La Ronce bleue

Pas vraiment une gourmandise. Sauf pour les insectes amateurs de pollen qui, en ce milieu de printemps, ne manquent pas le rendez-vous de la Ronce bleue.

Elle n’a pas l’énergie et l’audace de sa cousine des haies. La Ronce bleue (Rubus caesius) rampe et drageonne dans les peupleraies plus ou moins bien entretenues, au bord des fossés et des fourrés humides… Ses tiges dressées, hérissées d’aiguillons plus que de véritables épines, ne s’élèvent jamais bien haut.

Juste assez pour porter leurs grappes de petites fleurs blanches au dessus de la verte mêlée du feuillage. Abeilles sauvages et bourdons apprécient cette généreuse floraison. Particulièrement le foisonnement échevelé d’étamines, promesse d’une abondante récolte de pollen. Les coléoptères ne sont pas en reste. Du moins ceux qui, comme l’Oedémère noble et le Lepture tacheté, se régalent d’anthères aussi facilement accessibles.

Plus modeste que celle de la ronce commune, la fructification est également moins gourmande. Recouvertes d’une pruine bleutée, les drupes sont surtout plus acides. À portée de « marquage de territoire », elles appellent enfin quelque prudence. Mieux vaut les laver abondamment et s’abstenir d’un grappillage sur place !

Source : 

Livrée vert-métallique, élytres en queue-de-pie : l’Oedémère noble broute les étamines de la Ronce bleue. Un mâle ici, avec le renflement caractéristique de ses fémurs arrière.

Un autre coléoptère brouteur de pollen : le Lepture tacheté dont les larves participent à la décomposition des bois morts.

 

L’Herbe à l’ail dans la salade !

L'Herbe à l'ail, inflorescence / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une plante sauvage presque banale. Mais l’Herbe à l’ail n’a pas usurpé son sobriquet poitevin. Pour parfumer la salade.

L'Herbe à l'ail / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle se dresse au bord du halage. Parmi les orties. Histoire peut-être de rendre la comparaison plus facile. Et de dissiper le doute. Les feuilles terminales de l’Alliaire officinale – l’Herbe à l’ail comme on dit en Poitou et ailleurs sans doute – ressemblent en effet bigrement à celles de l’ortie. Etrangement, quelques étages en dessous, le feuillage prend une forme très différente, plus ronde, comme un gros coeur crénelé.

Rondes ou pointues, aucun risque de piqure. Cueillez donc et froissez une jeune feuille réniforme… Sentez, goûtez. Etonnant non ?

Ciselées, les feuilles fraiches d’Alliaire donne ainsi à la salade un léger goût d’ail, d’autant plus agréable qu’il ne vous poursuivra pas tout l’après-midi !

L’inflorescence est composée de multiples petites fleurs blanches aux quatre pétales en croix. Une crucifère. Plus proche du chou et du navet donc que de l’ortie ! Une cousine de la moutarde. D’ailleurs, ses minuscules graines peuvent en tenir lieu. Pas forcément facile à récolter au bord des chemins ! Alors que quelques feuilles… Un excellent condiment au détour d’une balade.

Les feuilles basales réniformes sont les plus parfumées.

Mi-avril 2021. Monsieur Aurore a certes une prédilection pour la Cardamine des prés à qui l’espèce doit son qualificatif latin (Anthocharis cardamines). Mais il ne dédaigne pas les petites crucifères blanches de l’Herbe à l’ail !

Janvier 2023. Parmi les sauvageonnes dûment étiquetées du jardin.

En savoir plus : 

Tiercé gagnant des « mauvaises herbes »

Bourdon des prés sur Lamier pourpre.

Leurs fleurs sont aussi nombreuses que minuscules : voici trois « mauvaises herbes » appréciées des butineurs. Et excellents couvre-sol.

Grand bombyle sur Véronique de perse.

Tout un automne et un long hiver de pluies ! Voilà déjà plus de cinq mois que les planches cultivées du jardin sont inaccessibles. Et la terre y reste engorgée. Il faudra des semaines d’anticyclone pour qu’elle puisse se ressuyer avant les travaux de printemps. En attendant, vive le couvert des plantes sauvages !

Anthophore plumeuse sur Lierre terrestre.

La grande douceur hivernale a favorisé leur développement. Tant mieux. Ainsi la pluie n’a-t-elle pas battu et bétonné les planches qui n’ont pas eu la chance d’un manteau de feuilles mortes ou d’engrais vert. Et, en ce début de printemps, leur abondante floraison est très appréciée des butineurs ! 

De ce point de vue, le tiercé gagnant des « mauvaises herbes » distingue sans conteste le Lamier pourpre (Lamium purpureum), la Véronique de perse (Veronica persica) et le Lierre terrestre (Glechoma hederacea). Les unes et les autres ont par ailleurs en commun un enracinement léger. Elles seront d’autant plus faciles à arracher, le moment venu, au fur et à mesure de la reprise des semis printaniers et des plantations.

En savoir plus sur la gestion des « mauvaises herbes » au jardin bio avec le site plandejardin-jardinbiologique.com

Anthophore plumeuse sur Véronique de perse.

Anthophore plumeuse sur Lamier pourpre.