L’Eumène couronné

Eumène couronné sur bractée de rudbeckia.

Petite guêpe solitaire, l’Eumène couronné se partage entre butinage et chasse aux chenilles dont il approvisionne sa progéniture.

Soigneux nettoyage des antennes sur une feuille de marguerite.

Dans la série des guêpes potières du jardin, on a déjà rencontré ici le petit Eumène pomiformis et, plus spectaculaire, l’Eumène unguiculé, aussi impressionnante que tranquille. Voici une cousine, sans doute l’Eumène couronné (Eumenes coronatus), à la toilette sur une bractée de rudbeckia.

De ses pattes jaunes et noires, il se lisse consciencieusement la langue. Après avoir essuyé ses solides antennes. Langue et antennes : deux outils précieux. La première pour puiser le nectar. Les secondes pour localiser ses proies. Des petites chenilles anesthésiées et transportées jusqu’au nid où elles constitueront le garde-manger des futures larves.

Pourquoi couronné ? En référence peut-être à la large tache jaune d’or qui, à l’avant du thorax, semble ceindre sa tête. Ce même jaune qui intervient par petites touches, sur la face, à la naissance des antennes et des ailes, sur les côtés du thorax et plus largement, par taches puis bandeaux successifs, sur les différents segments de l’abdomen. À noter celui qui souligne le second étranglement abdominal. Le dessin n’évoque-t-il pas celui d’un diadème ?

Le bandeau marquant le second étranglement abdominal présente une découpe ajourée qui évoque (un peu) celle d’un diadème.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les guêpes maçonnes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Madame Orthétrum brun

Madame Orthétrum brun à l'affût sur un piquet du jardin.

De l’utilité des petits piquets de bambou au potager ! Madame Orthétrum brun en fait bon usage dans ses parties de chasse à l’affût.

Longueur maxi :: 49 mm. Visible d’avril à septembre.

Tuteurage, marquage des rangs de semis mais pas que…On a toujours besoin de petits piquets de bambou au jardin !  Et voilà, par la même occasion, autant de points de halte ou d’affût pour les libellules de passage. En particulier pour Madame Orthétrum brun (Orthetrum brunneum).

Brun vraiment ? On se souvient de Monsieur, rencontré l’été dernier au bord d’un fossé. Plus bleu que lui tu meurs ! Des yeux jusqu’à la pointe de l’abdomen. Quant à Madame, avec une dominante brun pâle mâtinée de jaune, la confusion est possible avec d’autres femelles Orthétrum.  

On la différentie notamment à sa fine ligne médiodorsale noire et au petit point qui l’accompagne, de part et d’autre, sur chacun des segments abdominaux. Autres détails distinctifs : des plaques thoraciques alternant brun et blanc-crème, des yeux bleu-vert et, surtout, une face entièrement blanche. Quoiqu’il en soit, c’est une excellente chasseuse. Postée au sommet d’un piquet, elle fond sur les petits insectes volant à sa portée. Et revient le déguster sur le même perchoir.

On distingue bien ici les petits points noirs qui marquent chaque segment. Et la suite de petites nervures blanches, propres à la famille des orthétrums, à l’avant de chaque aile.

La ponte de Mme Orthétrum brun, en vol, la pointe de l’abdomen plongée dans les eaux peu profondes d’un fossé du marais. À noter les yeux bleu-vert et la face entièrement blanche.

En savoir plus  : 

Photos JF Irastorza 

 

La Melline des champs

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Amatrice de pollen et carnassière, la Melline des champs participe à la régulation des mouches pour nourrir ses larves.

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Taille maxi 12 mm. Visible surtout en automne.

Toujours en mouvement, la Melline des champs (Mellinus arvensis) prend aussi le temps du butinage. Ici sur une inflorescence d’achillée, cette guêpe de taille moyenne (1,5 cm pour la femelle) ne rechigne pas devant pollen et nectar. Cela dit, c’est aussi une redoutable chasseuse de mouches !

Bien entendu, ses larves se partageront l’essentiel du butin. Anesthésiées, les proies sont ainsi traînées vivantes jusqu’au terrier et réparties dans les différentes cellules. Les adultes se régalent aussi volontiers d’un broyat de mouche dont ils aspirent les sucs ! De quoi se requinquer en cas de mauvais temps prolongé.

La Melline des champs se reconnaît facilement à son pétiole court mais nettement marqué. Autres signes distinctifs : quatre bandes jaunes abdominales, la seconde parfois échancrée, la troisième toujours interrompue. Des pattes jaune orangé aux fémurs tachés de noir. Enfin, des marques jaunes sur le pourtour du thorax, la naissance des antennes et l’encadrement de la face. Sans oublier les mandibules également soulignés de jaune. Le comble du raffinement pour une chasseuse.

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Quatre bandes jaunes abdominales : la seconde est ici fortement échancrée, la troisième, plus fine, est interrompue. À noter également les pattes jaunes aux jointures orangées, avec des fémurs largement tachés de noir.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les guêpes fouisseuses, dont la Melline des champs, sur le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza