
Fin janvier. Une des rares sources de pollen au coeur de l’hiver pour les butineurs les plus téméraires. Ici le Syrphe des corolles.
Une minuscule fleur sauvage tout en délicatesse. La Véronique de Perse profite de l’intersaison pour tenter sa chance…
Quand tout semble s’éteindre au jardin, on peut toujours compter sur une ou deux plantes sauvages pour apporter de-ci de-là un peu de fantaisie. Et accueillir les premiers butineurs le moment venu. Actuellement, c’est la Véronique de Perse qui s’y colle. Secouée par la gelée blanche de fin-novembre, la voilà timidement refleurie.
Rien de très spectaculaire en vérité mais de délicates petites fleurs bleu pâle, légèrement violacé, striées de bleu plus foncé. C’est à peine si on perçoit ici, dans la belle régularité de la corolle, la forme ovale plus pointue du pétale inférieur, caractéristique de la plupart des Véroniques. Ce discret raffinement semble n’avoir d’autre but que de mettre en scène le bleu soutenu des deux étamines.
La Véronique de Perse apprécie la terre bien souple, fraichement remuée. Au printemps, si on la laissait faire, elle aurait tôt fait de recouvrir chaque planche d’une épaisse nappe verte piquetée de bleu. En cette saison, elle profite de l’entre-deux du jardin. Mais la fenêtre est courte entre récoltes et nouvelles plantations. Elle a déjà cédé la place à l’ail, aux fèves et aux petits pois…

La nuit ou sous les nuages, la Véronique referme ses petites corolles pour s’offrir aux butineurs surtout l’après-midi sous le soleil.
Premiers butineurs

Mars 2020. Les corolles largement ouvertes pour accueillir syrphes et abeilles sauvages. Ici l’Anthophore plumeuse…

… et le Grand bombyle.

Petit Andrène sp. tout ébouriffé au sortir de la corolle bleue.

Des corolles à la mesure du petit Éristale bronzé aux yeux mouchetés.

Mi février. La Mouche automnale tient son nom de sa propension à se rapprocher des maisons et des granges en automne. Mais elle n’attend pas la fin de l’hiver pour en sortir !

Mi février. Même l’abeille domestique fréquente la Véronique de perse au coeur de l’hiver !
En savoir plus :
- Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
- Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
- Avec l’herbier numérique dessus site flore-en-ligne.fr
- Avec le site sauvagesdupoitou.com
Photos JF Irastorza

Le vent aidant, les graines venues des haies, des fourrés et des prairies alentour n’épargnent évidemment pas le potager. Notamment celles des chardons. Gare à l’envahissement !


Quand elle sort de terre, sous les peupliers du jardin, on dirait le lobe fripé d’une oreille. C’est d’ailleurs un de ses noms vernaculaires. L’Oreille de chat. On l’appelle aussi parfois Morille d’automne. Mais gare ! L’Helvelle crépue est toxique. Surtout crue. Mieux vaut se contenter de l’admirer.


