La Guêpe commune

Guêpe commune récoltant de la fibre de bois.

Ses collègues chassent au jardin. Son boulot à elle, c’est de récolter de la fibre de bois. Ainsi va la vie des ouvrières de la Guêpe commune.

Guêpe commune récoltant de la fibre de bois.

Taille maxi : 19 mm (reine). Visible d’avril à octobre.

Elle est là tous les jours. Par tous les temps. Inlassablement, la petite ouvrière de la Guêpe commune récolte les fibres d’un… piquet de tomate ! Toujours le même. Elle change simplement de face selon l’orientation du soleil.

Le nid ne doit pas être loin. Impossible à trouver. A priori du côté de la peupleraie voisine. En ce début octobre, la colonie est-elle donc toujours en expansion ? Ou bien est-ce l’entretien du nid qui nécessite ainsi la fourniture régulière de « papier mâché » ?

L’ouvrière ne semble pas se poser de question. De ses fortes mandibules, elle tire, coupe et broie les fibres de bois. Rien ne peut la perturber. Elle passe là de longs moments, plaquée au piquet, consciencieusement. Et lorsqu’elle s’envole, c’est pour revenir, encore et encore.

Est-ce la même qui, délaissant la pulpe sucrée des pommes tombées au sol, vient de s’abonner au précieux nectar du lierre nouvellement en fleurs ? Elle ne l’aurait pas volé.

Guêpe commune bitunant le nectar des fleurs de lierre.

En cette saison, la Guêpe commune apprécie la pulpe sucrée des fruits très mûrs tombés au sol comme le nectar du lierre.

Besoin de protéine oblige, les larves font une grosse consommation de petits insectes que les ouvrières chassent inlassablement. Ici une Tipule que la guêpe commence par démembrer et désailer avant de la broyer pour l’amener au nid.

Grandes prédatrices, les guêpes sont par là très utiles au potager où elles participent à la régulation des insectes, notamment des mouches.

Début septembre 2022. Parmi les commensaux de la Lycope d’Europe.

En savoir plus :

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Les Guêpes avec le site aramel.free.fr
  • La Guêpe commune avec le site quelestcetanimal.com

  Photos JF Irastorza 

Le Conops à pattes jaunes

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Une allure de petite guêpe pour le Conops à pattes jaunes. Une mouche jaune et noir bien inoffensive. Sauf pour les bourdons !

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Taille maxi : 12 mm. Visible de juin à septembre.

Cousin du Sicus ferrugineux, le Conops à pattes jaunes (Conops flavipes) présente une silhouette assez comparable. Tout particulièrement un abdomen fuselé à l’extrémité nettement repliée vers l’avant. Autres caractéristiques familiales : un thorax cubique bien individualisé et une large tête dotée de longues et solides antennes.

Dans une dominante jaune et noire, le Conops évoque une petite guêpe. Mais c’est bien une mouche. D’ailleurs, il a donné son nom à un syrphe – Ceriana conopsoides – avec lequel il partage notamment les ailes à demi fumées et trois anneaux abdominaux jaunes.

Cela dit, on peine à lui souhaiter la bienvenue au jardin ! Voilà en effet un parasite spécialisé auprès des hyménoptères. Surtout des bourdons. La femelle vient ainsi pondre directement sur la fourrure de ses cibles. Sitôt écloses, les larves y pénètrent pour se nourrir des fluides internes de leurs hôtes involontaires. La pupaison a lieu dans ce qui est alors devenu une « coquille » sèche. Ultime protection pour passer l’hiver.

Sinon, le Conops à pattes jaunes est un paisible butineur. Ici sur l’origan en fleurs.

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Les bandes jaunes abdominales sont légèrement échancrées chez le Conops à pattes jaunes. Et les longues antennes attachées à une courte protubérance centrale. Scutellum noir marqué d’un « petit coeur » jaune.

Septembre 2021. À nouveau fidèle à l’origan en fleurs.

Un syrphe aux allures de Conops. Cela dit, les moeurs de Ceriana conopsoides sont bien différentes. Pas de parasitisme. Les larves se développent dans les cavités des vieux arbres.

Même courbure de l’abdomen chez le Sicus ferrugineux : en forme de sica, la courte épée antique à la lame recourbée. D’où le nom de l’espèce. Comme le Conops à pattes jaunes, c’est un parasite des bourdons.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza 

 

La Volucelle bourdon

Mouche bourdon, mâle, forme 'Bourdon des pierres" / Un jardin dans le Marais poitevin.

Si les bourdons inspirent la prudence des prédateurs, la Volucelle bourdon en profite un peu en imitant diverses formes colorées de leur fourrure.

Volucelle bourdon, forme "Bourdon des saussaies" / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 17 mm. Visible de mai à août.

Comment butiner tranquille ou prendre un bain de soleil sans (trop) craindre les prédateurs quand on est une mouche ? De ce point de vue, la Volucelle bourdon (Volucella bombylans) a trouver le truc. Elle ressemble à un bourdon. Comme son nom l’indique. Ou plutôt à plusieurs. 

Volucelle bourdon, mâle, forme "Bourdon des pierres" / Un jardin dans le Marais poitevin.Cette grosse mouche velue, fréquente dans les jardins, existe en effet sous au moins deux formes. Noire avec la pointe de l’abdomen roux à l’image du Bourdon des pierres. Ou bien avec le « cul blanc » et de larges bandes jaunes pour se rapprocher du Bourdon Volucelle bourdon, mâle, forme Bourdon terrestre / Un jardin dans le Marais poitevin.terrestre. 

Dans tous les cas, elle est plutôt trapue, avec de gros yeux globuleux, des ailes légèrement veinées de noir et de courtes antennes plumeuses.

Mais son mimétisme n’est pas seulement affaire de sérénité ! Ainsi déguisée », la Volucelle peut surtout approcher le nid d’un bourdon-cible sans trop se faire remarquer.

Et déposer subrepticement ses oeufs à l’entrée. Sa progéniture y fera bientôt le ménage. À sa manière. Elle dévorera cadavres et autres déchets. Pour commencer. Puis le couvain. Réserves et larves comprises.

Volucelle bourdon, forme bourdon des saussaies / Un jardin dans le Marais poitevin.

Yeux globuleux joints (c’est un mâle), face triangulaire jaunâtre, courtes antennes à l’arista plumeuse : une mouche trapue, aux allures ici de  bourdon terrestre.

En savoir plus :

  Photos JF Irastorza