
Munies de petits crochets, les graines de la Mercuriale annuelle s’accrochent à tout ce qui passe. Elles sont alors confiées à Mercure, dieu des voyageurs. Encore faut-il d’abord que le pollen arrive à bon port…
On ne va pas se mentir. Toutes les petites plantes sauvages du jardin n’ont pas le raffinement de la Véronique de Perse ou la saveur de la Cressonnette ! Ni même le charme discret de l’Euphorbe réveille-matin. Qu’importe. La Mercuriale annuelle retient malgré tout l’attention. Par son hasardeuse sexualité.
D’un côté les pieds femelles et, jamais très loin, les pieds mâles. Seuls les épis floraux jaune-vert de ces derniers sont bien visibles. En toutes saisons. Même en ce début janvier. Plus pudiques, les femelles cachent leurs petites fleurs sous l’aisselles de leurs feuilles. La fécondation est d’autant moins gagnée d’avance que ni l’une ni l’autre ne produit de nectar… Il ne faut donc pas compter sur les insectes pour véhiculer le pollen. Alors, quand celui-ci est bien mûr, les fleurs mâles explosent littéralement. En espérant que la précieuse poussière arrive à bon port. Avec la complicité du vent.

Photo Fernand ©

Il ne pousse plus rien en hiver ? Allons donc ! C’est la pleine saison de l’Arum sauvage. Alias le Gouet d’Italie. Les épis de ses 




Dans un coin de la prairie voisine, deux colonies de champignons se partagent la décomposition d’une souche de peuplier. D’un côté, les touffes jaune-ocre de l’Hypholome. De l’autre, les cascades brunes, ourlées de blanc-crème, de la Tramète.
odeur peu amène douchent vite la perspective d’omelette. Dommage. Car la récolte aurait été belle tant sont denses les paquets mamelonnés ancrés dans les anfractuosités du bois mort.