Le cassis-fleur et les bourdons

Cassis-fleur et Bourdon des prés.

Collier et ceinture jaunes pour le très petit Bourdon des prés (Bombus pratorum) par ailleurs reconnaissable à la pointe orangée de l’abdomen.

Ah, le parfum enivrant du cassis-fleur ! Il vient essentiellement des feuilles mais qu’importe… Tous les bourdons du jardin ou presque se précipitent.

Cassis-fleur et Bourdon des saussaies.

À mi-ombre, le cassis-fleur du jardin n’a en fait de cassis que la prenante odeur de son jeune feuillage. C’est d’ailleurs plutôt un groseillier à fleurs (Ribes sanguineum). Depuis quelques jours, la généreuse touffe vert tendre s’illumine de petites touches rose vif. Des fleurs par centaines dont les grappes pendantes vrombissent sous le soleil enfin revenu.

Rendez-vous des butineurs, les clochettes attirent certes les abeilles sauvages, à commencer par l’Anthophore plumeuse. Mais ce sont assurément les Bourdons les plus nombreux : le minuscule Bourdon des prés (Bombus pratorum) comme ses cousins moins discrets : Bourdon terrestre (B. terrestris), Bourdon des pierres (B. lapidarius) et Bourdon des champs (B. pascuorum); Tou se laissent aller à l’ivresse du cassis-fleur. Le printemps est bien lancé !

Cassis-fleur et Bourdon roux.

Thorax roux et abdomen fauve pour le Bourdon des champs (Bombus pascuorum), alias le Bourdon roux.

Mi mars 20121. Le Cassis-fleurs a un peu d’avance cette année. Le Bourdon des champs suit le mouvement !

Début avril 2021. Le Cassis-fleur toujours aussi attractif pour les bourdons de tous poils…

Cassis-fleur et Anthophore plumeuse..

… mais aussi pour les abeilles sauvages ! Ici une Anthophore plumeuse.

Une allure de gros bourdon noir. La Charpentière (Xylocopa violacea) est pourtant bien une abeille.

Entretien du cassis-fleur avec le site Plandejardin-jardinbiologique.com

 

Amours printanières

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.

Chez les Andrènes cendrés, c’est le petit Monsieur qui fait le premier pas mais c’est Madame qui mène la danse. Sans ménagement dans les deux cas.

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.Y-a-t-il plus bel endroit qu’un mirabellier au printemps pour conter fleurette ? Ces deux Andrènes cendrés (Andrena cineraria) n’y ont pas résisté. Il faut dire qu’à défaut d’être romantique, Monsieur a su se montrer persuasif. Pour ne pas dire expéditif. Sans crier gare. Simple question de phéromone.

Contrairement à l’Anthidie septemspinosum, le mâle n’a pourtant rien d’une brute épaisse. Il est d’ailleurs d’une taille nettement en dessous de la femelle. C’est pourquoi celle-ci a vite fait de s’en débarrasser lorsqu’elle reprend ses esprits !

Sitôt la copulation proprement dite, Madame repasse donc rapidement en mode butinage. Sans effusion excessive envers son Roméo qu’elle traîne quelque temps à la pointe de son abdomen. Mais le fardeau semble bientôt l’indisposer. Un coup de rein et le voilà qui valse… Les choses sérieuses commencent. Creuser un nid en terre, y aménager des cellules, pondre, amasser des réserves de pollen et de nectar pour les futures larves. Le mirabellier y contribuera largement.

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.

Le réflexe du butinage revient vite pour Madame qui « traîne » son Roméo à la pointe de son abdomen avant de bientôt l’expédier d’un coup rein…

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Heiko Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les andrènes avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza 

 

Madame Osmie cornue

Madame Osmie cornue sur fleur de romarin.

À peine émergée et déjà au travail. Madame Osmie cornue n’aura pas trop du printemps pour aménager son nid et y installer sa progéniture.

Madame Osmie cornue à l'approche d'une fleur de bourrache.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars à juin.

Deux semaines après ces messieurs, Madame Osmie cornue vient de faire son apparition au jardin. Pas de barbichette blanche mais une face velue entièrement noire d’où émergent deux petites cornes, entre antennes et mandibules. À peine émergée et déjà un travail !

Car, chez les Osmies, le temps est compté et rien n’est laissé au hasard. Dès l’éclosion, les femelles sont ainsi assaillies par les mâles alentour qui piaffent d’impatience depuis une quinzaine de jours. Sitôt fécondée, chacune aménage alors son propre nid. Dans un tube de bambou par exemple.

Un peu de boue pour y façonner une dizaine de cellules. Beaucoup de nectar et de pollen pour approvisionner la future nurserie. Un oeuf par cellule et une boulette de « miel » pour chacun. Peut-être un second nid si les conditions météo s’y prêtent. Quoiqu’il en soit, fin juin au plus tard tout sera terminé. Pour une longue maturation jusqu’au sortir de l’hiver prochain. Mais par quel mystère les premiers oeufs installés au fond du tube s’avéreront ceux des femelles, les derniers à éclore ?

Des reflets bleutés sur tête et thorax noirs : le contraste est saisissant avec le roux vif de l’abdomen.

Egalement roux vif, la brosse ventrale prend ici la couleur jaune du pollen collecté.

Début avril. Sur une fleur de pommier. Les petites cornes de Madame sont ici bien visibles sous les antennes.

Le petit mâle

Émergé une quinzaine de jours avant ces dames, Monsieur Osmie cornue se distingue par un toupet gris frontal, en lieu et place des petites cornes, apanage de Madame.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les osmies avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza