Haies et papillons

Il suffit d’un peu de soleil en cette fin d’hiver. Les premiers papillons se rallient au panache blanc des haies en fleurs !

Comme par magie, un beau matin, les haies alentour s’illuminent de blanc. Prunelliers et autres prunus : une avalanche de petites fleurs par millions. L’éphémère abondance de nectar galvanise les premiers butineurs. Finie la dormance hivernale. Haies et papillons à l’unisson !

À commencer par les grands voiliers qui ont besoin de se requinquer. Après plusieurs mois de jeûne sous une litière de feuilles mortes, au creux d’une épaisse couverture de lierre ou dans quelque recoin d’une cabane de jardin… Voilà donc la Grande tortue, le Paon du jour, le Vulcain et Robert le Diable.

Sans oublier ceux qui viennent tout juste de naître après une hibernation sous forme de chrysalide. Le familier Tircis et le délicat Azuré des nerpruns par exemple.

Le printemps est lancé. Si la première floraison des haies ne dure guère, l’aubépine prendra bientôt le relais. Et mirabelliers, poiriers comme pommiers sont déjà dans le starting-blocks au jardin.

Le Tircis.

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Photos JF Irastorza

 

La Piéride de la rave

Piéride de la rave sur menthe aquatique.

D’avril jusqu’aux premières gelées automnales, la Piéride de la rave est omniprésente au jardin. Ses chenilles vertes aussi !

Envergure maxi : 47 mm. Visible de mars à novembre. 

Un papillon blanc taché de noir. On songe évidemment à la Piéride du chou. Non. Trop petit. Et puis la tache noire en pointe des ailes antérieures ne dessine pas une faucille bien franche. 

La Piéride du navet alors ? Pas davantage. Certes, le revers de ailes postérieures est pastellé de jaune mais les suffusions noirâtres sont nettement moins marquées. Surtout sur les nervures.

Reste la Piéride de la rave (Pieris rapae), familière comme ses cousines des prairies alentours comme du jardin. D’avril jusqu’aux premières gelées automnales. Avec un penchant pour les crucifères sauvages comme cultivées.

Pas étonnant donc de trouver ses chenilles, ici sur les feuilles de la Moutarde blanche, là sur celles des brocolis. Des chenilles finement velues, vert clair, marquées à maturité d’une ligne dorsale et de petits points latéraux jaunes. Moins faciles à déceler que celles de la Piéride du chou, elles sont hélas tout aussi voraces.

Juin 2023. Sur un épi de Salicaire.

Mi-octobre 2021. Des taches plus grisâtres que noire à la pointe des antérieures. Les écailles grises du revers des postérieures sont diffuses, plus prononcées dans les générations estivales et automnales comme ici.

Petite chenille verte sur une feuille de Moutarde blanche. Immature, elle n’arbore pas encore son discret décor jaune…

Sur une feuille de brocolis : fine ligne jaune dessus, discret alignement de tirets du même jaune sur les côtés.

Chenille de la Piéride.

La chenille de la Piéride du chou est plus voyante au potager.

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Photos JF Irastorza

 

Le Petit nacré

Petit nacré sur Pulicaire dysentérique.

Un papillon de taille moyenne. Le Petit nacré. Orange vif, constellé de petites taches rondes, noires et brun foncé.

Petit nacré sur Pulicaire dysentérique.Dans la série des papillons orange familiers du jardin, voici le Petit nacré (Issoria lathonia) dans sa génération automnale. Ici pas de réseau de taches plus ou moins carrées comme avec le Tircis, le Satyre ou le Grand damier. Pas de lignes sinueuses comme chez la mégère. Et pas de larges aplats contrastés non plus comme sur la Belle dame. 

Plutôt une abondante moucheture brun foncé à l’image de Robert le diable… La régularité en plus, dans la taille des petites taches rondes comme dans leur alignement.

Hélas, au bain de soleil comme au butinage, celui-ci ne referme pas les ailes. Impossible donc d’en apercevoir le revers et ses taches nacrées emblématiques. Lors d’une prochaine rencontre peut-être…

En attendant, il reste un bon mois à cette ultime génération de l’année pour passer le relais. Ce sont en effet ses chenilles qui, sous forme de chrysalides, passeront l’hiver, accrochées à une tige de leur plante hôte, notamment la Violette sauvage et le Sainfoin. Voire la Bourrache.

Petit nacré sur végétation basse au pied d'une haie.

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Photos JF Irastorza