La Cétoine dorée

Plus verte que dorée et macules blanchâtres transverses : dans les haies, sur les premières inflorescences de Cornouiller sanguin.

Évidemment elle peut malmener quelques fleurs mais que serait le jardin au printemps sans la compagnie de la rutilante Cétoine dorée ?

Cétoine dorée, vert-bronze, quelques taches blanc-crème au bord et à l'extrémité des élytres / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 20 mm. Visible d’avril à octobre.

À vrai dire, sa couleur dominante épuise le plus souvent toutes les nuances du vert. Et ses reflets métalliques évoquent davantage le cuivre que l’or. Qu’importe. La Cétoine dorée (Cetonia aurata) a des allures de bijou. D’autant qu’on la découvre le plus souvent au creux des fleurs. Et pour cause ! 

Comme ses cousines, le Drap mortuaire et la Cétoine marbrée notamment, elle broute plus qu’elle ne butine. Amatrice de nectar et de pollen, elle ne se contente pas de lécher nectaires et anthères. Elle les boulotte ! Autant dire que, là où elle passe la fructification est souvent compromise. Pas de quoi s’affoler tant qu’il n’y a pas véritablement d’invasion. Sinon, il suffit de ramasser le surnombre. Elle est si facile à repérer et à « cueillir » !

En fin de printemps, les femelles recherchent des matières végétales en décomposition pour y installer leurs oeufs. Vieille souche ou tas de compost notamment. Les larves vont s’y développer pendant deux à trois ans. Les meilleurs composts passent ainsi par cette « digestion ». On pardonnera donc volontiers aux cétoines quelques fleurs grignotées !

En broutant les étamines, la Cétoine dorée « castre » les fleurs de pommier. Quelques fruits en moins sans doute mais les pommiers ne sont-ils pas toujours trop chargés ?

Il faut savoir être un peu équilibriste pour brouter le pollen du chèvrefeuille !

La tournée des grands ducs, d’un artichaut en fleurs l’autre…

L’amour ne coupe pas l’appétit de Madame Cétoine dorée qui poursuit son festin sur la rhubarbe en fleurs.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Cétoine dorée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

 

La Piéride du navet

Piéride du navet ou du chou ? Pour distinguer ces deux papillons blancs tachés de noir, il suffit d’observer le revers des ailes…

Envergure maxi : 27 mm. Visible de mars à octobre.

Le jardin n’a rien à craindre avec la Piéride du navet. Contrairement à ce que suggère son nom, elle n’installe pas ses chenilles au potager. Pas plus sur les navets que sur d’autres légumes. Elle préfère les crucifères sauvages comme l’Herbe à l’ail, la Cardamine des prés ou la grande Moutarde noire.

Nettement plus grande que la Piéride de la moutarde, elle ne se distingue pas facilement de la Piéride du chou qui, elle, mérite bien son nom. La moindre envergure et les taches noires des ailes ne suffisent pas. Car la livrée de la belle aux yeux bleus change d’un sexe l’autre, d’une génération l’autre…

Le distinguo le plus constant se situe au revers des ailes. Sur fond jaune pâle, les nervures sont en effet généreusement poudrées de gris vert. Pas de panique donc. Bien au contraire. les Piéride du navet est la bienvenue. Non seulement elle est indifférente aux légumes mais les fleurs du jardin peuvent compter sur elle.

Piéride du navet / Un jardin dans le Marais poitevin.

Yeux bleus mouchetés de noir et des nervures largement saupoudrées de gris au revers des ailes.

Sur fleurs de moutarde noire.

Sur inflorescence de scabieuse.

Bain de soleil matinal sur une jeune pousse de chèvrefeuille.

Sur la sarriette en fleurs.

Sur la Menthe aquatique d’une prairie humide.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Piéride du navet avec le site quelestcetanimal.com
Photos JF Irastorza

 

La Sarriette est en fleurs !

Bourdon des pierres sur fleurs de Sarriette / Un jardin dans le Marais poitevin.

En fleurs depuis quelques jours sur la planche des aromatiques, la Sarriette se taille un joli succès auprès des butineurs.

Abeille sur fleurs de Sarriette / Un jardin dans le Marais poitevin.La nouvelle s’est vite propagée. La Sarriette est en fleurs ! Même le Bourdon des pierres a fait le déplacement. Il est pourtant plus gros que chacun des petits épis floraux… Mais il a la technique. Noir, la pointe de l’abdomen rousse flamboyante, il prend appui sur un épi voisin. Aucune difficulté alors pour plonger sa longue langue au coeur des minuscules fleurs roses. Quitte à changer Abeille sur un épi floral de Sarriette / Un jardin dans le Marais poitevin.régulièrement de position pour n’en oublier aucune.

Les abeilles ne sont pas en reste ! Bien moins lourdes évidemment, elles s’installent directement sur un épi, pour l’explorer méticuleusement, sans même le faire ployer.

Mais qui voilà ? La petite Mouche stercoraria. Comme quoi la Scatophage du fumier a des goûts bien plus raffinés qu’on l’imagine ! 

Laissons les butineurs se régaler et les épis se développer encore un peu. Ils feront bientôt une excellente tisane. La cueillette des hampes florales stimulera alors la pousse du feuillage. De quoi parfumer tous les plats de l’été. A commencer par les mogettes.

Scatophage du fumier sur fleurs de Sarriette / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Scatophage du fumier pond certes sur des bouses de vaches des prairies alentour mais elle préfère butiner les fleurs du jardin !

Mi-avril 2021. le Paon du jour, parmi les premiers visiteurs de la sarriette en fleurs.