L’Herbe à l’ail dans la salade !

L'Herbe à l'ail, inflorescence / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une plante sauvage presque banale. Mais l’Herbe à l’ail n’a pas usurpé son sobriquet poitevin. Pour parfumer la salade.

L'Herbe à l'ail / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle se dresse au bord du halage. Parmi les orties. Histoire peut-être de rendre la comparaison plus facile. Et de dissiper le doute. Les feuilles terminales de l’Alliaire officinale – l’Herbe à l’ail comme on dit en Poitou et ailleurs sans doute – ressemblent en effet bigrement à celles de l’ortie. Etrangement, quelques étages en dessous, le feuillage prend une forme très différente, plus ronde, comme un gros coeur crénelé.

Rondes ou pointues, aucun risque de piqure. Cueillez donc et froissez une jeune feuille réniforme… Sentez, goûtez. Etonnant non ?

Ciselées, les feuilles fraiches d’Alliaire donne ainsi à la salade un léger goût d’ail, d’autant plus agréable qu’il ne vous poursuivra pas tout l’après-midi !

L’inflorescence est composée de multiples petites fleurs blanches aux quatre pétales en croix. Une crucifère. Plus proche du chou et du navet donc que de l’ortie ! Une cousine de la moutarde. D’ailleurs, ses minuscules graines peuvent en tenir lieu. Pas forcément facile à récolter au bord des chemins ! Alors que quelques feuilles… Un excellent condiment au détour d’une balade.

Les feuilles basales réniformes sont les plus parfumées.

Mi-avril 2021. Monsieur Aurore a certes une prédilection pour la Cardamine des prés à qui l’espèce doit son qualificatif latin (Anthocharis cardamines). Mais il ne dédaigne pas les petites crucifères blanches de l’Herbe à l’ail !

Janvier 2023. Parmi les sauvageonnes dûment étiquetées du jardin.

En savoir plus : 

Tiercé gagnant des « mauvaises herbes »

Bourdon des prés sur Lamier pourpre.

Leurs fleurs sont aussi nombreuses que minuscules : voici trois « mauvaises herbes » appréciées des butineurs. Et excellents couvre-sol.

Grand bombyle sur Véronique de perse.

Tout un automne et un long hiver de pluies ! Voilà déjà plus de cinq mois que les planches cultivées du jardin sont inaccessibles. Et la terre y reste engorgée. Il faudra des semaines d’anticyclone pour qu’elle puisse se ressuyer avant les travaux de printemps. En attendant, vive le couvert des plantes sauvages !

Anthophore plumeuse sur Lierre terrestre.

La grande douceur hivernale a favorisé leur développement. Tant mieux. Ainsi la pluie n’a-t-elle pas battu et bétonné les planches qui n’ont pas eu la chance d’un manteau de feuilles mortes ou d’engrais vert. Et, en ce début de printemps, leur abondante floraison est très appréciée des butineurs ! 

De ce point de vue, le tiercé gagnant des « mauvaises herbes » distingue sans conteste le Lamier pourpre (Lamium purpureum), la Véronique de perse (Veronica persica) et le Lierre terrestre (Glechoma hederacea). Les unes et les autres ont par ailleurs en commun un enracinement léger. Elles seront d’autant plus faciles à arracher, le moment venu, au fur et à mesure de la reprise des semis printaniers et des plantations.

En savoir plus sur la gestion des « mauvaises herbes » au jardin bio avec le site plandejardin-jardinbiologique.com

Anthophore plumeuse sur Véronique de perse.

Anthophore plumeuse sur Lamier pourpre.

La doucette sauvage

Doucette sauvage / Une jardin dans le Marais poitevin.

Boursette, blanchette, clairette… Qu’importe le nom, la doucette sauvage est une véritable gourmandise à l’approche de l’hiver.

Doucette sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.S’il est une plante sauvage très bienvenue au jardin, c’est à coup sûr la doucette ! L’ancêtre de la mâche cultivée abonde dans les prairies alentours. Les oiseaux aidant, ses graines font florès dans la terre meuble du potager. En cette saison, les larges rosettes s’épanouissent ici et là sur les planches qui n’ont pas reçu un couvert de feuilles mortes ou d’engrais vert.

Est-il besoin de préciser que le désherbage les épargne soigneusement ? Evidemment, éparses, elles sont moins abondamment disponibles que celles de la mâche semée à l’automne. Raison de plus pour les bichonner. 

Car la texture et la saveur de la doucette sauvage sont incomparables ! Pas question de la récolter à la va-vite. Une cueillette minutieuse, juste au dessus du collet, permettra une nouvelle pousse. La gourmandise se mérite.

Doucette sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Mâche / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une couleur nettement plus soutenue. Une saveur plus relevée aussi. La mâche est la salade de l’automne par excellence. Et de l’hiver ! Comme la doucette, un même pied peut en effet supporter deux à trois récoltes. Alors, pourquoi pas un mélange ? Couleurs, textures et saveurs à la fois si proches et différentes. Une salade royale !