La Fumeterre officinale

Fumeterre officinale / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envahissante la Fumeterre officinale ? Sans doute. Mais pitié pour ses magnifiques fleurs pourpres ! Juste avant l’entrée en scène des légumes.

Fumeterre officinale / Un jardin dans le Marais poitevin.Tout a une fin ! Le sursis s’achève donc progressivement sur les platebandes du jardin laissées ces derniers mois au couvert des plantes sauvages.

Au fur et à mesure des plantations, les petites Véroniques de Perse et à feuilles de lierre, le Lamier pourpre, le Mouron des oiseaux et la Cardamine hérissée, notamment, cèdent ainsi la place aux premières batavias, à l’oignon blanc et aux pommes de terre précoces.

Parmi les dernières à tenter sa chance, la Fumeterre officinale met les bouchées doubles. Le feuillage a des allures de persil frisé. Plutôt terne, il ne retient guère l’attention. La tentation est grande d’en arracher les rosettes. Il serait toutefois dommage de ne pas attendre un peu. Les tiges grimpent vite en cette saison et, en toute hâte, la belle ne tarde pas à lancer ses superbes épis ! Entre rose et pourpre, les petites fleurs tubulaires signalent l’entrée de leur calice par un rouge plus soutenu. Les pollinisateurs ne s’y trompent pas. 

Comme les autres sauvages du jardin, la Fumeterre officinale tirera bientôt sa révérence. In extremis, elle aura eu le temps de grainer. Pour participer au prochain couvert hivernal et printanier du potager.

 

La Cardamine des prés

Cardamine des prés.

En salade ou en sauce froide, la Cardamine des prés rappelle le cresson. Inutile de trop en cueillir. Juste pour le plaisir de sa saveur épicée.

Cardamine des prés.C’est une très proche cousine de la Cardamine hérissée, alias la Cressonnette. Tout aussi goûteuse, la Cardamine des prés est peut-être un peu plus poivrée. Mieux vaut donc la consommer en mélange, pour relever une salade trop douce. Et pourquoi pas mixée, dans une sauce, pour lui donner un peu de tonus ? Mais attention, pas de cuisson, sous peine de perdre sa saveur épicée !

Cette fois, on ne cueille que les rosettes basales, voire les premières feuilles de la hampe. Avant la floraison, sinon, bonjour l’amertume ! Il sera donc bientôt trop tard. Cela dit, les premières Cardamine des prés.fleurs sont un bon moyen de repérer les discrètes colonies dans l’herbe des prairies. Car la belle ne s’aventure guère dans les jardins.

Si les fleurs blanches de la Cressonnette sont vraiment minuscules, celles-ci sont plus avenantes, regroupées en épis un peu lâches. A peine veinés de lignes plus sombres, les pétales hésitent entre le mauve et le rose pâle. Six petits sacs de pollen jaune-vert, un seul stigmate : les fruits seront autant de petits catapultes qui dissémineront les graines alentour cet été.

Cardamine des prés.

Dans le cortège de la Cardamine des prés…

Aurore mâle sur Cardamine des prés.

La petite Aurore, parmi des butineurs les plus assidus de la Cardamine. D’où son appellation latine, Anthocharis cardamines.

Cétoine grise sur Cardamine des prés.

La Cétoine grise, alias le Drap mortuaire.

Le Cidnope poilu, une espèce de Taupin familière des zones humides.

L’Araignée-loup.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Stellaire holostée

Stellaire hostolée / Un jardin dans le Marais poitevin.

Comme une banale et grande herbe dans les fourrés. Jusqu’à la dense et longue floraison. C’est l’heureuse surprise de la Stellaire holostée.

Stellaire hostolée / Un jardin dans le Marais poitevin.Les cortèges se bousculent au pied des haies ! Dans le sillage du Coucou, de la Ficaire et du Lierre terrestre, notamment, voici la Stellaire holostée.  Cette ancienne médicinale étaient jadis réputée réduire les fractures mais aussi les furoncles et les troubles intestinaux. Bref, la simple par excellence.

Ses souches traçantes la font courir dans la broussaille. En cette saison, de hautes tiges aux allures de graminée en émergent, ponctuées d’étroites et longues feuilles qui lui valent parfois le surnom de « Langue d’oiseau ». 

La floraison de la Stellaire holostée est d’autant plus généreuse qu’elle prend tout son temps ! Les inflorescences se ramifient et s’épanouissent en effet par étapes successives. Une douzaine de grosses fleurs échelonnées, pour faire durer le plaisir…

Le charme ici n’a rien de sophistiqué. Cinq pétales blancs profondément échancrés. Dix étamines porteurs d’un petit sac de pollen orangé. Trois fins stigmates blancs enfin, dressés sur le pistil vert-jaune. Doublement simple !

Pollen et nectar directement accessibles. Ici avec le Syrphe du groseillier.

Stellaire hostolée / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza