La Picride fausse-vipérine

Picride fausse-vipérine et Souci.

Ton sur ton. Souci sur capitule de Picride fausse-vipérine au pied d’une haie du jardin.

Un peu brouillonne, piquante, verruqueuse : la Picride fausse-vipérine n’a pas vraiment fière allure. Mais ses capitules jaunes font l’unanimité des butineurs !

Picride fausse-vipérine et Éristales interrompus.

Parade nuptiale au dessus d’un capitule de Picride où butine Madame Éristale interrompu.

Dans la série des sauvageonnes du jardin, la Picride fausse-vipérine (Picris echioides) est cantonnée aux pieds de haies. Sa rugueuse carcasse, quoique plus frêle, y côtoie volontier celle du Cirse commun. Les butineurs apprécient d’ailleurs l’une et l’autre en cette fin d’été.

Ses seuls capitules jaunes pourraient faire penser à la Crépide capillaire ou au Laiteron des champs. Voire au pissenlit. Mais son feuillage luisant, verruqueux ici et là, hérissé de poils épineux, la  distingue à coup sûr. Y compris les bractées, ces pseudo-feuilles lancéolées et poilues qui enserrent la base des capitules : le rang extérieur forme ainsi une sorte de coupe à cinq lobes caractéristique.

Mais gare ! Comme pour le cirse, mieux vaut ne pas la laisser monter à graines. Chaque capitule en produit en effet des dizaines qui, portées par des aigrettes de soies plumeuses, seront bientôt dispersées par le vent. Les pieds de haies, d’accord, mais ça suffit !.

Picride fausse-vipérine et Mégachile sp.

Comme le feuillage, les bractées sont hérissées de poils épineux. On distingue bien ici le rang extérieur de bractées qui forme comme une coupe à cinq lobes lancéolés à la base du capitule où butine une petite abeille Mégachile sp.

Anthacine morio sur feuille de Picride fausse vipérine.

Anthracine morio au repos sur une feuille de picride semée de « verrues » blanchâtres.

La petite Carte de géographie, génération estivale dans sa livrée sombre, parmi les commensaux de la picride.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Picride fausse-vipérine avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Pulicaire dysentérique

Pulicaire dysentérique et Collier de corail.

Familière des prairies humides, la Pulicaire dysentérique, une des mellifères les plus courues de la fin d’été.

Pulicaire dysentérique et abeille Mégachile sp.Elle se mêle volontiers à la menthe aquatique sur les prairies humides du marais. Mais pas de suaves effluves avec la Pulicaire dysentérique (Pulicaria dysenterica) ! Juste un vague relent savonneux à vrai dire peu agréable. Feuilles, capitules et même racines : elle n’en était pas moins incontournable jadis dans la pharmacopée maraîchine. Pour lutter contre les diarrhées, comme le suggère son nom, mais aussi aseptiser les plaies et… éloigner les puces !

Rehaussé d’une fine collerette jaune vif, le large bouton central doré hypnotise les butineurs. Des centaines de petits fleurons à visiter ! D’abord en périphérie. Puis, progressivement, le capitule bombe le torse. De nouvelles fleurs tubulaires s’offrent ainsi aux trompes et aux langues de passage.

Si les graines sont dispersées par le vent, la Pulicaire compte aussi sur ses puissants rhizomes traçants pour se multiplier. Dès lors, son implantation est assez simple au jardin, pourvu qu’elle y trouve un coin suffisamment frais, à la fois ensoleillé et humide. En association avec la Salicaire et l’Eupatoire notamment, son port altier, son feuillage vert tendre et sa généreuse floraison participeront alors à l’élégante animation du jardin.

À deux pas du jardin, en association avec l’Eupatoire chanvrine, sur les berges de la Sèvre niortaise  : l’une et l’autre fleurissent en fin d’été.

Parmi les commensaux de la Pulicaire 

 

Monsieur Souci.

En savoir plus :

  • R. et A. Fitter, M. Blamey, 1986, Guide des fleurs sauvages, Delachaux & Niestlé.
  • La Pulicaire dysentérique avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

 

Le relais des rudbeckias

Rudbeckias et Azuré commun.

Belle transition entre l’été et l’automne, la large touffe dorée des rudbeckias régalera abeilles et papillons jusqu’en octobre.

Rudbeckias et Eucère dentée, mâle.

Immanquable avec ses spectaculaires antennes, Monsieur Eucère dentée visite chacun des fleurons jaunes en périphérie du coeur noir.

Le relais est chaque année bien orchestré entre les marguerites blanches et les rudbeckias. Ainsi, après un éclatant début d’été, les premières baissent-elles le nez comme pour tirer leur révérence. Or, depuis quelques temps déjà, la large touffe des seconds est plus fringuante que jamais.

Elle s’apprête à jouer les prolongations pour saluer l’automne de ses mille et un feux dorés. Les butineurs ne perdent pas au change ! Papillons et abeilles sauvages ont tôt fait de repérer et de butiner les petits fleurons jaunes qui perlent en périphérie du coeur noir. Et ce n’est pas un hasard si les agrions du jardin viennent s’y poster à l’affût : les petites mouches en quête de pollen en feront les frais !

Contrairement aux marguerites, les capitules de rudbeckias de baissent pas le nez quand ils arrivent à maturité. Fiers comme Artaban jusque dans le dessèchement. Il est alors temps de les couper, au fur et à mesure, pour stimuler le renouvellement de la floraison. Jusqu’aux premiers frimas. Si tout va bien.

Rudbeckias et Mégachile sp.

Petite Mégachile sp.

Mouche-scorpion mâle. On voit bien ici le long rostre armé de mandibules dont il use pour broyer ses proies.

Amaryllis et doubles pupilles blanches.

Photos JF Irastorza