’en trouvent réduites d’autant pour les ultimes sorties de butinage. En l’occurence, ce n’est pas vraiment un problème pour le Sphécode commun (Sphecodes ephippius).

Pas besoin de réserve de nectar et de pollen en effet pour les abeilles-coucou ! Bien-sûr, le Sphécode commun butine. Mais en dilettante. Égoïstement, ses besoins se limitent en effet à sa consommation personnelle. Avec le seul souci de trouver le nid d’une abeille plus industrieuse que lui pour y abandonner sa progéniture. Généralement celui d’un haclicte. Ses larves y détruiront le couvain pour mieux en dévorer le garde-manger.

Petite taille (7/8 mm), solides antennes annelées, ailes fumées, fin duvet gris sur une dominante noire : l’espèce se distingue surtout par son abdomen en partie orangé. De nombreux cousins lui ressemblent beaucoup, avec un distinguo notamment dans la proportion plus ou moins grande de cet orangé abdominal.

Sphécode commun sur capitule de Bident feuillé.

Deux cousins

Un cousin : le Sphécode à labre blanc. En patrouille ici au flanc d’un talus, fin mars, à la recherche sans doute d’un terrier de Collète lapin (Collètes cunicularius), sa cible favorite.

Sphécodes sp. sur origan en fleurs.

Autre abeille indéterminée du genre Sphécodes, avec l’abdomen orangé légèrement pointé de noir.

En savoir plus :

 Photos JF Irastorza 

 

L’Andrène humble

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Modeste par la taille comme par l’absence de décor ou de couleur ostentatoires : le petit Andrène humble porte bien son nom. Si c’est bien lui !

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Taille maxi: 12 mm. Visible de mars à juillet.

Parmi les abeilles sauvages du jardin, celle-ci n’est pas facile à identifier. Sinon qu’il s’agit d’un andrène de petite taille. Moins d’un centimètre. Faute de signe distinctif évident, on hésite… Peut-être l’Andrène humble (Andrena humilis). Le nom, en tout cas, lui va comme un gant ! 

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.Un corps entièrement noir. Des ailes légèrement fumées. Une pilosité discrète. Sauf sur les pattes arrière où – chez les femelles comme ici – une brosse brun-fauve collecte le pollen. Enfin, glabre dans sa moitié avant, l’abdomen présente de timides lignes de poils blanchâtres à l’arrière.

Rien d’ostentatoire donc. Pas de pourpoint roux comme chez l’Andrène thoracique. Pas de colliers gris à l’image de l’Andrène cendré. Ni les ailes métalliques de l’Andrène agile, ni les rayures blanches de l’Andrène à pattes jaunes. Alors, Andrena humilis ?  Il faut se faire une raison : si le jardin est une bonne école d’humilité, l’approche de ses petits hôtes l’est tout autant.

Andrène humble, femelle, sur origan en fleurs.

Et s’il s’agissait d’Andrena pilipes, l’Andrène pieds-poilus comme disent nos amis belges ? Va prudemment pour Andrène sp. !

Trois cellules cubitales (ligne rouge) et une nervure basale à peine arquée (flèche bleue) : une des marques de fabrique des andrènes.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Heiko Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les andrènes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza