Le Machaon grand porte-queue

Machaon sur inflorescence de phacélie.

Un superbe décor de marqueterie et de précieuses incrustations colorées : le Machaon, à la fois sobre et spectaculaire.

Machaon sur inflorescence de phacélie.

Envergure maxi : 90 mm. Visible d’avril à août.

C’est, avec le Flambé, l’un des papillons les plus majestueux du jardin. Comme lui, le Machaon, alias le grand porte-queue (Papilio machaon) se repère de loin à ses grands vols colorés. Tout à tour rapides et amples, souvent planés. Mais il sait aussi prendre le temps de la dégustation.

Lorsqu’il fait halte sur un parterre fleuri, ici sur les inflorescences de la phacélie, il ouvre largement sa voilure à dominante jaune et noire. Sur les antérieures, triangulaires, le noir est poudré ou marqueté de jaune clair. Outre leur fine queue soulignée d’un trait noir, les postérieures, du même jaune clair, rehausse l’ensemble avec une large bande sombre ponctuée d’ocelles bleus et rouge orangé.

La progéniture du Machaon apprécie notamment les carottes sauvages. Et les carottes cultivées à vrai dire. Également l’aneth, le persil, le fenouil et le panais… Pas de panique pour autant. La ponte est toujours très clairsemée. Et les chenilles jamais grégaires. Très voyantes (noir et orange sur fond vert), il suffit de les ramasser pour les conduire dans une prairie voisine. Ou de laisser faire s‘il s’agit d’un ou deux individus isolés. Le spectacle du Machaon vaut bien un petit grignotage ! 

Machaon sur inflorescence de phacélie.

Fin avril. Sur les modestes mais irrésistibles ombelles du Cerfeuil sauvage. Les premières du printemps au bord du halage.

Début mai. Décidément, la phacélie est un passage obligé quand le Machaon traverse le jardin !

Mi juin. Sur un épi de buddléia.

Mi juillet. Sur un capitule de Cirse commun.

Fin juillet. Sur un inflorescence de verveine de Buenos Aires.

D’autres « porte-queue » du jardin

Tout en majesté : le Flambé.

Azuré porte-queue sur inflorescence de cardère.

Beaucoup plus modeste, par la taille et la palette de couleurs : l’Azuré porte-queue.

Azuré de la faucille

L’Azuré de la faucille, alias le rase-queue : on ne peut pas être plus explicite sur la discrétion de l’attribut de ce « petit bleu ».

Cuivré commun.

Pas vraiment une queue : une discrète excroissance pointue pour le Cuivré commun.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Machaon avec le site insectes-net.fr
  • Le Machaon avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Les amours de la Charpentière

Abeilles charpentières in copula.

Dans le mirabellier en fleurs, l’heureux élu de l’Abeille charpentière se déclare sans ambages. Quitte à commencer de façon acrobatique…

Abeilles charpentières in copula.L’amour ne tient parfois qu’à un fil… En l’occurence, le long style verdâtre d’une fleur de mirabellier ! Madame Abeille charpentière (Xylocopa violacea) y accroche ses mandibules. Le temps de se décider.

Car ce n’est pas le premier mâle qui tente là sa chance. Vite éconduits. Cette fois, ce pourrait être le bon. Oui mais, comment faire, dans cette improbable position ? Le tandem s’envole bientôt. Toujours accolés, Monsieur et Madame ne vont pas très loin. Le premier bouquet de fleurs venu fait l’affaire. Pourvu qu’il soit possible de s’y agripper confortablement.

Après une étreinte plus expéditive que romantique, le butinage reprend ses droits. C’est que Madame va plus que jamais avoir besoin d’énergie. Creuser un nid dans le bois d’un arbre mort. Y aménager les cellules des futures larves. Les approvisionner en nectar et pollen… Pour un passage de relais prévu en fin d’été. Et la nouvelle génération passera alors l’hiver en dormance. À l’abri de quelque terrier de rongeur abandonné ou d’un tas de bois. Jusqu’en mars-avril.

Abeilles charpentières in copula.

Entièrement noire, avec des reflets bleu violacé sur les ailes relevées pendant le butinage.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • La Charpentière avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

La Mallota fusiforme

Mallota fusiforme sur fleur de mirabellier.

Avec son allure de petit bourdon, la Mallota fusiforme se distingue facilement sur le mirabellier en fleurs. Une active butineuse.

Mallota fusiforme sur fleur de mirabellier.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mars à mai.

Encore une mouche qui se prend pour un bourdon ! La maligne Mallota fusiforme (Mallota fusiformis) pousse l’illusion jusqu’à multiplier les bandeaux contrastés – jaune, gris, roux – sur son abondante fourrure noire.  Sans oublier un épais toupet entre ses deux gros yeux globuleux noirs.

Comme un petit fuseau rondelet ! La Mallota n’a pas l’envergure de l’imposante Volucelle bourdon. Sa silhouette évoque plus le petit Bourdon des prés que ses lourds cousins, Bourdon des pierres ou Bourdon terrestre !

Outre les longues soies noires de ses tibias, la Mallota fusiforme se distingue par les reflets roux de ses ailes fortement nervurés. On y remarque le zigzag d’une ligne transversale assez sombre. Et, plus discrète, la nervure en V de la famille des éristales.

Inoffensive, la jolie mouche bourdonnante est une active butineuse. Son costume coloré lui donne fière allure. Et semble lui procurer quelque considération dans la bousculade printanière des fruitiers en fleurs.

Mallota fusiforme sur fleur de mirabellier.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza