Coléoptères du jardin

Grands amateurs de nectar et surtout de pollen, les coléoptères participent, à leur manière, à la pollinisation du jardin.

Certes, la plupart n’y vont pas avec le dos des mandibules ! Les coléoptères sont plus brouteurs que délicats lécheurs. Les Cétoines par exemple ont la (mauvaise) réputation de malmener les fleurs, les roses notamment qu’elles peuvent castrer à force de gloutonnerie. Mais d’une sauf surnombre, les dommages restent généralement mineurs.

Si les adultes sont le plus souvent floricoles, certains sont plutôt carnassiers, chasseurs de limaces, de larves et de pucerons. À ce titre, ils comptent parmi les principaux auxiliaires du jardin.

Les larves de coléoptères ont des régimes alimentaires divers. Certaines participent à la décomposition des bois morts ou du compost, d’autres (hélas) sont friandes de racines (comme les « vers blancs » du hanneton), D’autres, telles les coccinelles, sont célèbres pour leur bel appétit face aux colonies de pucerons.

Enfin, quelques coléoptères confient leur progéniture aux nids d’abeilles sauvages. Parfois  avec des stratagèmes étonnants.

Les chasseurs

Vert mâtiné de cuivre et de blanc : elle court, elle court la Cicindèle champêtre, toujours en chasse d’insectes divers.

Carabe purpurin.

Noir, marginé de violet et de bleu, le Carabe purpurin compte parmi les auxiliaires les plus précieux du jardin. Ses larves également.

Larve de Staphylin noir / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Staphylin noir, alias le Staphylin (mal) odorant, comme ses larves ici, chasse larves diverses et dévore jusqu’aux cadavres de rencontre.

Le Téléphore fauve en nombre au jardin ? Pas de panique. Le petit coléoptère orangé est un excellent chasseur. Particulièrement de pucerons !

Rouge orangé et noir : le Téléphore moine chasse notamment larves et chenilles. Et sa progéniture adore escargots et petites limaces.

Larve de coccinelle asiatique et pucerons / Un jardin dans le Marais poitevin.

La femelle de la coccinelle (autochtone ou asiatique) installe sa progéniture à proximité d’une source de protéines : une colonie de pucerons !

Les longicornes

Petit capricorne sur inflorescence de cornouiller sanguin.

Entièrement noir,  spectaculaire avec ses très longues antennes, le Petit capricorne est un bel amateur de nectar et de pollen. Ses larves sont xylophages.

 

Un longicorne aux élytres brun jaune fuselés. Haut sur pattes, le Lepture fauve broute le pollen. Ses larves participent à la décomposition des bois morts.

Silhouette effilée, dominante noire et ocre : l’élégant Lepture tacheté participe, par ses larves, à la décomposition des bois morts.

Les entomologistes ont parfois un côté fleur bleue. Ils auraient pu opter pour Cupidon tant la flèche noire saute au yeux. Mais va pour Lepture porte-coeur !

Larges bandes élytrales dorées sur fond noir : le Lepture à couleur d’or installe sa progéniture dans les vieilles souches de peuplier.

Un petit coléoptère noir rayé de jaune : adulte, le Clyte bélier adulte est floricole, sa progéniture xylophage.

Vert métallique, le petit Oedémère noble est incomparable au jardin, avec ses élytres effilés et, surtout, les fémurs ostentatoires du mâle.

Costume queue de pie de rigueur quand le Sténoptère roux visite la Reine des prés. Et des fémurs à peine enflés.

Les Cétoines

Évidemment elle peut malmener quelques fleurs mais que serait le jardin au printemps sans la compagnie de la rutilante Cétoine dorée ?

Sombre, finement maculée de blanc, la Cétoine marbrée butine mais apprécie aussi les écoulements de sève des arbres blessés.

Sauf prolifération, la Cétoine grise, alias le drap mortuaire, est utile au potager où ses larves participent à la décomposition du compost.

Les adultes noirs et gris de la Cétoine à tarière sont floricoles. La femelle perce l’écorce des arbres pourrissants pour y pondre.

Cousine des cétoines, la Trichie du rosier : un superbe coléoptère amateur de pollen. Au jardin comme dans les haies.

Les parasites

Son nom est trompeur : les larves du tranquille Clairon des ruches ne s’attaquent pas aux abeilles domestiques mais aux nids des abeilles sauvages.

La Stenoria analis pond ici au revers d’une feuille d’aubergine. Les larves du petit coléoptère se nourriront bientôt aux dépens du Collète du lierre…

Méloé agrippé à une tige de Lierre terrestre, courts élytres et volumineux abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sacrée bedaine ! Le Méloé est bien incapable de voler. Ses larves pratiquent un covoiturage funeste pour les abeilles qui les transportent…

Sitaris des murailles.

Le parasitisme est parfois toute une aventure. Témoin la vie rocambolesque du Sitaris des murailles. Surtout de ses larves !

Chez les Chrysomèles

Chrysomèle de la menthe.

La Chrysomèle de la menthe a bel appétit. Ses larves aussi. Un peu au jardin mais surtout sur la menthe sauvage des prairies humides.

Chrysomème du peuplier : élytres rouge vif, tout le reste noir / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une des plus « grosses » de la famille. La Chrysomèle du peuplier sévit surtout dans les peupleraies alentour.

Chrysolmèle de Banks sur hémérocalle.

Peu commune, la Chrysomèle de Banks de passage au jardin. Plus que les légumes, elle aime la menthe, les lamiers et même les orties !

Chez les charançons

Long rostre noir, antennes coudées, élytres ponctués : le Charançon couronné se distingue surtout par un fin liseré d’or à l’arrière du thorax.

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Comme ses larves, le Charançon de la salicaire a un goût exclusif pour sa plante hôte dont il contient ainsi un peu les ardeurs invasives.

Charançon travailleur, accouplement, sur Circe commun.

Vous voulez rencontrer le Charançon travailleur ? Cherchez un chardon ! C’est là qu’il nait, butine et s’accouple.

Charançon influent, femelle.

Un fin rostre coudé, de longues pattes avant chez le mâle : le Charançon influent installe sa progéniture dans les bourgeons de peuplier.

Lixus poudreux sur fleur de Dahlia / Un jardin dans le Marais poitevin.

Large silhouette fuselé, long rostre cyclindrique arqué : le Lixus poudreux présente une pruinosité jaunâtre sur fond noir.

Et aussi…

Inoffensifs, peu craintifs, le Cardinal à tête rouge et son compère à tête noire sont quasi jumeaux. À la tête près.

Scarabée de belle taille aux élytres brun roux : le Hanneton commun fréquente les haies printanières. Et ses larves se nourrissent de racines.

Le cauchemar du potager ! Le ver « fil de fer », alias le Taupin, s’en prend notamment aux salades et aux tubercules.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza