Quand la Tipule pullule…

La Tipule. Ici un mâle, reconnaissable à l'extrémité large et carrée de son abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.

La Tipule, la grande dégingandée du jardin, est inoffensive. Mais gare à la prolifération de ses larves au potager. Aussi ravageuses que le Taupin et la chenille de la Noctuelle.

La Tipule. Ici une femelle, reconnaissable à l'extrémité en pointe de son abdomen / Un jardin dans le Marais poitevin.On est plus habitué à la voir en juillet-août qu’en octobre. Mais si le long été sec et chaud ne lui a pas été favorable, cet automne doux et enfin humide lui permet de rattraper le temps perdu. Avec une priorité, s’accoupler et pondre. Hélas !

Car si la Tipule est parfaitement inoffensive au jardin ou ailleurs, ses larves comptent parmi les grands ravageurs du potager.

Certes, ces petits « vers gris » ont aussi de bons côtés. Se développant sous terre, ils y creusent des galeries et contribuent ainsi à l’aération du sol. Ils facilitent également la décomposition des débris végétaux dont ils se nourrissent.

Mais leur appétit ne s’arrête malheureusement pas là ! Ils rivalisent en effet avec le Taupin et la chenille de la Noctuelle dans l’art de prendre les jeunes plans de légumes au collet. Autrement dit, point trop n’en faut !

Raison de plus pour accueillir oiseaux, hérissons et musaraignes au jardin. C’est à peu près le seul moyen de lutte contre la Tipule, cette grande dégingandée encombrée par ses longues pattes. Et contre la prolifération de ses larves surtout.

Accouplement de Tipules / Un jardin dans le Marais poitevin.

Peu après l’accouplement, la femelle déposera ses oeufs au sol où les larves s’enfouiront pour se développer au détriment des racines, rhizomes et tubercules. La nuit, elles remonteront parfois à la surface la nuit pour s’attaquer au collet des végétaux.

Parmi les prédateurs de la Tipule, l’Asile frelon, aussi peu engageant qu’efficace chasseur….

… et les guêpes. Celle-ci s’apprête à la déchiqueter après s’être débarrassée des ailes est des pattes.

Un autre prédateur de la Tipule, ou plutôt de ses larves : précieux mille-pattes, le Géophile vit sous terre et c’est un redoutable carnassier.

 

Chenille de Phalène en mode brindille

Chenille de la Phalène / un jardin dans le Marais poitevin.

La chenille de la Phalène / Un jardin dans le Marais poitevinUn grand classique. Toujours aussi impressionnant. La chenille de la Phalène. Enfin d’une phalène. Tant la famille est nombreuse. Difficile ici à déterminer. Peut-être la Boarmie crépusculaire (Ectropis crepusculariaa). Quoiqu’il en soit, elle joue les brindilles sur le paillage d’une jardinière. Parmi les feuilles mortes, le mimétisme est parfait.

Mais si elle est malgré tout dérangée, elle a tôt fait de disparaître avec son allure si particulière d’arpenteur. Elle se cabre d’abord, puis se penche, campée sur ses pattes ventouses arrières, comme pour mieux scruter les chemins possibles alentours. Et la voilà partie. Passer d’une feuille à l’autre ? Rien de plus facile avec un tel jeu de ressort, prenant alternativement appui sur les trains avant et arrière.

L’alerte passée, le corps se raidit et les petites pattes s’escamotent. C’est généralement sa position favorite en « mode jour ». Le meilleur moyen de passer inaperçue. En attendant la nuit pour pouvoir manger tranquille. Quand toutes les chenilles sont plus ou moins grises.

En savoir plus :

Une cousine. La Boarmie pétrifiée au décor minéral caractéristique.

 

Une autre chenille de phalène (indéterminée) en « mode brindille », accrochée sur une épine de rosier.

Une belle arpenteuse ! La chenille de l’Hibernie défeuillante dans son attitude spécifique d’orante (tête et première paire de pattes relevées) lorsqu’elle s’immobilise.

Une phalène parmi bien d’autres : l’Alternée, ou Phalène du gaillet, présente une jolie livrée festonnée.

L’Acidalie dégénérée : un nom peu flatteur pour cette autre phalène à la dominante certes délavée mais tout aussi raffinée.

Comme son nom le suggère, la Brocatelle dorée évoque les précieux tissus brochés de la Renaissance.

Le Géomètre à barreaux. Le nom évoque à la fois le mode de déplacement de la chenille arpenteuse et, côté décor, un jeu d’épaisses lignes concentriques ponctuées de traits plus fins. Comme les barreaux d’un échelle.

La Phélène picotée, un décor alternant les bandes dorées et brunes, abondamment mouchetées.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Terreau de feuilles : c’est parti !

Le tas de terreau de feuilles de l'automne dernier a fait place nette : le grand ramassage peut commencer !

Le terreau de feuilles ne coûte rien. Sinon le temps passé à ramasser la manne véhiculée par le vent. En ce début octobre, et pour quelques semaines, les peupliers du jardin se lâchent !

La tondeuse facilite la collecte et broie les feuilles pour un meilleur compostage.La pluie et les coups de vent sont de retour, accélérant la chute des feuilles des grands peupliers en bordure du potager. Pour ne pas se laisser déborder, mieux vaut ne pas retarder le ramassage. Une à deux fois par semaine pour commencer. Dans quelque temps, il faudra mettre les bouchées doubles.

La tondeuse facilite la collecte en même temps qu’elle broie les feuilles et les petits rameaux qui les rassemblent parfois en bouquets. Et tant mieux s’il pleut régulièrement désormais. Le compostage n’en sera que plus efficace.

Comme un soufflé

Une partie des feuilles ramassées n’ira pas au terreau mais permettra d’aménager par ailleurs « un manteau pour l’hiver » sur les platebandes des vivaces.

Le stock de terreau de feuilles de l’automne dernier est épuisé. Ou presque. En grande partie incorporé à la terre des planches vacantes, avant le récent semis d’engrais vert, il fournira aussi le substrat des semis en godets et en plaques alvéolées du printemps prochain.

Sous le grand cerisier déplumé, le champ est ainsi libre pour accueillir le nouveau tas de feuilles mortes. Mais pas question d’y mettre les feuilles du noyer qui, atteintes d’anthracnose, sont ramassées à part pour être brûlées.

Encore modeste, le monticule grimpera vite. Il retombera comme un soufflé au cours de l’hiver. Et l’été prochain, il peaufinera tranquillement sa décomposition à l’ombre du cerisier.

Dès maintenant, la pluie aidant, il suffit d’y plonger la main pour percevoir la chaleur d’un début de compostage déjà à l’oeuvre. Le futur terreau se prépare maintenant !

Feuilles mortes.

Parmi les feuilles jonchant le jardin, des pétioles boursoufflés et tire-bouchonnés… C’est la piqure d’un puceron (Pemphigus spirothecae) qui a provoqué le gonflement et la torsion des fibres. Pour mieux y loger sa progéniture. Celle-ci hiverne dans les anfractuosités de l’écorce des peupliers.

Photos JF Irastorza