L’Euphorbe réveille-matin

Euphorbe réveille-matin.

Ni pétales colorées ni fantaisie pour habiller l’intimité de l’Euphorbe réveille-matin. Et gare à son latex très urticant !

Euphorbe réveille-matin.

Sa pâle floraison jaune-vert tranche à peine sur le vert tendre de son feuillage. Comme nombre de modestes plantes sauvages du jardin, l’Euphorbe réveille-matin (Euphorbia helioscopia) apprécie l’intersaison. Sitôt remisées serfouette et binette, elle force le destin dans la terre encore meuble des planches inoccupées. 

Solidement enracinée, sa tige bien dressée s’épanouit en ombelles à cinq branches. Avec trois petites têtes florales pour chacune d’entre elles. Là, l’organisation est finalement plus simple qu’il n’y parait. 

Protégés par des bractées enveloppantes, on repère vite en effet les étamines productrices de pollen, émergeant de quatre glandes verdâtres suintantes de nectar. Tout à côté, tout rond, le futur fruit : autrement dit l’ovaire surmonté de trois styles aux stigmates bifides. Bref, des organes reproducteurs bruts de décoffrage !

Mais voilà déjà que, sans-gêne, de nouvelles petites têtes florales s’invitent dans d’alcôve, s’entrouvrent et semblent bousculer la fécondation en cours… Décidément, dépourvu de pétales pour habiller son intimité, l’Euphorbe réveille-matin n’a pas de pudeur !

Refermée la nuit, son inflorescence se tourne au levant, dès l’aube, pour s’ouvrir aux premiers rayons du soleil dont elle suit le cours en journée. D’où le nom de « réveille-matin ».

Euphorbe réveille-matin.

On l’appelle aussi parfois Herbe aux verrues. Mais attention, son latex blanc est surtout très toxique. La tradition lui prête la même vertu qu’à l’Euphorbe épurge : ni plus ni moins qu’éloigner les taupes. Et les campagnols qui n’apprécient guère le cuisant contact avec la substance très urticante coulant des tiges fraiches introduites (avec des gants) dans leurs galeries. Plutôt cruel !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • L’Euphorbe réveil-matin vec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

 

Le Pentatome méridional

Une punaise aux « épaulettes » noires bien marquées : le Pentatome méridional, amateur de graines fraîches.

Taille maxi : 14 mm. Visible de juin à octobre.

Des graines fraîches ? En cette fin d’été, le Pentatome méridional (Carpocoris mediterraneus) sait où en trouver. Sur la grande carcasse de la Bardane à petites têtes, il inspecte les capitules violacés qu’abeilles et papillons ont pollinisé… Sa gourmandise est là. Des graines en formation. Tendres et juteuses. Il les transperce de son rostre et les siphonne avec délectation.

Très variable d’un individu l’autre, du jaune vert au rouille, sa livrée présente quelques caractéristiques bien visibles ici. Pronotum aux bordures antérieures jaunes et aux angles latéraux saillants tachés de noir ; premier article orangé pour des antennes par ailleurs noires ; pattes orangées tirant là vers le jaune.

On remarquera enfin quatre bandes sombres plus ou moins estompées partant de la tête. Elles se prolongent sur le pronotum et se perdent en taches diffuses sur le scutellum.

On est très loin de l’invasion ce début d’automne. Les oiseaux et les mouches tachinaires ont suffit à en réguler la population. Il est vrai qu’en figeant puis grillant le potager, sécheresse et canicules de l’été ont été peu favorables aux insectes piqueurs-suceurs.

Tournée d’inspection également sur les cosmos dont la fructification constamment renouvelée tout l’été ne saurait ici tarder.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Carpocoris mediterraneus avec la galerie du site insecte.org
  • Le Pentatome méridional avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

La Rhubarbe en fleurs

Rhubarbe en fleurs, Flambé.

Entre côtes et floraison, il faut choisir. On ne voit donc jamais la rhubarbe en fleurs. Spectaculaire exception ce printemps !

Rhubarbe en fleurs, Andrène à pattes jaunesTant pis pour les côtes juteuses et acidulées ! Une fois n’est pas coutume, les solides hampes florales de la rhubarbe n’ont pas été sacrifiées ce printemps. Pour le simple plaisir de leurs hautes et voluptueuses inflorescences. Aussi lumineuses que celles de la Reine des prés. L’enivrant parfum en moins !

Les butineurs du jardin s’y régalent. Mais pas que.  Les papillons comme le Flambé. Les abeilles sauvages comme l’Andrène à pattes jaunes. Bien sûr. Reste que les plus assidues sont les cétoines. Quel plaisir en effet de venir là brouter ces bouquets de petites fleurs pour la robuste Cétoine dorée et ses familières cousines, la Cétoine grise et, plus petite encore, la Cétoine à tarière. Certaines s’y réfugient même le soir pour y passer la nuit !

Cela dit, inutile de laisser tout cela partir à graines. La souche appréciera bientôt d’être soulagée par un rabattage complet. Les pluies annoncées pour les jours prochains faciliteront la reprise. Avec de délicieuses tartes en perspective.

Rhubarbe en fleurs, Cétoine dorée

Une dominante verte, avec des reflets bronze, pour la Cétoine dorée dont les élytres sont marqués de stries et de taches blanches.

Rhubarbe en fleurs, Cétoine grise

La livrée noire maculée de blanc de la Cétoine grise lui vaut le surnom de Drap mortuaire.

Rhubarbe en fleurs, Cétoine à tarière

Les courts élytres de petite Cétoine à tarière, noirs tachés de beige, ne recouvrent qu’en partie l’abdomen, beige taché de noir.

Cétoine dorée sur inflorescence de Reine des prés.

Plus tardive, également fréquentée par les cétoines, la Reine des prés s’épanouit en début d’été.

Holà ! Les graines sont en pleine maturation. Il est temps de soulager la souche !

Bon, on ne va pas se le cacher ! Les hampes florales de la rhubarbe ont beau être spectaculaires, elles ne font pas oublier les subtiles saveurs de la tarte printanière par excellence… Alors, vivement la repousse des larges feuilles et de leurs juteux pétioles.

Photos JF Irastorza