Le Géomètre à barreaux

Géomètre à barreaux.

Le Géomètre à barreaux : comme les barreaux d’une échelle greffés sur un réseaux d’épaisses lignes concentriques.

Géomètre à barreaux.

Envergure maxi : 30 mm. Visible d’avril à août.

La première génération du Géomètre à barreaux, alias le réseau, alias la Phalène réticulée (Chiasmia clathrata), vient d’apparaître au jardin. Pour le printemps. En juillet, elle cédera la place à une génération estivale dont les chenilles  arpenteuses passeront l’hiver dans leur chrysalide. 

Comme nombre de ses cousines phalènes, il vole et butine de jour comme de nuit. Sa livrée passe-partout le rend d’autant plus discret. Sur un fond blanc hésitant entre le crème et le jaunâtre, des lignes brunes forment un réseau plutôt tourmenté, identique sur le dessus et le dessous des ailes. Un jeu de quatre lignes concentriques, assez épaisses, est ainsi ponctué de traits plus fins. Comme les barreaux d’une échelle. Avec une frange bien marquée où alternent poils blancs et marrons.

Légumes et arbres du jardin n’ont pas à redouter le Géomètre à barreaux dont la femelle installe plutôt sa progéniture sur les plantes sauvages. En particulier diverses espèces de trèfle, de vesce et de gaillet.

Une frange bien marquée où alternent poils blancs et bruns.

Ne pas confondre notamment avec la Phalène picotée (Ematurga atomaria) dont le réseau brun sur fond jaune (chez le mâle) ne présente pas de « barreaux » mais, comme son nom populaire de suggère, une multitude de petits points.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Géomètre à barreaux avec le site aramel.free.fr
  • Le Géomètre à barreaux avec Les carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

L’Érable champêtre en fleurs

Le bar à nectar de l’Érable champêtre vient d’ouvrir dans les haies. Sans chichi ni complications inutiles. Et pourtant très couru.

Un des premiers syrphes ceinturés de la saison.

Son joli feuillage était encore en bourgeons il y a quelques jours. Dans les haies proches du jardin, l’Érable champêtre (Acer campestre) s’est réveillé en même temps que l’aubépine. Avec une floraison beaucoup plus discrète !

L’Épistrophe élégant décidément omniprésent en ce début de printemps.

Regroupées en grappes un peu brouillonnes, ses petites fleurs verdâtres ne payent pas de mine. Comme celles du lierre, elles peuvent se résumer à un disque nectarifère d’où émergent étamines et style. Sans véritable corolle pour les protéger et les mettre en scène. 

Cela dit, si les inflorescences sont quelque peu relâchées, loin du port rigoureux des ombelles sphériques du lierre, elles n’en sont pas moins bigrement attractives. Auprès des abeilles naturellement. Mais aussi des syrphes. Notamment l’Éristale des fleurs (Myatropa florea) dont la large langue atteint sans encombre les luisants petits boutons verts. Suintants de nectar.

Source : 

Dès que le nectar abonde, l’Hélophile suspendu n’est jamais loin…

L’Empis marqueté (Empis tessellata) a un régime mixte : il chasse d’autres insectes mais se régale volontiers de nectar.

L’herbe à l’ail dans la salade !

L'Herbe à l'ail, inflorescence / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une plante sauvage presque banale. Mais l’herbe à l’ail n’a pas usurpé son sobriquet poitevin. Pour parfumer la salade.

L'Herbe à l'ail / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle se dresse au bord du halage. Parmi les orties. Histoire peut-être de rendre la comparaison plus facile. Et de dissiper le doute. Les feuilles terminales de l’Alliaire officinale – l’herbe à l’ail comme on dit en Poitou et ailleurs sans doute – ressemblent en effet bigrement à celles de l’ortie. Etrangement, quelques étages en dessous, le feuillage prend une forme très différente, plus ronde, comme un gros coeur crénelé.

Rondes ou pointues, aucun risque de piqure. Cueillez donc et froissez une jeune feuille réniforme… Sentez, goûtez. Etonnant non ?

Ciselées, les feuilles fraiches d’alliaire donne ainsi à la salade un léger goût d’ail, d’autant plus agréable qu’il ne vous poursuivra pas tout l’après-midi !

L’inflorescence est composée de multiples petites fleurs blanches aux quatre pétales en croix. Une crucifère. Plus proche du chou et du navet donc que de l’ortie ! Une cousine de la moutarde. D’ailleurs, ses minuscules graines peuvent en tenir lieu. Pas forcément facile à récolter au bord des chemins ! Alors que quelques feuilles… Un excellent condiment au détour d’une balade.

Les feuilles basales réniformes sont les plus parfumées.

Monsieur Aurore a certes une prédilection pour la Cardamine des prés à qui l’espèce doit son qualificatif latin (Anthocharis cardamines). Mais il ne dédaigne pas les petites crucifères blanches de l’herbe à l’ail !

Parmi les sauvageonnes dûment étiquetées du jardin.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza