La Punaise des noisettes

Punaise des noisettes, accouplement à peine dérangé par une Osmie cornue.

C’est la saison des amours pour la Punaise des noisettes. La nouvelle génération émergera en fin d’été. Comme les noisettes fraîches !

Punaise des noisettes, accouplement sur fleur de pommier.

Taille maxi : 14 mm. Visible toute l’année.

S’il est des accouplements furtifs, voire expéditifs, comme ceux de l’abeille Anthidie par exemple, c’est loin d’être le cas pour le Gonocère, alias la Punaise des noisettes (Gonocerus acuteangulatus) ! Ces deux-là sont restés accolés des heures durant, immobiles ou presque, au creux d’une fleur de pommier…

Pas vraiment de quoi troubler la petite Osmie cornue. Excusez le dérangement, M’sieur dame ! Juste le temps de siroter une ou deux gouttes de nectar. Et la voilà déjà partie. Les deux tourtereaux n’ont pas eu le temps de broncher.

La Punaise des noisettes passe l’hiver à l’état adulte sous la litière de feuilles mortes. Elle se réveille au printemps et ne tarde pas à s’accoupler. Pour bientôt mourir. La nouvelle génération apparaît au cour de l’été. Les noisettes sont alors jeunes et vertes. Faciles à percer donc pour le rostre du Gonocère qui se délecte des amandes tendres et juteuses.

Punaise des noisettes, accouplement sur fleur de pommier.

Silhouette élancée, dominante brun chamois, thorax moins large que l’abdomen, angles du pronotum très saillants, pattes jaune pâle, antennes jaune orangé.

À ne pas confondre avec la Corée marginée (Coreus marginatus), plus brune, dont l’abdomen plat déborde largement sur les côtés des élytres. À noter également l’extrémité noire des antennes orangées.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Punaise des noisettes avec le site quelestcetanimal.com
  • La Punaise des noisettes avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Viole rouge

La Viole rouge (Spilostethus pandurus)

La Viole rouge. Joli nom pour une punaise. Le potager n’a pas grand chose à en craindre. Tant qu’elle y vient en touriste. Et en solitaire.

La Viole rouge (Spilostethus pandurus).

Taille maxi : 15 mm. Visible en deux génération avec un pic printanier puis automnal.

Dans la série des punaises rouges et noires du jardin, voici la Viole rouge (Spilostethus pandurus). Impossible à confondre avec sa cousine la Punaise de la Jusquiame. Et plus encore avec le Gendarme. Elle s’en distingue notamment par sa taille respectable. Un bon centimètre et demi. Hors antennes.

Fleurs et plantes sauvages : elle a des goûts très éclectiques. On la rencontre surtout dans les prairies et les haies alentour. Finalement assez rarement au jardin. Elle est ici en touriste. Seule. Et c’est très bien comme ça.

Pourquoi la Viole rouge ?

Peut-être en raison des deux bandes verticales noires, fortement échancrées, qui marquent son corselet. La tache centrale rouge qui en résulte évoque la silhouette de l’instrument de musique.

Peut-être aussi pour le côté baroque de son agencement coloré. Profusion de détails, courbes, contre-courbes : un savant désordre fait de contrastes et d’estompes. Depuis les hémélytres jusqu’à la petite tête pointue.

Mais la Viole rouge sait aussi faire preuve de sobriété. Elle porte une simple tache blanche sur la membrane de ses ailes sombres. Pas si difficile à identifier finalement. Un point, c’est tout.

La Viole rouge (Spilostethus pandurus).

Au nombre des insectes piqueurs suceurs, la Viole rouge est réputée pour ses ravages dans les cultures vivrières d’Asie notamment. Elle n’est ici présente qu’en petit nombre, sans grande conséquence pour le jardin et le verger.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Viole rouge, alias la Punaise à damier, avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Le Graphosome italien

Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’Arlequin.

Des grandes ombelles du printemps au lierre en fleurs d’automne : le Graphosome italien, tour à tour grégaire et solitaire.

Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’Arlequin.

Taille maxi : 1O mm. Visible toute l’année, pic printanier.

Le temps est déjà loin des exubérantes berces, ciguës et autres carottes sauvages… Finis l’abondance, les accouplements puis les grandes fratries au bord des haies. Avec l’automne, le Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’arlequin, est désormais plutôt solitaire. 

Graphosome italien (Graphosoma italicum), alias l’Arlequin.

Deux bandes noires en V sur le fond rouge de la tête. Six sur le corselet. Quatre sur le large écusson couvrant ailes et abdomen dont la bordure saillante alterne également rouge et noir. Est-ce cette pimpante livrée qui lui vaut davantage de sympathie que les autres punaises ?

Il n’en a pas moins la même arme redoutable pour dissuader prédateurs et importuns. L’odeur ! Et son rostre est tout aussi efficace pour piquer les végétaux et en siphonner la sève… Mais il est vrai que potager et verger ne sont pas vraiment sa tasse de thé. Il semble y passer ici sans conviction. Avec la nostalgie sans doute des grandes ombellifères sauvages. Et du temps béni où leurs graines juste formées étaient encore juteuses. L’hiver sera long.

Les grandes ombelles seront bientôt le théâtre des accouplements puis de l’émergence des fratries. Les jeunes arlequins y resteront tant qu’il y aura des graines à siphonner.

Les graines fraîches et juteuses du Cerfeuil des bois : le péché mignon du Graphosome italien.

En été au jardin sur une inflorescence de panicaut.

Et en automne sur le lierre en fleurs.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Graphosome italien avec la site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza