Les amours de la Charpentière

Abeilles charpentières in copula.

Dans le mirabellier en fleurs, l’heureux élu de l’Abeille charpentière se déclare sans ambages. Quitte à commencer de façon acrobatique…

Abeilles charpentières in copula.L’amour ne tient parfois qu’à un fil… En l’occurence, le long style verdâtre d’une fleur de mirabellier ! Madame Abeille charpentière (Xylocopa violacea) y accroche ses mandibules. Le temps de se décider.

Car ce n’est pas le premier mâle qui tente là sa chance. Vite éconduits. Cette fois, ce pourrait être le bon. Oui mais, comment faire, dans cette improbable position ? Le tandem s’envole bientôt. Toujours accolés, Monsieur et Madame ne vont pas très loin. Le premier bouquet de fleurs venu fait l’affaire. Pourvu qu’il soit possible de s’y agripper confortablement.

Après une étreinte plus expéditive que romantique, le butinage reprend ses droits. C’est que Madame va plus que jamais avoir besoin d’énergie. Creuser un nid dans le bois d’un arbre mort. Y aménager les cellules des futures larves. Les approvisionner en nectar et pollen… Pour un passage de relais prévu en fin d’été. Et la nouvelle génération passera alors l’hiver en dormance. À l’abri de quelque terrier de rongeur abandonné ou d’un tas de bois. Jusqu’en mars-avril.

Abeilles charpentières in copula.

Entièrement noire, avec des reflets bleu violacé sur les ailes relevées pendant le butinage.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • La Charpentière avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

Fuchsia et bourdons

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

Comment les étranges et superbes fleurs du fuchsia fonctionnent-elles ? Il suffit de suivre le manège des bourdons pour comprendre…

Fuchsia visité par un bourdon des champs.Il faut la longue langue du Bourdon des champs pour atteindre le nectar du fuchsia. Son talent d’acrobate aussi ! Car si le bel arbuste est généreux, le trésor sucré de ses innombrables fleurs retombantes se mérite.

Fort heureusement, d’une corolle l’autre, le faisceau de huit très longues étamines tombantes est le bienvenu. Une aide précieuse pour s’accrocher, à la renverse, sous le tube violacé donnant accès au Saint des saints. Quatre pétales enroulées en vérité qui peuvent s’écarter si besoin pour faciliter le passage. Tout cela sous la protection du calice rouge vif dont les quatre sépales lancéolés, légèrement relevés, gardent les fleurs voisines à distance.

Ce faisant, chaque acrobatie des bourdons secoue suffisamment les étamines pour que les anthères, disposées en deux étages, dispersent la poussière blanche du pollen. La petite massue du long style central n’attend que cela pour être pollinisée !

Récolter les graines du fuchsia et réaliser un semis avec le site plandejardin.jardinbiologique.com

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

On perçoit bien ici, dépassant le faisceau d’étamines, le long style rouge à l’extrémité en forme de petite massue. Juste au dessus, les anthères libèrent un peu de pollen blanc à chaque passage des bourdons.

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

 

Le cassis-fleur et les bourdons

Cassis-fleur et Bourdon des prés.

Collier et ceinture jaunes pour le très petit Bourdon des prés (Bombus pratorum) par ailleurs reconnaissable à la pointe orangée de l’abdomen.

Ah, le parfum enivrant du cassis-fleur ! Il vient essentiellement des feuilles mais qu’importe… Tous les bourdons du jardin ou presque se précipitent.

Cassis-fleur et Bourdon des saussaies.

À mi-ombre, le cassis-fleur du jardin n’a en fait de cassis que la prenante odeur de son jeune feuillage. C’est d’ailleurs plutôt un groseillier à fleurs (Ribes sanguineum). Depuis quelques jours, la généreuse touffe vert tendre s’illumine de petites touches rose vif. Des fleurs par centaines dont les grappes pendantes vrombissent sous le soleil enfin revenu.

Rendez-vous des butineurs, les clochettes attirent certes les abeilles sauvages, à commencer par l’Anthophore plumeuse. Mais ce sont assurément les Bourdons les plus nombreux : le minuscule Bourdon des prés (Bombus pratorum) comme ses cousins moins discrets : Bourdon terrestre (B. terrestris), Bourdon des pierres (B. lapidarius) et Bourdon des champs (B. pascuorum); Tou se laissent aller à l’ivresse du cassis-fleur. Le printemps est bien lancé !

Cassis-fleur et Bourdon roux.

Thorax roux et abdomen fauve pour le Bourdon des champs (Bombus pascuorum), alias le Bourdon roux.

Mi mars 20121. Le Cassis-fleurs a un peu d’avance cette année. Le Bourdon des champs suit le mouvement !

Début avril 2021. Le Cassis-fleur toujours aussi attractif pour les bourdons de tous poils…

Cassis-fleur et Anthophore plumeuse..

… mais aussi pour les abeilles sauvages ! Ici une Anthophore plumeuse.

Une allure de gros bourdon noir. La Charpentière (Xylocopa violacea) est pourtant bien une abeille.

Entretien du cassis-fleur avec le site Plandejardin-jardinbiologique.com