Haies et papillons

Il suffit d’un peu de soleil en cette fin d’hiver. Les premiers papillons se rallient au panache blanc des haies en fleurs !

Comme par magie, un beau matin, les haies alentour s’illuminent de blanc. Prunelliers et autres prunus : une avalanche de petites fleurs par millions. L’éphémère abondance de nectar galvanise les premiers butineurs. Finie la dormance hivernale. Haies et papillons à l’unisson !

À commencer par les grands voiliers qui ont besoin de se requinquer. Après plusieurs mois de jeûne sous une litière de feuilles mortes, au creux d’une épaisse couverture de lierre ou dans quelque recoin d’une cabane de jardin… Voilà donc la Grande tortue, le Paon du jour, le Vulcain et Robert le Diable.

Sans oublier ceux qui viennent tout juste de naître après une hibernation sous forme de chrysalide. Le familier Tircis et le délicat Azuré des nerpruns par exemple.

Le printemps est lancé. Si la première floraison des haies ne dure guère, l’aubépine prendra bientôt le relais. Et mirabelliers, poiriers comme pommiers sont déjà dans le starting-blocks au jardin.

Le Tircis.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

L’Osmie cornue prend des forces

Osmie cornue mâle sur pissenlit.

Nectar à discrétion ! Rien de tel que le pissenlit au sortir du nid. L’Osmie cornue mâle prend ainsi des forces avant de conter fleurette dans quelques jours !

Osmie cornue mâle sur pissenlit.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars à juin.

On ne dira jamais assez l’importance des fleurs sauvages. Notamment les pissenlits, généreuse source de nectar et de pollen pour les abeilles solitaires émergentes en toute fin de l’hiver. Particulièrement la petite Osmie cornue (Osmia cornuta), une des toutes premières butineuses, sur le pont dès fin février début mars.

Évidemment, les pissenlits ne manquent pas sur les prairies alentour. Mais à quoi bon installer des « hôtels à insectes » au jardin si les abeilles ne trouvent pas de nourriture sur place ? Or, c’est encore bien trop tôt pour les arbres fruitiers ou les massifs fleuris. En attendant, vivent donc les sauvageonnes au jardin ! Au pied des haies comme dans les allées et les parties enherbées du potager.

Petit gabarit et barbichette claire, court abdomen roux et pourpoint noir, Monsieur Osmie cornue prend ainsi des forces pour être au taquet lorsque ces dames, à leur tour, sortiront du nid. Nettement plus costaudes, ce sont elles qui portent les fameuses « cornes » faciales auxquelles l’espèce doit sont nom. Elles émergent une dizaine de jours après les mâles. C’est pour bientôt.

Osmie cornue mâle sur pissenlit.

Tout juste un centimètre pour l’Osmie cornue mâle contre près d’un centimètre et demi pour la femelle. Dépourvu de cornes, apanage de ces dames, il arbore un toupet facial cendré.

Une autre source de nectar très appréciée par l’Osmie cornue : le romarin. On voit bien ici, entre antennes et pièces bucales, la « barbichette » grise du mâle.

Mi février. Émergence précoce ici sur le Laurier tin.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions / Métive.
  • L’Osmie cornue avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Fritillaire pintade

Fritillaire pintade.

Le printemps est en route. En témoignent, déjà, les superbes corolles violacées de la Fritillaire pintade sur les prairies humides du marais.

Fritillaire pintade.

Une silhouette gracile jusque dans les longues feuilles lancéolées qui alternent sur la frêle hampe. La Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) semble ployer sous la charge des clochettes à damier. À vrai dire, même en boutons, les fleurs ne sont jamais dressées. Le port retombant est leur marque de fabrique. Comme leur incomparable robe.

Les premiers butineurs tombent vite sous le charme. D’autant qu’ici et là les jupons commencent à s’entrouvrir pour dévoiler de longues étamines jaunes chargées de pollen.

Cela dit, comme la tulipe sa cousine, la Fritiliaire pintade compte aussi sur ses bulbes pour faire perdurer et développer ses colonies. Pourvu que la terre tourbeuse du marais reste humide !

Fritillaire pintade.

Une armature étoilée caractéristique qui forme une sorte d’épaulette coudée à la base de chacun des six tépales de la fritillaire.

Six étamines jaunes resserrés autour d’un style central verdâtre porteur de trois stigmates.

D’abord verdâtres puis progressivement violacés, les boutons fuselés de la fritillaire adoptent d’emblée un port retombant.

Le Bourdon terrestre semble ouvrir un rideau pour entrer sous la corolle…

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages,2009, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, 2022, guide nature, collectif, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza