La Funèbre

Noctuelle en deuil, alias La Funèbre, sur salicaire.

Les couleurs de la Noctuelle en deuil, alias La Funèbre, évoquent la pompe des obsèques de jadis. Quoique, sous le soleil d’août…

Noctuelle en deuil, alias La Funèbre, sur salicaire.

Envergure maxi : 25 mm. Visible d’avril à septembre.

Le soleil du matin aidant, la livrée de la Noctuelle en deuil (Tyta luctuosa), alias La Funèbre, devient presque ici chatoyante. Du moins son habituelle dominante noirâtre devient-elle davantage mordorée. Jusqu’aux yeux étrangement à l’unisson avec des reflets roux.

Cela dit, le dessin des lignes sinueuses comme des bandeaux plus ou moins foncés ne change pas pour autant. Notamment celui des larges taches blanches dont le contraste renforce une impression générale malgré tout assez tristounette. 

Réputée nocturne, la Funèbre apprécie aussi les lumineuses matinées estivales. Butineuse assidue, la nuit comme le jour, elle ne résiste pas notamment au nectar de la Salicaire. 

La seconde génération vient d’émerger. Elle volètera au jardin et dans les prairies alentour jusqu’en octobre. Ses chenilles passeront l’hiver à l’abri d’un cocon enterré. En attendant, elles se nourrissent principalement de feuilles et de fleurs en bouton. Avec une prédilection pour le Liseron des champs. À ce titre, voilà une noctuelle particulièrement utile ! 

Noctuelle en deuil, alias La Funèbre, sur salicaire.

Noctuelle en deuil, alias La Funèbre, sur salicaire.

Une livrée moins uniforme qu’il n’y paraît ! Le soleil fait ici ressortir tout un jeu de lignes, de nuances, de contrastes et de pointillés, difficilement lisibles ordinairement.

En savoir pus :

Photos JF Irastorza

 

L’Azuré des anthyllides

Argus des anthyllides, mâle, sur salicaire.

L’Azuré des Anthyllides, alias le Demi-Argus : dessus bleu violacé pour le mâle, brun uniforme pour la femelle.

Argus des anthyllides, mâle, sur salicaire.

Envergure maxi : 32 mm. Visible de mai à septembre.

Papillon de taille moyenne (25-30 mm d’envergure), l’Azuré des Anthyllides (Cyaniris semiargus) ne manque pas de sobriquets : Demi-Argus, le Petit bleu indigo, l’Argus violet… Et même parfois Le Mazarin. Non pas en référence au Cardinal mais bien plutôt à la couleur du mâle : loin du rouge cardinalice, un bleu foncé, tirant sur le violet. Bref, le « Mazarine blue » cher à nos amis anglais.

Ce bleu n’est pas uniforme mais fortement veiné, bordé de brun puis, in fine, souligné d’une frange blanche. On retrouve celle-ci chez la femelle dont le dessus des ailes est par ailleurs uniformément brun.

Le revers des ailes est identique pour les deux sexes. Un semi central de taches blanches pointées de noir s’y détache ainsi sur fond beige mâtiné de gris. Avec des suffusions bleutées près de l’abdomen. Mais aucune tache orangée ou noire à la marge. D’où le surnom de Demi-Argus qui souligne cette absence…

Argus des anthyllides, mâle, sur salicaire.

Sur les salicaires en bordure du halage. Pour l’essentiel, les petites taches blanches pointées de noir forment une longue ligne sinueuse d’une aile à l’autre.

Mi septembre. Madame, dessus des ailes uniformément brun, à peine nuancé de quelques suffusions bleues. Ici sur un capitule de Pulicaire dysentérique. En bordure du halage.

Début mai. Sur une petite corolle rose vif du Géranium découpé.

Fin août. En pause sur une feuille de guimauve.

Sources : 

  • Guide pratique des papillons de jour, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alain Cooper, 2022, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des « Petits bleus » avec aramel.free.fr
  • Lionel Higgins, Brian Hargreaves et Jacques Lhonoré, 1991. Papillons d’Europe et d’Afrique du nord, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza

 

La Noctuelle sulfurée

Noctuelle sulfurée sur épi floral de guimauve officinale.

La Noctuelle sulfurée, alias l’Arlequinette jaune,  est bienvenue : ses chenilles sont friandes de liseron !

Noctuelle sulfurée sur épi floral de guimauve officinale.

Envergure maxi : 24 mm. Visible de mai à septembre.

Un petit papillon de nuit. Pour autant,  la Noctuelle sulfurée (Acontia trabealis), alias l’Arlequinette jaune, aime se prélasser au soleil du matin. Dans une prairie voisine, elle prend ici position au plus haut d’un bouquet floral de Guimauve médicinale. Le temps d’une courte sieste.

Ailes antérieures repliées en bâtière, recouvrant postérieures grises et abdomen rayé : sa livrée léopardée ne manque pas de charme. Avec de larges bandes sinueuses et des taches noires sur fond légèrement soufré. Voilà une noctuelle que l’on peut admirer à loisir sans crainte aucune pour le potager !

Ses chenilles n’ont rien à voir en effet avec les trop fameux et voraces « vers gris » de sa cousine la Fiancée. Du moins n’apprécient-elles guère les légumes. Bien plus que les salades et autres jeunes plants pris au collet, elles préfèrent le liseron des haies et des prairies. Grand bien leur fasse !

Noctuelle sulfurée sur épi floral de guimauve officinale.

Noctuelle sulfurée sur fleur de bourrache.

Une autre Arlequinette sur une fleur de bourrache. On peut ainsi voir que, si la physionomie générale est la même, le dessin des lignes et des taches noires varient d’un individu à l’autre. De même que la couleur jaune pâle ou blanc crème du fond.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Inventaire de la grande famille des noctuelles : aramel.free.fr

Photos JF Irastorza