Le Grémil bleu pourpre

Grémil bleu pourpre et Bourdon des champs.

Une belle et graphique sauvageonne : le Grémil bleu pourpre court et dresse ses lumineuses étoiles au pied des haies. Sur les talus ensoleillés.

Grémil bleu pourpre et Aurore.Quel superbe bleu ! Intense, profond. Puis discrètement violacé au centre. Par petites grappes au pied des haies, les coroles étoilées du Grémil bleu pourpre (Buglossoides purpurocaerulea) ont quelque chose de fascinant pour les butineurs. La promesse de nectar semble aussi grande que l’entrée du calice est étroite !

Grémil bleu pourpre et Tircis.La couleur pourpre évoquée par le nom vernaculaire tient aux fleurs encore en bouton mais aussi au long tube nectarifère à l’arrière de la corole. Quant aux fines feuilles lancéolées, d’un joli vert bien franc, elles concourent à la présence très graphique de cette sauvageonne printanière. Elles étaient jadis récoltées et séchées en vue d’une infusion. D’où l’appellation populaire de Thé d’Europe.

En fleurs tout le printemps, le Grémil drageonne de toutes parts et finit par constituer un magnifique (mais envahissant) couvre-sol. Il s’acclimate très bien au jardin où il apprécie les expositions ensoleillées. Actuellement, au bord des chemins, il fait bon ménage avec la Stellaire hollostée, le Gléchome lierre terrestre et la Bugle rampante.

Mi-avril 2019. La visite tout en délicatesse de la petite Piéride de la moutarde.

Grémil bleu pourpre et Anthophore à pattes plumeuses.

La longue langue de l’Anthophore à pattes plumeuses est parfaite pour aller puiser le nectar au creux du tube nectarifère du Grémil bleu pourpre.

Mais gare à la Mélecte commune, abeille-coucou de l’Anthophore à pattes plumeuses, qui, sans surprise, rôle au long du même talus fleuri !

Monsieur Eucère sp. et ses très longues antennes.

En savoir plus :

 

L’Herbe au charpentier

Encore une sauvageonne bienvenue pour les butineurs. Et qu’importe si la corole de la Bugle rampante, alias l’Herbe au charpentier, semble tronquée…

En ce début de printemps, elle voisine avec le Gléchome lierre terrestre au bord des chemins. La Bugle rampante (Ajuga reptans), alias l’Herbe au charpentier, lui ressemble d’ailleurs un peu dans son allure et son comportement de couvre-sol. Toutefois, en épis mauves ponctués de bractées empourprées, les fleurs sont assez différentes.

Contrairement à celles de la Bugle rampante, les fleurs du Gléchome lierre terrestre présentent deux lèvres superposées : la piste d’atterrissage des butineurs, également trilobées, et un auvent plus court, auquel sont soudées les étamines, au dessus de l’entrée du calice.

À bien y regarder, il y manque en effet quelque chose. Pas de lèvre supérieure ! Du moins est-elle à peine esquissée, comme atrofiée. La corole se résume dès lors à une lèvre unique, fortement trilobée, veinée de violet. Mais pas le moindre auvent pour protéger style et étamines, à l’entrée du calice. Les butineurs n’en trouvent pas moins le chemin du nectar. Sans encombre.

Réputée comestible, la Bugle rampante reste cependant plutôt insipide tant crue que cuite. La belle sauvageonne compte surtout au nombre des médicinales. Sa principale vertu lui vaut d’être dédiée « au charpentier » dont elle est censée cicatriser les plaies.

Source :

Les petites corolles mauves de la Bugle rampante semblent incomplètes, comme si on en avait coupé la lèvre supérieure. Une exception dans la famille des Labiacées qui comptent habituellement deux lèvres superposées.

Deux lèvres ou pas, le Grand bombyle ne se pose pas de question : en vol stationnaire, les pattes à peine posées sur la « piste d’atterrissage », le nectar, c’est droit devant !

Même les papillons dits de nuits sont au rendez-vous. Ici Madame Phalène picotée.

 

Le Cresson des prés

Aurore sur Cardamine, alias Cresson des prés.

C’est la pleine saison de la Cardamine, alias le Cresson des prés. Très appréciée des butineurs, elle relève également salades et crudités.

Grand bombyle sur Cardamine, alias Cresson des prés.Elle partage avec sa cousine la Cardamine hérissée, les sobriquets de Cressonnette et de Faux-cresson. La Cardamine des prés (Cardamine pratensis), alias encore le Cresson des prés, est actuellement en fleurs sur les prairies humides du marais.

En touffes légères, elle forme çà et là d’élégantes colonies prises d’assaut par les premiers butineurs, abeilles sauvages et papillons. À commencer naturellement par la petite Aurore qui lui est inféodée et lui doit son nom latin, Anthocharis cardamines.

Quant aux noms populaires de cette jolie herbacée, ne vous bercez pas trop d’illusions ! Le goût épicé de la Cardamine – dont on ne récolte que les petites rosettes basales – rappelle certes le cresson. Mais il est trop puissant pour en faire un légume à part entière. Voila cependant un bon condiment qui donne du peps aux salades. De la même manière, avec parcimonie, les petites fleurs rose violacé, légèrement veinées, apportent couleurs délicates et saveurs piquantes aux crudités du printemps…

Source : 

Andrène blonde sur Cardamine, alias Cresson des prés.

Aurore sur Cardamine, alias Cresson des prés.

Cardamine des prés / Un jardin dans le Marais poitevin.

Cressonnette, Cardamine hérissée / Un jardin dans le Marais poitevin.

Comme avec sa cousine, la Cardamine hérissée, la récolte s’effectue au stade de la rosette basale, avant que la hampe florale ne se développe. Et si les fleurs peuvent se consommer, c’est avec parcimonie, compte tenu de leur saveur corsée…