Le Charançon de la salicaire

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Comme ses larves, le Charançon de la salicaire a un goût exclusif pour sa plante hôte dont il contient ainsi un peu les ardeurs invasives.

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Taille maxi : 12 mm. Visible de juin à août (plutôt nocturne).

Une silhouette sans surprise. Trapue, ovoïde, avec une petite tête incrustée dans un thorax rond. Gros yeux et long « nez » recourbé : comme un masque carnavalesque affublé de solides antennes coudées. Bref, c’est bien un charançon. Assez semblable à la plupart de ses cousins et pourtant reconnaissable au premier coup d’oeil.

Le Charançon de la salicaire (Hylobius transversovittatus) n’a en effet pas son pareil ! Par la couleur tout d’abord. Entre brun cramoisi et rouge vénitien. L’ensemble est ensuite très fortement ponctué, des élytres au rostre en passant par le thorax. À noter enfin des fémurs enflés et deux lignes de petites taches jaune clair sur les élytres.

C’est peu dire que ce charançon-ci est inféodé aux zones humides. En fait, comme son nom le suggère, il est surtout inséparable de sa plante-hôte. Les adultes en grignotent les feuilles. Plus insidieuses, les larves se développent dans les racines ligneuses de la souche. Ainsi, le petit coléoptère participe discrètement à la régulation de la salicaire réputée envahissante.

Le Charançon de la salicaire ne présente pas toujours cette dominante cramoisie, le brun foncé étant souvent alors de rigueur. Les mouchetures jaune clair – en fait de petites touffes de poils – trouvent un discret écho à l’arrière du thorax et à la base des élytres.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Charançon de la salicaire avec le site quelestcetanimal.com
  • Hylobius transversovittatus avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Criquet noir-ébène

Criquet noir-ébène sur Sauge officinale.

Pointe abdominale rouge orangé sur une dominante sombre pour le Criquet noir ébène. Dos café au lait pour le mâle, vert clair pour la femelle.

Criquet noir-ébène sur touffe de mélisse.

Taille maxi : 21 mm. Visible de mai à octobre. Posté sur le feuillage fané de la mélisse, Roméo se laisse aller au langoureux vibrato de ses fémurs frottés contre les ailes.

Mimétisme aidant, le Criquet noir-ébène (Omocestus rufipes) passe quasi inaperçu lorsqu’il prend position sur le feuillage fané de la mélisse. Il se détache mieux, tout à côté, sur celui bien vert de la Sauge officinale.

Le contraste saute alors aux yeux entre la dominante noire (d’où son nom) et la pointe rougeoyante de l’abdomen. Il s’agit ici d’un mâle dont le dessus est café-au-lait quand celui de la femelle est vert.

Il n’est pas là pour manger. Comme la plupart des criquets, il fait en effet son ordinaire de graminées et de plantes herbacées. Il suffit de s’éloigner un peu pour comprendre : ses fémurs se redressent bientôt et se mettent à vibrer, frottant contre le bord des ailes à la manière d’un archet. Sur les aromatiques du jardin, il prend ainsi simplement un peu de hauteur pour « chanter » et mieux se faire entendre des belles alentour !

Criquet noir-ébène sur feuille de sauge officinale.

Un liseré beige souligne la sinuosité des carènes en bordure du thorax.

Autres signes distinctifs : une tache blanche sur l’extrémité noire des ailes ; les deux tiers avant de l’abdomen noirs rayés de blanc ; extrémités des palpes blanches (pièces buccales bien visibles ici).

Carènes également flexueuses, avant de l’abdomen noir rayé de clair… Pour le reste, le dimorphisme est important avec le mâle qui seul justifie de la qualificatif « noir-ébène » de l’espèce. À noter le dessus vert clair : Madame est d’autant plus difficile à distinguer dans l’herbe des allées du jardin…

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Criquet noir-ébène avec le site quelestcetanimal.com
  • Omocestus rufipes avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Citron

Citron sur Salicaire.

D’un été à l’autre ! Un seul passage de relais annuel, en juillet-août, pour le Citron. Une longévité record.

Envergure maxi : 60 mm. Visible de février novembre.

La vieille garde lâche prise progressivement depuis le début d’été. Après avoir traverser quatre saisons. Sacré exploit. Le Citron (Goneptryx rhamni) est en effet un des rares papillons à vivre une année complète en une seule génération. Mais tout a une fin. Le Citron nouveau vient donc d’arriver !

Fin juillet, début août. Au bord des fossés du marais, la salicaine et la Menthe aquatique lui font bon accueil. Il s’y repaît longuement de nectar, les ailes toujours refermées. L’exception confirmant la règle, elles sont ici légèrement entrouvertes, laissant (un peu) entrevoir leur avers jaune vif pointé d’orange. 

Le revers est moins voyant. Jaune vert, fortement nervuré, avec une découpe évoquant une feuille, il pousse le mimétisme jusqu’à présenter des taches roussâtres, à la manière de quelque maladie foliaire. 

Camouflage aidant, le Citron a intérêt à se ménager, avec la faculté de se mettre « en pause » en cas de trop forte canicule puis, bien-sûr, pendant l’hiver. Car il ne s’accouplera qu’au printemps prochain pour passer le relai au milieu de l’été. Sacré bail !

Spectaculaire en vol, le Citron est souvent beaucoup plus discret dès qu’il se pose. Une manière toute personnelle de se fondre dans la végétation.

Les quatre saisons du Citron : au sortir de l’hiver

On dit que la Citron ne dort que d’une oeil ! À vrai dire, il sécrète une sorte des substance « anti gel » qui lui permet de faire face aux rigueurs de l’hiver, sans véritablement se calfeutrer comme peut le faire le Paon-du-jour. Dès lors, aux premiers beaux jours de janvier-février : reprise des vadrouilles et bains de soleil revigorants au pied d’une haie du jardin.

Début mars. Heureusement, quand tout semble endormis par ailleurs, on peut toujours compter sur les pissenlits !

Le printemps

Mi-juin. Très pâle sous le soleil, Madame butine les petites fleurs mauves de la Brunelle sauvage.

Mi-juin. La face dorsale de Madame est très claire, blanc verdâtre. Le cliché n’est pas d’une grande netteté mais c’est si rare de saisir le Citron les ailes grandes ouvertes !

Fin mai. Sur une inflorescence de Scabieuse.

Mi juin. Première marguerite pour Madame…

L’été

Fin juin. Sur la généreuse Verveine de Buenos Aires.

Fin juin. Une valeur sûre tout l’été ou presque : les hauts épis de la salicaire.

Fin juillet. Sur une inflorescence de cardère.

Début juillet. Sur un capitule de Cirse commun.

L’automne

Mi septembre. Le jaune citron transparaît un peu dans le contre-jour.

Début octobre. Feuilles parmi les feuilles, plus que jamais !

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Citron avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza