Parade nuptiale de l’Aurore

Parade nuptiale de l'Aurore.

Au bord d’une haie, voici venu le temps de la parade nuptiale pour l’Aurore. Un des premiers papillons du printemps.

Parade nuptiale de l'Aurore.

Envergure maxi : 43 mm. Visible de mars à juillet.

Combien de fois a-t-il arpenté le bord des haies du jardin, et des prairies alentours, avant, enfin, de trouver l’âme soeur ? C’est à peine si Monsieur Aurore prenait le temps de siroter un peu de nectar sur la Cardamine des prés ou l’Alliaire officinale. Furetant, chassant les autres mâles de « son » territoire, errant dans une interminable quête…

Et, d’un coup, bingo ! Blanche tachée de noir aux antérieures, marbrée de gris aux postérieures. La belle va-t-elle se laisser séduire ? Ni fuite, ni agressivité. Sur une feuille de Cornouiller sanguin, l’abdomen retroussé frémit même comme une invitation. La parade nuptiale peut commencer.

Pas de précipitation ! Voleter tout autour, de plus en plus près, avec des mouvements sans équivoque de l’abdomen. Même longueur d’ondes côté phéromones. Contact. Et, brusquement, les deux complices s’envolent, toujours accolés, pour aller conter fleurette ailleurs. Loin de l’objectif du photographe. Un peu de pudeur que diable !

Parade nuptiale de l'Aurore.

Les taches orangées sont l’apanage des mâles. Madame est difficile à distinguer des autres « papillons blancs » du jardin. Sinon par sa petite taille, les marbrures grises des postérieures …

… et, surtout, le superbe réseau vert du revers, qu’elle partage avec Monsieur.

La chenille de l’Aurore : dessus vert foncé, dessus bleu-vert très pâle piqueté de noir, ligne blanche latérale.

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Photos JF Irastorza

 

La Boarmie pétrifiée

La Boarmie pétrifiée.

Un sobre décor minéral très graphique pour la Boarmie pétrifiée, un des premiers papillons de nuit au sortir de l’hiver.

La Boarmie pétrifiée

Envergure maxi : 42 mm. Visible d’avril à septembre.

Dans la famille des Phalènes, les boarmies ont mauvaise réputation. À l’image surtout de la Boarmie des bourgeons (Boarmia gemmaria) dont le surnom – Mange bourgeons – illustre bien les ravages causés à la vigne au moment du débourrement. Rien à craindre de ce point de vue avec la Boarmie pétrifiée (Menophra abruptaria) qui installe sa progéniture sur les feuilles de prunus, de troènes voire de lilas.

Bordées d’une délicate frange, les ailes de ce papillon de nuit évoque – d’où son nom – une paroi rocheuse où alternent les couches beiges et ocres, parcourues de fines veines brunes.

Il vient d’émerger après un hiver passé sous forme de chrysalide. Las ! Si les températures presqu’estivales de la fin mars l’ont enhardi, quel contraste avec les premiers jours d’avril… Voilà la boarmie, aplatie sur l’herbe du jardin, qui tente de conjurer la bise hivernale revenue au soleil de midi. Doublement pétrifiée !

Une autre cousine arpenteuse, la Boarmie du chêne (Hypomecis roboraria), appuyée à un bouton de rose. Elle espère ici échapper à la convoitise des prédateurs en se figeant en « mode brindille ».

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Photos JF Irastorza

 

Premiers azurés

Premiers azurés : l'Azuré des nerpruns sur la moutarde blanche.

Encore un signe annonciateur du printemps ! Tout en délicatesse, les premiers azurés sont de retour au jardin.

Premiers azurés : l'Azuré des nerpruns sur la moutarde blanche.Dans la famille des Azurés, alias les « Petits bleus », voilà bien le plus précoce. Depuis une quinzaine de jours déjà, l’Azuré des nerpruns (Celastrina argiolus) visite les haies en fleurs. Il y affectionne particulièrement les prunelliers. Et lorsqu’il s’aventure au jardin, c’est plutôt pour siroter le nectar de la Moutarde blanche. En attendant l’explosion des fruitiers.

Une femelle ici, bien reconnaissable lorsqu’elle ouvre les ailes, avec la large bordure noire des antérieures. Celle des mâles est en effet beaucoup plus étroite. Autre caractéristique de l’espèce, toujours sur fond bleu soutenu, presque violacé : la bordure pointillée des postérieures. Même revers des ailes d’un sexe l’autre, bleu très pâle, presque gris, animé de mouchetures éparses.

Il s’agit là de la génération printanière. Visible jusqu’en mai-juin. La génération suivante, à partir de juin-juillet, perdurera jusqu’en automne. Et ses chenilles passeront la mauvaise saison sous forme de chrysalides. Pour une émergence programmée aux tout premiers beaux jours.

Premiers azurés : l'Azuré des nerpruns sur la moutarde blanche.

Semée à l’automne, pour le couvert hivernal du potager, la Moutarde blanche a été épargnée par le gel. Elle fleurit ce printemps pour accueillir les premiers butineurs.

Azuré des Nerpruns, mars 2019 / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin février, début mars, l’émergence de l’Azuré des nerpruns coïncide avec la floraison des prunelliers dans les haies.

Mâle sur inflorescence de menthe sauvage.

Parmi les autres « Petits bleus » du jardin, l’Azuré commun

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Photos JF Irastorza